L'euro baisse, enfin une bonne nouvelle

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La tribune.

"L'Union pour l'instabilité et la stagnation", voici comment Martin Wolf, l'éditorialiste vedette du « Financial Times », voit l'accord européen pour un nouveau traité intergouvernemental à 26. Et pour une fois, ce n'est pas tellement le dépit britannique - il considère l'auto-exclusion de David Cameron comme une grave erreur stratégique - qu'il exprime, mais le sentiment général des économistes qu'une fois de plus l'Europe est passée à côté du sujet. Il y a bien eu un pas en avant vers l'Union fiscale, qualifié d'« irréversible » par Angela Merkel. Mais où est passée la croissance, ce fameux « deuxième pilier » de la construction européenne ? Son absence criante a été masquée par le coup de poker raté du Royaume-Uni, qui a détourné l'attention du vrai problème de la zone euro : la course à l'équilibre budgétaire, trop rapide pour Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI, conduit tout droit à la déflation sans résoudre le déséquilibre de croissance entre le Nord et le Sud. Et pour y parvenir, il faudra beaucoup de temps, a martelé hier la chancelière allemande. Il n'en a pas fallu plus pour que les marchés fassent craquer la dernière digue encore solide, celle de l'euro lui-même. Jusqu'ici, la monnaie européenne avait remarquablement résisté aux attaques sur les dettes publiques. La perspective d'une longue période de stagnation en Europe, alors que les États-Unis commencent à repartir, a dopé le dollar, redevenu la seule valeur refuge dans un monde où il n'existe plus aucun actif sans risque. La dégradation de la note triple A de la France mais aussi de l'Allemagne, plombée par ses banques, va sans doute accentuer la chute de l'euro. Et à vrai dire, à défaut d'une initiative de croissance que la nouvelle Union européenne se montre incapable de prendre, cette dévaluation apparaît comme la seule vraie bonne nouvelle des derniers jours.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2011 à 16:11 :
mais les cocos, l'Euro qui baisse ça veut dire que je gagne plus d'argent en exportant qu'avant parce que mon produit, il est moins cher donc j'en vends plus. Ainsi mon airbus est moins cher à vendre que le Boeing, ma Renault produite en France devient plus compétitive que ma Renault produite en Corée en zone dollar, etc...
ça par contre mon essence pour ma tuture, mon iPhone produit en Chine ou mes vêtements eux vendus en en dollars sont plus chers parce que mon Euro est moins fort.
Bref, en tant que travailleur, tu gagnes, en tant que consommateur tu perds.
Réponse de le 20/12/2011 à 11:40 :
On n'exportera pas plus si l'euro baisse. Sinon comment expliquer que les Allemands exportent plus que les Français quel que soit le niveau de l'euro ? La baisse de l'euro, c'est une illusion, c'est un jeu perdant-perdant. Le problème réside dans le modèle social, les charges et les lois qui pénalisent la compétitivité, pas dans la monnaie.
a écrit le 19/12/2011 à 8:01 :
Il faut que l'euro baisse ; nos exportations vont redemarrer et même si les exportateurs s"enrichissent moins , on s"en fout pas mal : ce qui est important aujourd'hui , c'est ameliorer l'equilibre de notre balance commerciale. Si on veut moderniser notre modéle social , il faut investir dans les secteurs qui creusent aujourd'hui cette balance commerciale ; achetez francais et refusez les marques etrangeres ( exemple les voitures nipponnes !!! des totos francaises à la place)
Réponse de le 20/12/2011 à 11:29 :
Si les exportateurs s'enrichissent moins, la balance commerciale restera déséquilibrée et le chômage montera.
Réponse de le 21/12/2011 à 22:37 :
L'ennui est que la baisse de l'euro face au dollar et à la pound sterling n'était pas voulu et cela sera mal maîtrisé donc. Un peu comme remplacer une voiture nipponne
par une française sans avoir prévu le risque d'enrichir les garagistes...
a écrit le 17/12/2011 à 17:00 :
Si l'euro baisse, les exportateurs subiront une baisse de leurs recettes tandis que les produits importés seront plus chers, limitant le pouvoir d'achat des Européens. En quoi la baisse de l'euro est-elle une bonne nouvelle ?

L'économie européenne régressera tant qu'on ne sortira pas du modèle social actuel, à commencer par les retraites par répartition et la santé collectivisée, modèle qui pénalise tout le continent à divers degrés, la France étant le pays le plus gravement atteint.

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