La finance n'est plus son ennemie ! (bis)

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Et soudain, devant les banquiers de la place, Pierre Moscovici sonna le glas de la taxe Tobin... Mais face à la bronca des partisans de la TTF, le ministre a fait un petit pas en arrière vendredi soir...

Et soudain, Pierre Moscovici sonna le glas de la taxe Tobin. La scène se passe au Bois de Boulogne, au très chic Pavillon d'Armenonville, un ancien pavillon de chasse devenu au Second Empire l'un des haut lieu des fêtes de la bourgeoisie parisienne. Au terme d'un long et assez laborieux discours destiné à convaincre la communauté financière de renoncer au « French Bashing », sa nouvelle expression fétiche, et la convaincre que la politique économique du gouvernement ne fait pas de zig-zag (comme l'en a accusé Pierre-André de Chalendar, le patron de Saint Gobain, samedi dernier aux Rencontres Economiques d'Aix-en-Provence), le ministre des finances lance une petite bombe... La proposition de taxe sur les transactions financières avancée par la commission européenne est « excessive ». Il faut « être pragmatique et réaliste », ose donc avancer Moscovici, promettant aux banquiers ravis d'agir pour « améliorer » le projet de Bruxelles, « afin de mettre en ?uvre une taxe qui ne nuise pas au financement de l'économie »...
Applaudissement nourris dans la salle, soulagée. Cela faisait plusieurs mois que l'Association Paris Europlace, puissance invitante du déjeuner d'Armenonville ce jeudi 11 juillet, dénonce un projet aux « risques dévastateurs » pour la place de Paris, selon Gérard Mestrallet. Ou enfin ce qu'il en reste après vingt ans d'errements stratégiques et politiques des gouvernements de droite comme de gauche...
L'amusant, avec cette déclaration de Moscovici, c'est qu'elle prend l'exact contrepied avec l'affirmation faite par François Hollande pendant sa campagne, et répétée pas plus tard qu'un certain 14 juillet 2012 : « Madame Merkel et moi-même, nous avons convenu d'instaurer une taxe sur les transactions financières d'ici la fin de l'année »... Nouveau couac ? En affirmant ainsi son absence de solidarité avec la ligne élyséenne, Pierre Moscovici va-t-il connaître le sort funeste de Delphine Batho ? Non. Si le ministre des finances a pris le risque d'une telle annonce, certes avec prudence (la taxe sur les transaction financière n'est pas officiellement abandonnée), on ne peut pas imaginer qu'il n'ait pas assuré ses arrières auprès du président. S'il cède ainsi au lobbying de la finance, hier vilipendée comme l'ennemi sans visage qui peut faire échouer la gauche par le candidat à la présidence de la République François Hollande, c'est donc qu'il a de bonnes raisons...
C'est un fait, le projet de la commission européenne d'instituer une taxe de 0,1% sur les transactions sur actions et obligations et de 0,01% sur les produits dérivés ne fait pas l'unanimité en Europe. David Cameron et toute la City de Londres en a fait un cassus belli et un des motifs qui pourrait conduire le Royaume-Uni à quitter l'Union européenne. Or, dans un monde aussi concurrentiel que la finance de marché, une taxe sur les transactions financières ne peut être efficace que si elle est adoptée en même temps dans tous les pays. La mettre en place de façon unilatérale dans seulement les onze pays d'Europe continentale qui s'y sont, pour l'instant engagés, est donc une forme de suicide collectif assuré pour l'industrie financière. Elle serait « destructrice de richesse », comme l'a écrit dans une note récente la banque Goldman Sachs. James Tobin lui-même reconnaissait que son projet de taxe, qui ne concernait à l'époque que le marché des changes, n'avait de sens que si elle était imposée dans tous les pays. Pierre Moscovici a donc raison de mettre le pied sur le frein, quitte à susciter la colère des partisans acharnés de la taxe Tobin, notamment l'association Attac.
Il ne reste plus à François Hollande qu'à dire dimanche lors de son interview télévisée du 14 juillet que la finance, qui permet à la France de placer les 200 milliards d'euros de dette émis chaque année par le Trésor, n'est plus l'ennemi à abattre, et le débat politique français aura peut-être un peu progressé dans un sens moins démagogique.
Bien au contraire, Pierre Moscovici s'est attaché hier à démontrer à quel point la finance était utile et indispensable au financement de l'économie. Il a même appelé les banquiers de la place de Paris à passer à la caisse pour participer à la création d'un actionnariat stable pour la bourse Euronext, que l'Amérique s'apprête à nous revendre après en avoir pris le contrôle au nez et à la barbe des mêmes banquiers.
Pour finir sur la taxe sur les transactions financières, rappelons pour le plaisir ce qu'en avait dit l'ancien ministre des finances et directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, lors de sa récente audition devant le Sénat : « une vaste illusion qui ne va nulle part à la grande satisfaction de ceux craignent que l'on s'attaque aux vrais problème ». DSK avait ajouté, dans une forme de Hollande-bashing qu'« incriminer la finance dans le désastre économique que nous vivons en Europe en général et en particulier dans notre pays a pour moi à peu près la même pertinence qu'incriminer l'industrie automobile quand on parle des morts sur la route ». En d'autres termes, ce n'est pas l'arme qui tue, mais celui qui en fait mauvais usage...

