ENTRETIEN - Le quintuple champion du monde de descente aimerait faire connaître davantage sa discipline. Mais pas à n’importe quel prix.Trois fois vainqueur de la Coupe du monde et cinq fois champion du monde, le descendeur Loïc Bruni est un gros poisson dans une petite mare. Le Niçois, qui aura 30 ans demain, espère encore contribuer à la popularité d'un sport spectaculaire, mais apprécie d'éviter les pièges dans lesquels tombent, d'après lui, des disciplines mieux dotées.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Faut-il regretter la diffusion assez confidentielle de votre sport ?
LOÏC BRUNI - Oui, j'aimerais le faire mieux connaître. Ce serait un bel objectif pour ma future reconversion. Cette saison, nous sommes diffusés sur Eurosport après l'avoir été sur la chaîne L'Équipe et Red Bull TV. C'est mieux, mais j'aimerais qu'on passe sur France Télévisions, ce serait un énorme cap. Les droits ne doivent pas être très élevés. En attendant, je veux encore gagner des courses et des titres pour rester dans les annales le plus longtemps possible.
Dans d'autres sports, votre palmarès ferait de vous une immense star ?
Oui, c'est possible. J'aurais peut-être la Légion d'honneur comme Fabio Quartararo [champion du monde de MotoGP en 2021]. D'un autre côté, je suis très content que la descente reste à échelle humaine, préservée de l'aspect business et d'une trop forte pression économique. Nous avons une vraie proximité et du temps pour les fans qui assistent aux courses.
L'absence de la descente au programme olympique est-elle une anomalie ?
Non, je n'ai pas cette frustration. Mon sport se porte très bien sans les JO. De l'extérieur, beaucoup d'acteurs économiques des Jeux me donnent l'impression de s'engager sur du court terme. Ce n'est pas sain. Pour autant, je regarderai les épreuves à la télévision depuis la montagne, où je préparerai la deuxième partie de ma saison. Nous aurons une longue pause estivale entre l'épreuve aux Gets, début juillet, et les championnats du monde en Andorre, fin août.
Propos recueillis par Mickaël Caron