Des emplois par millions, mais comment ?

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(Crédits : reuters.com)
Des esprits iconoclastes défendent l'idée que le numérique et Internet ne contribuent ni à la hausse du pouvoir d'achat, ni à la hausse de l'emploi - mais plutôt à sa destruction !

Soit. Si l'on admet que l'informatique n'est pas pour rien dans le développement du monde, si 800 millions de personnes souffrent de la faim en 2015 contre 1 milliard en 1990 alors que la population mondiale a augmenté de 2 milliards d'habitants, on peut légitimement penser que les progrès techniques et numériques ont globalement permis d'améliorer la vie de milliards d'individus. D'autant que ce sont la Chine et l'Inde qui ont fait le plus de progrès contre la faim.

Le numérique comme destructeur final d'emplois concernerait surtout les États-Unis et les pays développés. Soit.

Pourquoi le taux de chômage est-il si bas aux États-Unis ?

Pourquoi y a-t-il une croissance de population de 0,7 % l'an, comme au Royaume-Uni (contre 0,2 % en France) ?

Nous sommes de fait dans un tournant de l'emploi - et de société. D'une part, il y a le développement spectaculaire des Gafa : Google, Amazon, Facebook et Apple. Développement spectaculaire qui modifie notre vie quotidienne rapidement, car ces acteurs promettent un futur inquiétant de robots, donc sans emploi. L'emploi des Gafa est très spécialisé, générationnel, pourrions-nous dire. Il n'y a pas au monde que les Gafa, il y a leurs équivalents chinois et les nuées de startups toutes plus inventives les unes que les autres dans le numérique. Il y a aussi une foultitude d'entreprises «traditionnelles» bousculées par de nouvelles générations d'entrepreneurs comme Michael O'Leary (Ryanair), Elon Musk (SpaceX, Tesla). Là aussi, les emplois sont nombreux et qualifiés.

Et puis, il y a une demande d'emplois peu qualifiés par millions dans quatre domaines : la santé, les personnes âgées, l'agriculture raisonnée et le tourisme.

Il faut résoudre un tournant de société à deux inconnues majeures : d'une part, il n'est pas donné à tout le monde de faire des études, et tous ceux qui ont fait des études ne trouveront pas nécessairement un emploi à la hauteur de leurs diplômes ; d'autre part, comment faire cohabiter dans une même société des employés qualifiés et d'autres peu qualifiés, les premiers potentiellement largement mieux payés que les seconds ?

Chaque État, ou groupe d'États a son modèle social. Mais on voit bien, avec un équilibrage relatif de la richesse des États, que cette question est mondiale. À moins de vivre dans des États bunkerisés.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013

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