NOTA BENE

Dans un communiqué alambiqué vendredi soir, le ministère de l'Economie et des Finances, visiblement embêté par la bronca des partisans de la taxe Tobin, a fait une mise au point pour "préciser" les propos du ministre :

Selon Bercy, donc, "Pierre Moscovici a réaffirmé la volonté ferme de la France que soit mise en place en Europe une taxe sur les transactions financières. Il a indiqué très clairement que c?était un projet qui devait être porté jusqu?à son terme. Il a également indiqué que pour y parvenir il fallait lever certains obstacles qui tiennent notamment à des difficultés techniques dans la proposition de la Commission européenne. Les réserves de la France sur ces points sont connues et ont été exprimées depuis longtemps auprès de la Commission notamment. Le commissaire Semeta a d'ailleurs reconnu récemment, lors d'un débat au Parlement européen, que certains points de la proposition devraient être modifiés. Ce que la France souhaite, comme Pierre Moscovici l?a rappelé, c?est que l?on puisse véritablement voir la concrétisation d'une TTF se mettre en place dans les 11 Etats de la coopération renforcée et au-delà - une telle taxe étant d?autant plus efficace qu?elle s?applique largement. Il faut prendre garde à ce que nous ne parvenions pas jusqu?au bout de notre démarche, faute de régler les difficultés identifiées..."I

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Commentaires
a écrit le 13/07/2013 à 17:09 :
Ca fait belle lurette que la finance ne finance plus l'économie réelle et que le maintien de taux d'intérêts très bas ne fait qu'alimenter la spéculation et l'émergence de bulles qui finissent toujours par éclater et laisser de (nouveaux) pauvres hères (geux) sur le carreau. Ce qui permet à la même finance, qui joue la hausse comme la baisse, de s'enrichir encore en se repaissant des restes des "gogos" sacrifiés avec la complicité des édiles "démocratiquement" élus. Pour qui roule ce gouvernement ne fait aujourd'hui plus aucun doute...
a écrit le 12/07/2013 à 17:33 :
Trop d'électeurs font l'amalgame entre besoin de réguler et intérêt de taxer, les politiques s'engouffrent dans ce malentendu, mais au final, ces mêmes électeurs payeront l'addition. Tout de même désolant de constater que ne soit pas unanimement compris qu'une taxe sur les transactions financières ne peut être d'aucune efficacité si elle n'est pas appliquée mondialement, étendue à toutes les places financières de la planète. Elle serait au contraire, comme le soulève très justement cet article, suicidaire pour la place financière qui l'appliquerait seule, et à terme, suicidaire pour sa propre économie. Dans un monde qui ne connait pas de frontière et qui n'en connaîtra jamais, celui de la finance, c'est tout de même enfantin à comprendre. Vouloir faire croire qu'un pays ou groupe de pays pourrait "donner l'exemple" et que "les autres suivront" est une stupidité ou une hypocrisie démagogique de plus. Et s'il faut en déduire que l'unanimité de tous les pays pouvant accueillir des transactions financières sécurisées sera impossible à atteindre, alors une taxe sur les transactions financières efficiente sera impossible à mettre en place. Pour ma part, je pense que les États arriveront un jour à cette unanimité, du moins pour les transactions réclamant un certain degré de sécurité (c'est du gagnant-gagnant, pour les États comme pour tous les agents financiers).
a écrit le 12/07/2013 à 17:04 :
Bonjour,

