Etre ou ne pas être un Brics...

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Par François Roche, conseiller éditorial à La Tribune.

Au départ, les Brics étaient un concept d'économistes, un objet d'allocation d'actifs séduisant pour salles de marché en mal d'exotisme. Aujourd'hui, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, mais aussi l'Indonésie, le Nigeria, la Turquie aspirent à intervenir dans les affaires du monde, sous des formes diverses, parfois désordonnées, mais qui montrent que les équilibres économiques de la planète changent. Ces pays sont aussi des moteurs de croissance pour l'économie mondiale. Mais à mesure qu'ils s'intègrent dans les échanges commerciaux et les flux financiers, ils deviennent de plus en plus liés à la conjoncture économique de l'Europe et des Etats-Unis. D'où les craintes d'une contagion qui priverait l'Occident de marchés prometteurs et les pays émergents d'investissements industriels et financiers.

Ne théorisons pas trop vite. Dans l'économie globale, chacun de ces grands pays évolue malgré tout dans son écosystème économique et géographique. La Chine joue sa partie au coeur de l'Asie du Sud-Est et tente de faire de la mer de Chine sa "mare nostrum" en même temps qu'elle part à la conquête de l'Asie centrale. La bonne santé économique de la Russie est étroitement liée aux cours du brut de l'Oural. Elle vient de perdre dix ans dans une diversification économique ratée et il est probable que ses dirigeants en paieront un jour le prix politique. La Turquie, qui n'appartient pas officiellement au club mais qui pourrait y prétendre, s'installe comme un pôle d'influence majeur au sein du monde arabo-musulman et elle jouera un rôle décisif dans la reconstruction économique des régions touchées par les révolutions arabes. Les Brics sont tous très différents et ne recherchent pas de cohérence politique. Ils ont pourtant pris conscience de leur force collective, même s'ils ne savent pas encore comment l'utiliser.

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Commentaires
a écrit le 12/12/2011 à 11:25 :
La roue tourne. Bien qu'en effet les pays faisant partie du BRICS peinent à s'entendre, ils finiront par trouver un terrain d'entente par l'utilisation de leur force collective. La loi de la raison finira par l'emporter au détriment des pays occidentaux si ces derniers ne réagissent pas rapidement...
Mais, de là à dire que l'Allemagne rejoindrait le BRICS, je suis peu enclin à envisager une telle possibilité, même si économiquement, l'avenir paraît être du côté de l'Asie : les peuples de ces contrées-là sont trop différents culturellement, socialement, etc. Je peux toujours m'être trompé, bien entendu...
a écrit le 08/12/2011 à 20:16 :
Cet article est écrit pour nous remonter le moral et nous persuader que l'Occident (plutôt la mafia USA-OTAN) domine toujours le Monde. Je pense que les BRICS sous l'influence de Mr Poutine veulent une autre gouvernance et une autre devise mondiale. On en a la preuve en regardant tous les vilains tours que les occidentaux font pour éviter le retour de Mr Poutine au Kremlin. Je maintiens le pronostique que j'ai fait précédemment (2009). Avant deux ans, l'Allemagne, après le départ de Merkel et des troupes US rejoindra ces BRICS. L'Union Européenne actuelle n'a aucun avenir.
Jean-Claude Meslin
Réponse de le 11/12/2011 à 22:08 :
JCM132
Tout à fait d'accord avec vous. Ils s'enfument tout seul chez Mickey.

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