Les missions locales misent sur les emplois d'avenir
Yamina Tayeb
Yamina Tayeb
Une opportunité de rebondir, pour Mounia (*), c'est ce que représente le dispositif emploi d'avenir. Cette jeune fille de 21 ans est accompagnatrice à la MECS des Peupliers (Maison d'enfants à caractère social) à Villeurbanne. La jeune femme ne se destinait pourtant pas à ce secteur professionnel :
Avant la rencontre, Mounia prépare son CV et s'entraîne pour son entretien avec sa conseillère. Mais le jour J, rien ne se passe comme prévu. Philippe Aubret, directeur adjoint de l'organisme, évoque encore amusé ce souvenir :
Mais le directeur adjoint de la MECS des Peupliers lui laisse pourtant sa chance après s'être entretenu avec la conseillère de Mounia. Depuis janvier 2013, elle est salariée au sein de l'organisme et commence cette année une formation de moniteur-éducateur dans le cadre de son contrat. Philippe Aubert a noté un vrai changement après un an : « Moi-même je suis étonné, elle prend confiance en elle, c'est presque une métamorphose ». Après avoir enchaîné les petits boulots, Mounia a réussi à mettre un pied dans le monde du travail.
Les emplois d'avenir, réservés aux jeunes entre 16 et 25 ans, permettent à des personnes sorties du système scolaire d'obtenir un emploi et une formation. Pour inciter les collectivités et les associations à signer des emplois d'avenir, l'Etat finance 75% du salaire brut. Cette part s'élève à 35% pour le secteur marchand.
En contrepartie, l'entreprise s'engage à embaucher un jeune, pour un minimum d'un an, même si les CDI et les contrats de trois ans sont préconisés, et à désigner un tuteur qui accompagnera le nouveau salarié sur le terrain mais établira également un plan de formation avec le conseiller de la Mission Locale. Dans le cas de la MECS des Peupliers, Mounia est payée le smic. Elle « coûte » 1892 euros à la société, sur cette somme 1085 euros sont pris en charge par l'État, l'organisme de formation rembourse 160 euros et le conseil général finance le reste, ce qui revient à un coût zéro. Philippe Aubert envisage de se tourner à nouveau vers les missions locales afin d'embaucher d'autres jeunes dans le cadre des emplois d'avenir.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Lors du lancement du dispositif emplois d'avenir, les réactions de certains élus étaient perplexes. "Certains soupiraient sur un énième dispositif" se souvient, Marylène Fiard, présidente de l'union régionale des missions locales de Rhône-Alpes et adjointe à la mairie d'Annecy.
Mais lorsqu'elle voit la situation actuelle de Mounia, elle ne peut que se réjouir de ce dispositif efficace. "6530 emplois d'avenir ont été signés dans la région en 2013, mais cela reste insuffisant" rappelle la présidente qui souhaite remobiliser les entreprises sur l'emploi des jeunes.
À lire également
Le concept se veut simple car il n'y a qu'un interlocuteur : la mission locale. Les entreprises peuvent entrer directement en contact avec les conseillers présents dans les 47 missions locales de la Région. Ils expliquent leur besoin et les agents cherchent parmi les 131 000 jeunes, les profils qui correspondent avant de les mettre en relation. Une fois le contrat signé, les conseillers restent disponibles pour fournir un accompagnement et établir des plans de formation. En 2013, les missions locales comptaient 12 100 entreprises partenaires (tous types de contrats).
(*) Le prénom a été modifié
Yamina Tayeb
PFAS : la redevance sur les rejets aqueux est désormais suspendue au budget 2026
Face à la concurrence du Mercosur, les éleveurs du Cantal veulent préparer l'avenir
Malgré des vendanges moins volumineuses, le Beaujolais garde le cap
Matériaux stratégiques : Ferroglobe va suspendre sa production de silicium en Europe