Bof,qu?il s?agisse de la gauche caviar et démagogue ou de la droite oligarque et despotique ce sont tous des ultra libéraux qui défendent leurs propres intérêts et ceux de leurs amis,la finance et le dumping social.

Ils sont incapables ou plutôt ils ne veulent surtout pas modifier harmonieusement le système économique et social sur le fond,se contentant de mesurettes au lieu de véritables réformes de fonds réalistes et cohérentes.

Les opinions politiques n?empêchent nullement par ailleurs les alliances familiales tout comme de ce que certains nommeraient des conflits d?intérêts en s?entourant par exemple dans certains cabinets de conseillers et autres profiteurs du système aux opinions parait-il....opposées !

a écrit le 12/07/2013 à 14:43 :
"Bien au contraire, Pierre Moscovici s'est attaché hier à démontrer à quel point la finance était utile et indispensable au financement de l'économie." : ben voilà, une fois de plus, les politiques baissent leur froc devant la Finance ! On a la preuve noir sur blanc que l'on vit dans des pseudos-démocraties, que l'on est désormais entièrement livrés pieds et mains liées à la Finance.
Réponse de le 12/07/2013 à 16:17 :
vous n'avez jamais eu besoin d'emprunter ou placer de l'argent, ne serait-ce qu'à la caisse d'épargne, pour détester à ce point la finance ?
a écrit le 12/07/2013 à 11:43 :
"Or, dans un monde aussi concurrentiel que la finance de marché, une taxe sur les transactions financières ne peut être efficace que si elle est adoptée en même temps dans tous les pays. La mettre en place de façon unilatérale dans seulement les onze pays d'Europe continentale qui s'y sont, pour l'instant engagés, est donc une forme de suicide collectif assuré pour l'industrie financière" extrait de l'article de Ph. Mabille

C'est quoi alors la taxe de 0.20% prélevée sur chaque acquisition d'actions en direct ?
a écrit le 12/07/2013 à 10:58 :
UNE NOUVELLE INEPTIE : LA TAXE TOBIN !

« Le montant annuel des transactions financières dans le monde représente 60 fois la richesse mondiale. Cela montre bien que l?essentiel des richesses aujourd?hui sont des richesses financières, réparties de manière très inéquitable, et que c?est là que la fiscalité doit peser. »
C?est Jean-Pierre JOUYET qui déclarait cela, sans rire, le 14 septembre 2011, au siège de l?UNESCO.
Toutes les causes de la crise dans laquelle le monde est à peine entré, de même que les incohérences et ambiguïtés de solutions que d?aucuns prétendent y apporter sont contenues dans cette phrase.
L?argent, la monnaie, n?est pas un outil, mais devait servir à financer les outils conduisant à la création de cet argent par le travail, ce qui laisse à penser que vouloir créer de l?argent à partir de l?argent revient à émettre de la fausse monnaie. Or c?est ce qui est prévu avec la fameuse taxe sur les opérations financières.
Dire que les transactions financières représentent une part, quelle qu?elle soit, de la richesse mondiale, revient à dire que les quantités importantes d?or rapportées du nouveau monde par les galions espagnols constituaient une richesse aussi importante sinon plus que celle résultant du travail des hommes : les agriculteurs en priorité.

Au Paradis terrestre, lors de la création du monde.
Le Père éternel dit à Adam (Au nom de l?unité du couple Ève n?a pas encore la parole, Dieu n?ayant pas respecté la théorie du genre.) : « À la sueur de ton front tu mangeras du pain. »

Adam remercie et demande : « Mon Dieu en attendant la récolte pourrai-je emprunter du blé pour payer les autres biens dont j?aurai besoin ? ».

Dieu répond : « Oui mais à la condition absolue que tu n?empruntes pas plus que la valeur du blé que tu produiras. ».
Adam venait d?inventer la monnaie. Dieu venait d?interdire l?émission de fausse monnaie.
À TIRANA, octobre 1991

La Banque Mondiale cherche à relancer la Banque Agricole de Développement de l?Albanie, de façon à permettre la production de blé qui fait cruellement défaut.

Elle obtient après des semaines le bilan de la banque moribonde.

« Qui a souscrit le capital figurant au passif ?
C?est l?État pour la totalité.
L?unique crédit figurant à l?actif a-t-il été accordé à un producteur de blé ?
Mais non ! à l?État pour la totalité.
Ah bon !
Mais oui vous comprenez bien que l?État n?ayant pas le moindre blé, pardon le moindre sou, il fallait lui prêter pour souscrire le capital. ».


Dans la dernière boulangerie de l?ère de l?économie virtuelle et de la fausse monnaie ou la monnaie battue est sans cesse rebattue :

Le boulanger : « C?est le seul pain qui me reste. ».
Le client : « Prêtez le moi pour que je vous le paye. ».
Robin des bois, l?agent du fisc qui passe par là : « Je vais prélever une tranche sur le remboursement de ce prêt en monnaie de singe, c?est la taxe sur les transactions financières pour les financements innovants. Ils vont permettre de reproduire le miracle de la multiplication des pains. On pourra ainsi rembourser tous les pains impayés, mais surtout relancer la production de blé pour lutter contre la famine galopante. ».
Le banquier : « Merci pour les intérêts ! »

