
C'est la mode. Volkswagen ne pouvait pas rester à l'écart de ce phénomène commercial très lucratif : le SUV coupé. D'autant que ce type de silhouette est, en général, rien de moins qu'un modèle déjà existant avec une carrosserie retravaillée. Autrement dit, avec un coût de développement marginal. C'est ainsi qu'est né le Taigo. Tiré non pas d'un T-Cross ou d'un T-Roc, les deux SUV citadins de la marque allemande, mais de la Polo, la berline à succès. Volkswagen prend ainsi le pari d'accentuer sa segmentation du marché des citadines avec désormais trois SUV.
Un design peu audacieux
Ce pari est d'autant plus risqué qu'on a connu mieux en matière de carrosserie coupée. Le Taigo a du mal à se départir de la silhouette massive des Volkswagen. Là où on attend un toit très fuyant avec des lignes très effilées pour donner de la dynamique (on n'ose pas parler de sportivité), on ne voit qu'austérité et un hayon à peine descendant juste après la custode arrière. En la matière, nous préférons un Renault Arkana (même s'il se situe sur le segment supérieur) ou même encore la nouvelle Citroën C4, dont le parti pris stylistique incarne davantage l'esprit coupé. Sur le reste, aucune surprise. On retrouve les standards de la marque. A l'intérieur, c'est pire encore, puisque le Taigo n'apporte rien de nouveau aux derniers modèles Volkswagen.
Des rapports trop longs
Sur l'agrément de conduite, c'est plus décevant encore. Notre modèle essayé, le TSI 110 est un pas en arrière en matière de confort. Certes, le couple s'élève à 200 Nm avec un moteur de 110 chevaux, mais l'allongement des rapports de la boite de vitesse à 7 rapports annule toute réactivité, notamment à bas régime. Les creux dans les accélérations oblitèrent toute émotion. On connaissait ce phénomène avec les derniers modèles de la marque, et qui permettait d'économiser du CO2. Ici, c'est encore plus accentué.
Prix accessible
En termes de prix, le Taigo s'en sort plutôt bien puisqu'il est moins cher que le T-Cross (29.000 euros) et le T-Roc (25.500 euros), à 24.450 euros. Mais il peine à nous convaincre de sa valeur ajoutée, et encore moins de sa singularité dans la gamme. Volkswagen a réussi à rendre ennuyeuse une silhouette qui au contraire appelle à la créativité, l'innovation et le fun. D'autres marques ont choisi d'en faire des versions plus sportives comme l'Audi Q3 Sportback. Dommage pour Volkswagen qui préfère ainsi innover stylistiquement avec les voitures électriques. Ainsi, le Taigo referme, sans éclats, une page de l'histoire glorieuse de Volkswagen dans les voitures thermiques. Dommage.
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