Économie circulaire : les entreprises sont dans la boucle !

 |   |  617  mots
Philippe Varin, président de France Industrie et Philippe Darmayan, vice-président.
Philippe Varin, président de France Industrie et Philippe Darmayan, vice-président. (Crédits : DR)
OPINION. Le colloque "Les entreprises dans la boucle !" qui s'est tenu le 25 octobre 2018 au ministère de la Transition écologique et solidaire à Paris l'a démontré : l'économie circulaire est désormais largement intégrée à la stratégie des entreprises. Par Philippe Varin, président de France Industrie et Philippe Darmayan, vice-président.

Engagements individuels de grandes entreprises, engagements collectifs de filières industrielles, engagements pour la croissance verte (ECV), engagements volontaires de la feuille de route pour l'économie circulaire (FREC), engagements européens et internationaux (innovation deals) : les initiatives foisonnent ! Partout les réflexions s'activent sur l'ensemble du spectre de l'économie circulaire : éco-conception, recyclage et valorisation des déchets, écologie territoriale, efficacité énergétique ou optimisation de l'usage des ressources et des matières premières.

De même, tous les acteurs économiques s'y mettent : les grandes entreprises comme les PME, les ETI ou les coopératives, les industriels et les opérateurs de services : tous réadaptent progressivement leurs processus de conception, de production et les cahiers des charges de leurs offres, pour répondre à une demande croissante de produits aux usages toujours plus écologiques.

Les chantiers sont multiples et la FREC lancée par le gouvernement, en partenariat avec les parties prenantes, apporte un soutien politique utile à cette dynamique qu'il faut amplifier au plan européen et mondial si nous voulons changer d'échelle.

Faire le pari de l'offre

Mais comment changer d'échelle ? D'abord, en levant collectivement les freins pour favoriser les « boucles locales ». En effet, la stratégie qui viserait à contraindre la demande par l'introduction brutale de mesures réglementaires conduirait à une impasse écologique ! Faute d'offre domestique et européenne suffisamment développées, les industriels seraient contraints d'importer de pays lointains des matières recyclées à forte empreinte carbone qui dégraderaient mécaniquement le bilan carbone de la France. Il faut donc faire le pari de l'offre et ouvrir sérieusement, entre l'État et les industriels, le chantier de l'identification des verrous réglementaires, normatifs, législatifs, voire culturels, à lever ensemble.

De la même manière, les  obstacles techniques  aujourd'hui nombreux ne seront franchis qu'au prix d'un effort d'innovation des entreprises supposant des marges financières suffisantes, et au moyen d'une recherche soutenue, privée et publique. Les PME et TPE devront également être accompagnée dans la modernisation de leur outil productif. Pour avancer dans la bonne direction, il convient donc d'agir prioritairement sur ces deux leviers avec une méthode claire, collaborative et progressive.

L'économie circulaire, un enjeu collectif de long terme

Changer d'échelle, c'est aussi penser dans le cadre des filières industrielles. Les initiatives lancées par les entreprises ont vocation à s'élargir et à relier davantage l'amont et l'aval de la chaîne de production. En France, le Conseil national de l'industrie contribue à la structuration des filières industrielles françaises en favorisant l'émergence de projets structurants collectifs, portant notamment sur l'économie circulaire. La filière est l'échelle pertinente pour relier les acteurs d'une même chaine de valeur : donneurs d'ordres, producteurs, fournisseurs, collecteurs, recycleurs. Et parce que ces chaînes de valeur sont depuis longtemps transnationales, il est de l'intérêt de tous de mettre en cohérence politiques nationales et européenne pour viser des objectifs ambitieux et réalistes.

L'économie circulaire est un enjeu collectif de long terme qui suppose une transformation générale du système productif. Une modification aussi fondamentale de notre façon de produire et de consommer demande du temps. Les industriels français comptent parmi les plus engagés en Europe dans la lutte contre le réchauffement climatique et le passage à une économie plus circulaire. Ils ont désormais besoin de visibilité, de progressivité et d'objectifs clairs pour s'adapter tout en restant compétitifs. Les défis à relever sont immenses et nécessitent l'engagement de tous. Sur ce sujet comme sur bien d'autres : jouons collectif.

___

Par Philippe Varin, président de France Industrie et Philippe Darmayan, vice-président

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/11/2018 à 8:33 :
"Une modification aussi fondamentale de notre façon de produire et de consommer demande du temps."

C'est faux, il suffit juste de tout arrêter et je vous garantie qu'on va rapidement les trouver les solutions et un an après se demander pourquoi on a bêtement autant massacré la planète au nom de la sacro-sainte marge bénéficiaire de l'actionnaire.

Si du jour au lendemain les propriétaires d'outils de production arrêtaient d'investir sur le gaspillage de masse orientant les outils et capitaux vers une économie circulaire en 6 mois ce serait réglé mais comme ceux ci continuent d'investir sur la destruction de l'humanité et de la planète en effet, c'est long et pour l'instant même je dirais que ça n'arrivera jamais.

Donc tout ce qu'essaye de faire tout le monde c'est de convaincre les destructeurs de la planète que osnt les actionnaires d'arrêter de massacrer la planète. A l'époque de l'aristocratie on aurait prit quelques spéculateurs financiers, on les aurait exécuté en place publique et je vous garantie qu'en quelques mois on l'aurait notre économie circulaire.

Mais voilà 1789 a permis à la bourgeoisie de renverser l'aristocratie et du coup ce gros machin aliéné en déclin, truffé d'andouilles incultes, de méga possédants méga possédés et ce sont les destructeurs du monde qui ont la main sur nos politiciens ceux-ci dorénavant formaté à ne jamais regarder du côté des véritables responsables de ce désastre.

IL serait temps de mettre un terme aux vœux pieux et de désigner, au moins, les coupables du doigt, puisque nous ne pouvons rien faire d'autre, puisque les responsables de la destruction de la planète en sont les propriétaires.

"L’économie circulaire tourne en rond" https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/05/22/la-fonction-essentiellement-incantatoire-de-l-economie-circulaire-tourne-en-rond_5302722_3232.html

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :