Le double pari de Nokia

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Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef "Technologies et médias" à La Tribune.

Rarement leader mondial a été soumis à un choc d'une telle violence. Stephen Elop, le nouveau patron de Nokia, a sans doute quelque chose à prouver au monde... et à lui-même. Ce premier non-Finlandais arrivé à la tête du numéro un mondial du mobile cet automne a choisi les options stratégiques les plus risquées pour extirper le groupe du lent déclin dans lequel il semblait irrémédiablement engagé. Et on ne saura que dans douze à dix-huit mois si les choix industriels et commerciaux qu'il fait seront gagnants.

D'ici là, Nokia devra accumuler les mauvaises nouvelles et encaisser les coups. Réductions d'effectifs, pertes de parts de marché, absence de produit vedette sur le segment roi des smartphones, dégradation des comptes, défiance de la Bourse, soupçons de trahison de l'intérêt national finlandais, etc. Les occasions ne vont pas manquer pour condamner définitivement la stratégie de Stephen Elop. Gardons-nous en. Il prend un double pari face à Apple et Google qui ont montré la voie des écosystèmes de services mobiles. Technologique d'abord : c'est le choix du système logiciel de Microsoft. Nokia renonce à fabriquer le moteur de ses téléphones et s'en remet à une écurie qui n'a jusqu'ici jamais fait la course en tête dans la téléphonie mobile. Cette alliance de deux numéros un mondiaux, du mobile et du logiciel, sur la défensive va devoir être sacrément stimulée pour produire vite et bien.

Le second pari est managérial. En offrant à Microsoft, le groupe d'où il vient, une quote-part significative de la valeur des mobiles Nokia qu'il vendra, Stephen Elop va devoir générer de la valeur ailleurs. A lui d'identifier de nouveaux gisements dans Nokia. 

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