Vendée Globe : au bonheur des dames
Stéphane Colineau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Violette Dorange, sur « DeVenir », participe au Vendée Globe du haut de ses 23 ans.
LTD/Josselin Didou/Qaptur/Alea
Stéphane Colineau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Violette Dorange, sur « DeVenir », participe au Vendée Globe du haut de ses 23 ans.
LTD/Josselin Didou/Qaptur/Alea
Le Vendée Globe charrie déjà un regret. Beaucoup auraient aimé voir Justine Mettraux (Teamwork-Team Snef) tenir la barre d'un monocoque dernier cri. Son voilier est doté de ces fameux foils capables de le faire voler mais, vieux de deux générations, il ne permet pas de naviguer à armes égales avec Charlie Dalin (Macif/Santé Prévoyance) Jérémie Beyou (Charal), Thomas Ruyant (Vulnerable) ou Yoann Richomme (Paprec Arkéa). La Suissesse de 38 ans a donc un certain mérite à rester arrimée aux dix premières places après deux semaines de mer. « Son début de course est proche de la perfection, apprécie le skippeur Thomas Coville. Techniquement, physiquement et mentalement, elle est au top niveau de la course au large en solitaire. »
Dans son sillage, trois autres femmes luttent voile dans voile avec les meilleurs : la Française Clarisse Crémer (L'Occitane en Provence), les Britanniques Samantha Davies (Initiatives-Cœur) et Pip Hare (Medallia). Commentateur passionné de la course, le marin Yvan Bourgnon s'est enflammé vendredi à propos de ces performances alors qu'il n'y a que six femmes - participation record de 2020 égalée - parmi les 40 concurrents : « Elles vont nous faire rêver tout le long de ce Vendée Globe, qui restera historique tant le niveau est monté chez les navigatrices ! »
À lire également
D'autant qu'une autre vague est en train de tout emporter : Violette Dorange. Sur son Imoca (DeVenir) mis à l'eau en 2007 et acheté au doyen Jean Le Cam, la plus jeune engagée de l'histoire de la course - 23 ans - a adopté une stratégie météo prudente et navigue autour de la 20e place. Mais quand il s'agit de susciter l'intérêt du grand public, elle noie la concurrence. L'ovni du Vendée, c'est elle. Les réseaux sociaux de l'étudiante ingénieure séduisent chaque jour davantage grâce à ses vidéos sur sa vie à bord, racontée de manière aussi rafraîchissante que les embruns de sa côte atlantique natale. Ses 50 000 followers présents sur Instagram mi-octobre ont été rejoints par plus de 300 000 autres. Quinze fois plus que le dernier vainqueur, Yannick Bestaven. Ajoutez ses fans sur TikTok et Facebook, le compteur approche les 700 000.
Stéphane Colineau