10 juillet 2012

a écrit le 12/07/2013 à 10:43 :
Le niveau intellectuel des remarques de notre actuel président se situe au même niveau, si on disait que l'eau est l'ennemie principal de l'humanité, l'eau non-potable porteur de la choléra qui est sur cette planète la 1ere cause des décès des enfants, l'eau des raz de marées, des inondations, les fuites d'eau, le verglas qui est source d'accident. Enfin, nous sommes dans le domaine de l'absurdité. La métaphore caricaturale de DSK à ce sujet démontre que beaucoup de français (et de son propre parti) n'ont pas apprécié de telles remarques insensées sur la finance d'un candidat à la présidentielle. La stupidité de ces remarques qui ne seront jamais oubliées deviendront historique. Même l'excuse que la stupidité était basée sur un "calcul" populaire ne préservera pas l'image désastreuse que ce président de la république a donné de lui.
Réponse de le 12/07/2013 à 12:49 :
j'aime bcp ce type de commentaires qui postulent que les gens qui ne sont pas d'accord sont des abrutis.
On est toujours l'extrême d'un autre, parait-il.
Quand à la finance, les arguments techniques sur la soi-disant contre-productivité d'encadrement ou de réforme bancaire nous ont surtout mené à la création de bulles à répétition, d'hors-bilan non-traçable et de dark pools. Après 5 ans de crises financières, de credit-crunsh, la France détruit aujourd'hui 1500 emplois par jour. Alors votre laissez-faire, laissez passer, comprenez que beaucoup de gens ne peuvent plus le souffrir.
Cdt
Réponse de le 12/07/2013 à 14:36 :
Exprimez vous plus clairement: Vous n'aimez -pas- les commentaires qui insultent des gens. Je partage votre avis. Par contre, il est difficile d'accepter des gens qui prennent des positions extrêmes, populaires ou absurdes sur des sujets complexes.Mr Strauss-Kahn a clairement relevé cette position absurde, extrêmes et populiste de l'ex candidat présidentielle. C'est louable. Encore une tentative pour expliquer l'énormité des propos de ce personnage qui est notre président: Les tests d'intelligence fonctionnent sur les mêmes principes: Si la sidérurgie était la finance et que la crise de la sidérugie menait à une fermeture à la "Florange" et la souffrance. Et que la souffrance était l'ennemie de l'humanité, alors, la sidérurgie serait autant l'ennemi de notre président que la finance? Je ne suis pas psychologue, donc je ne peux pa me prononcer sur la pathologie d'Hollande, mais il me semble être un homme stupide.
Réponse de le 12/07/2013 à 15:48 :
la pirouette de DSK, si on parle bien de la même, sur l'industrie auto était très démagogue et très peu défendable. Contrairement à l'industrie auto, l'industrie bancaire, ou plutôt financière, régit toutes les autres, parce que son objet est l'outil de base de toute notre société: moyen de paiement, source de crédit système de financement des entreprises, collectivités, partis politiques, objet de tous les montages fumeux (système crapuleux des subprimes et autres junk bonds, schémas de ponzi, Abaccus...). Je vous accorde que le propos d'Hollande était malhonnête - il n'était pas faux, aujourd'hui la finance dictent ses lois au politique et ne cherchent pas le même but: intérêt général/intérêt particulier, ils sont donc rivaux voire ennemis- avant tout parce que Hollande n'est pas un socialiste, mais un progressiste (mariage gay, vote immigrés, cannabis etc...) et fait ce que l'UE lui dit de faire. Je ne pense pas qu'il soit stupide, il a menti sur son programme et est maintenant à poil. Je dirai donc plutôt que c'est un homme malhonnête et menteur (en même temps pour faire de la politique de nos jours...). Et son mandat risque de TRES mal finir...
Réponse de le 12/07/2013 à 16:45 :
Vous relativisez. Donc, nous avanceons. La finance n'est pas malhonnête. Ce sont les hommes si vous le voulez ainsi. Le microcrédit ,les banques écolo, la banque PSA, Fannie mac, les banques de dépôts, les banques centrales, le FMI, les bourses, les produits d'assurances, les banques d'investissements jouent tous un rôle qui n'est ni honnête ni malhonnête. Mais le facteur capital est fondamental pour toutes activités économiques. La finance est un des principal employeur en France et joue un rôle crucial pour le développement économique et le fonctionnement de l'état (un peu trop à mon goût en ce moment). Je ne travaille pas dans ce secteur. J'ai voté pour Hollande parce que je pensais qu'il était malhonnête, populiste et un menteur. Je crains aujourd'hui qu'il a été honnête à "son" sens. Je le trouve très inquiétant dans son rôle.
Réponse de le 12/07/2013 à 17:21 :
Je ne relativise pas, c'est vous qui avez commencé à balancer sur Hollande -pour lequel vous avez d'ailleurs voté, parce qu'il est malhonnête... passons-. Cet homme est un pantin qui est la copie conforme de sarko, sauf qu'il tape encore plus sur les classes moyennes et supérieures niveau fiscalité...
Pour votre gouverne, le secteur bancaire employait en 2012, 400 000 personnes, soit 1,5% de la population active... (De mémoire, le CAC emploie moins de 5%...).
Je suis bien d'accord avec vous qu'il faut des banques pour financer sainement l'économie, mais aux vues des scandales permanents auxquels on assiste depuis les années 2000, il faut fortement les réglementer (quitte à être moins compétitif à l'international).
