Gagner la guerre, c’est ne pas la perdre
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La chronique de François Clemenceau
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« C'est le moment de ramasser la mise ». L'ex-ambassadeur de France en Russie, Jean de Gliniasty, en semble convaincu : la fin de la guerre en Ukraine est proche. Invité des Géopolitiques de Nantes ce week-end, le rendez-vous des experts des questions internationales et du grand public (toujours plus nombreux chaque année), le diplomate égraine les raisons, selon lui objectives, de cette cessation proche des hostilités. « Les Etats-Unis ont tout gagné dans cette guerre sur un plan purement industriel et énergétique mais ont vu leur position s'éroder auprès du Sud global, l'Union européenne est en crise et souffre trop de cette guerre, la Russie sait bien qu'à long terme, les sanctions finiront par lui coûter bien plus qu'aujourd'hui, et le monde entier veut la paix ». Vraiment ?
N'y a-t-il pas là en résumé une réflexion qui tient davantage à justifier ce que l'on souhaite ? Oui, nous souhaitons tous la fin de cette guerre atroce. La question n'est pas là. La seule interrogation commune pour le coup à Moscou, Washington, Bruxelles, Pékin, New Dehli ou Ankara est de savoir quel est le prix à payer pour faire taire les armes. Et avec quelles garanties qu'elles ne s'exprimeront pas à nouveau une fois l'encre d'un éventuel traité séchée ? Et les Ukrainiens, eux, que veulent-ils ? N'est-ce pas leur voix d'abord qui doit être prise en compte ?
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Le peuple ukrainien a exprimé son bonheur de s'émanciper de l'ex-URSS lors du référendum en faveur de l'indépendance en 1991. Il s'est montré des plus enthousiastes à l'idée de s'arrimer au projet européen bien avant la révolution de Maidan en 2014. Il a prouvé son courage lors de la guerre séparatiste du Donbass et sa résilience admirable sous les bombes russes depuis bientôt 1000 jours. Est-il prêt à renoncer à son intégrité territoriale ? Est-il désireux de se résigner à vivre sous un statut de neutralité stratégique qui lui interdirait l'accès à l'Union européenne et à l'OTAN pour mieux rester sous l'influence et la surveillance de la Russie ?