Il y a presque une question philosophique derrière: le pouvoir de l'argent étant total sur notre société, peut-on laisser l'intérêt général aux moins de l'intérêt privés de quelques centaines de personnes...?
a écrit le 12/07/2013 à 9:34 :
HOLLANDE N'EST PLUS CREDIBLE DU TOUT, SUR RIEN? AVEC çA IL TRANSFORME LE PAYS EN UNE FABRIQUE A COLLECTER L'IMPÔT TOUT AZIMUT, çA VA PAS ARRANGER LA FRANCE PUISQUE PLUS PERSONNE N'A PLUS CONFIANCE NI DANS LES DECIDEURS OU RESPONSABLES POLITIQUES OU MÊME DANS LES ELUS ET ENCORE MOINS DANS LES TECHNOCRATES ET ENCORE MOINS DANS CE QU'ON APPELLE L'ELITE A LA FRANçAISE TOUT çA C'EST DU PAIN BENIS POUR NOS CONCURRENTS QUELS QU'ILS SOIENT PARCE QUE NOUS JEUNES VONT SE TIRER çA C'est SÛR.
a écrit le 12/07/2013 à 8:40 :
La finance, la réserve parlementaire, tous les jours nous sommes volés dépouillés par quelques-uns qui se sont accaparés toutes les richesses qu'ils ne produisent pas. Il n'y a plus de chef d'état puisqu'il n'y a plus d'état et de plus la déflation nous guette encore pire que l'inflation.
Réponse de le 12/07/2013 à 9:33 :
+1
a écrit le 12/07/2013 à 0:33 :
Destructeur de richesse!!
On croit rêver la finance crée de la fausse monnaie. c'est une gigantesque chaine de Ponzi.
Les riches français se sont enrichis de 25% en un an. Est-ce que la production de biens de consommation français/européenne/mondiale a augmenté d'autant. On est en récession!! alors cela m'étonnerai. La création de richesse dont on parle n'est basée que sur du vent.
En fait la France à seulement peur que ses taux d'intérêts remontent (y-aurait-il un petit chantage là dessous?), mais cela n'est que partie remise de toute façon il n'y aura jamais de retour de la croissance à un niveau suffisant pour payer la dette (surtout si on a une politique de dépense) et résorber le chômage à un niveau soutenable. A moins d'euthanasier ceux qui ont des assurances-vie (1500Milliards) et un peu d'économie. Mais là je pense que cela va bouger dans les rue et que des têtes vont tomber ...
Réponse de le 12/07/2013 à 9:05 :
Croire à un retour en arrière du chômage en Europe et particulièrement en France est simplement utopique. Non le système devra changer pour par exemple créer une croissance sur d'autres horizons (une étude très sérieuse démontre les répercussions positives sur 20 ans de ces réorientations industrielles et économiques..j'ai perdu la source :voir alternatives économiques avril2013..). Sinon il y aura la montée des extrémismes pour tenter de garder ce système basé sur la consommation et le gaspillage hystérique avec que cela fera de mal....( La preuve est le départ des raffineurs vers d'autres régions du monde qui anticipent une réelle chute de la production industrielle sur l'Europe).
Réponse de le 12/07/2013 à 14:13 :
Alternatives économiques n'est pas l'alpha et l'oméga de la pensée économique. De plus très ou trop orienté à gauche. Très keynésien, ce journal.
Réponse de le 12/07/2013 à 16:03 :
ce qui a le mérite de changer un peu du catéchisme habituel hein :)
a écrit le 11/07/2013 à 22:51 :
J'espère qu'il existe encore des journalistes intègres dans ce pays. A ceux-ci je demande de ne plus répondre aux injonctions des nos "représentants" nommés ou élus. Que ceux-ci, lorsqu'ils auront le besoin de cracher un mensonge de plus au visage de leur concitoyens, ne trouvent qu'une salle de presse vide. Je propose aux différentes rédactions de monter une loterie commune pour designer un planton qui ira installer une caméra, un micro, mettre en route et, repasser après éteindre la lumière. Si certains de ces journalistes ont encore besoin de saillir et briller, ils peuvent se tourner vers un art plus noble et pérenne que de tenir le crachoir à des pignoufs.
a écrit le 11/07/2013 à 22:47 :
Une bonne chose de faite, mais qui a pris trop de temps..une partie du mal est faite. Paris et Frankfort jouent en deuxième division. Saluons tout de même le courage de ceux qui savent reconnaitre leurs erreurs. Il reste à mettre fin à cette insupportable situation, ou des associations de Riens du tout, Attac et autre, non elus, qui ne representent personne, compromettent la compétitivité de nos pays.
Réponse de le 12/07/2013 à 9:10 :
des associations qui ne représentent rien du tout, mais qui sont subventionnées par notre Etat très généreux.
Réponse de le 12/07/2013 à 9:31 :
il me semble que si François Hollande a été élu c'est en grande partie parce que les Français voyait en lui une alternative face aux excès (le mot est faible) de la finance, non?
Réponse de le 12/07/2013 à 11:14 :
à Lutèce: c'est vrai que des excès dans la finance ont été manifestes. certaines banques continuent à devoir "purger" leurs bilans de produits bien trop "exotiques". Mais que penser d'états qui empruntent 200 milliards par an, soit près de 10% du PIB, principalement composé de services qui ne rendent en rien le pays compétitif et qui ne s'exportent pas - comme les prestations médicales à nos seniors..-? les banques des pays du sud sont pour partie responsables de leurs erreurs, mais aussi ont subi la crise des dettes de leurs pays, et donc des politiques..
Réponse de le 12/07/2013 à 12:56 :
concernant l'endettement des Etats, je suis tombé sur cet extrait récemment qui m'a donné matière à réfléchir. (Notez-bien que je ne suis pas sympathisant du communisme, même si je trouve l'analyse marxiste éclairante sur certains sujets.)

La lutte des classes en France (1850) Karl Marx, à propos de la situation de la France sous Louis-Philippe juste avant la révolution de 1848

« L'endettement de l'État était, bien au contraire, d'un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C'était précisément le déficit de l'État, qui était l'objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l'aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l'État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables. (?) En général, l'instabilité du crédit public et la connaissance des secrets d'État permettaient aux banquiers, ainsi qu'à leurs affiliés dans les Chambres et sur le trône, de provoquer dans le cours des valeurs publiques des fluctuations insolites et brusques dont le résultat constant ne pouvait être que la ruine d'une masse de petits capitalistes et l'enrichissement fabuleusement rapide des grands spéculateurs. (?) En outre, les sommes énormes passant ainsi entre les mains de l'État laissaient place à des contrats de livraison frauduleux, à des corruptions, à des malversations et à des escroqueries de toute espèce.

tout ça pour dire, que si les politiques sont certainement responsables de cette gabegie, je ne suis pas sûr que la finance ait à s'en plaindre..
Réponse de le 12/07/2013 à 13:16 :
NB: les ... sont devenus des ?
Réponse de le 12/07/2013 à 15:23 :
L'histoire est certes très intéressante, mais la situation au XIX, ou la rente avait toute son importance sociale, et les rentiers légions, n'est plus. Qui veut encore acheter des obligations d'état pour gagner moins de 2% une fois les impôts payés, si ce n'est ceux qui y sont obligés (je pense aux sociétés d'assurance). Les banques qui ont laissé gros dans la crise grecque ne sont pas prêtes de recommencer ce genre d'erreur. L'investisseur privé avisé banit aussi de son portefeuille les obligations d'états, et le cash, (on a vu qu'au delà de 100 000 euros de cash dans une banque (chypre), les risques étaient certains..). restent donc les actions, et essayer de naviguer dans un environnement volatile, au grè des petites phrases assassines des politiques, et en espérant au moins toucher les dividendes en n'étant pas trop taxé. Pas sûr donc que cette situation de Faillite des états soient bien profitables à la finance, aux banques, et pas plus aux investisseurs.. je crois au contraire que ce secteur se passerait volontiers des gabegies des politiques, et que si les banques ont pu commettre des erreurs, quelquefois très sérieuses, elles sont aussi victime d'une chasse aux sorcières menées par des politiques trop heureux, tel Bartolone et ses obligations "pourries", de trouver des boucs émissaires à leurs gabegies.
Réponse de le 12/07/2013 à 16:19 :
vous avez raison, ce n'est plus l'eldorado les obligations d'Etats. Vous conviendrez tout de même que si les rendement sont faibles les banques se sont financées pour 1% à hauteur de 1000 mds sur le marché primaire..
Vous conviendrez aussi que le taux d'intérêt étant censé rémunérer le risque encouru, si les banques ont fait n'importe quoi en prêtant à tire-larigot, elles doivent prendre leurs paumes..
C'est le problème de l'argent pas cher, quand ça monte c'est bien, on s'en met plein les fouilles, mais quand ça s'arrête, ça ne dégonfle pas, ça éclate. C'est d'ailleurs pourquoi M. Greenspan a été célébré comme un visionnaire avant d'être brûlé sur la place publique...

Sinon il y a aussi les obligations d'entreprises, ça marche assez fort ici (Allemagne).
Cdt

PS: si ça vous intéresse, regardez cette nouvelle vidéo qui m'a scandalisé: comment la SoGé ruine des entrepreneurs pour toucher les garanties d'OSEO (organisme public)
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ufaiqzHDza4 (La Tribune serait d'ailleurs bien gentille d'enquêter sur ce sujet)

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