Liban : Paris et Washington appellent à un cessez-le-feu de 21 jours
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Les Etats-Unis et la France ont appelé à un cessez-le-feu immédiat de 21 jours entre le Hezbollah et Israël au Liban.
David Dee Delgado
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Les Etats-Unis et la France ont appelé à un cessez-le-feu immédiat de 21 jours entre le Hezbollah et Israël au Liban.
David Dee Delgado
Un cessez-le-feu de 21 jours entre Israël et le Hezbollah. C'est l'appel lancé mercredi par la France et les États-Unis. « Il est temps de parvenir à un règlement à la frontière israélo-libanaise qui garantisse la sécurité et permette aux civils de rentrer dans leurs foyers », écrivent les présidents américain Joe Biden et français Emmanuel Macron dans un communiqué commun publié après leur rencontre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York. Cet appel est soutenu par l'Union européenne, l'Australie, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar.
Depuis lundi, les frappes israéliennes ont fait plus de 600 morts au Liban, dont de nombreux civils, tandis que le mouvement islamiste libanais, soutenu par l'Iran, a multiplié les tirs de roquettes vers le nord d'Israël et visé pour la première fois avec un missile la grande ville de Tel-Aviv, dans le centre du pays. Les bombardements ont jeté plus de 90.000 personnes sur les routes au Liban, selon l'ONU, fuyant vers Beyrouth ou la Syrie. Mercredi, plus de 70 personnes ont été tuées et près de 400 blessées, selon les autorités libanaises. L'agence de presse ANI a décrit « la nuit la plus violente de l'agression israélienne » dans la région de Baalbeck, dans l'est du Liban, l'un des bastions du Hezbollah visé par les bombardements de même que le sud du pays.
Ce mercredi, l'armée israélienne a d'ailleurs déclaré préparer « une possible entrée » sur le sol libanais pour y frapper le Hezbollah, réveillant au Liban le souvenir de la dernière guerre contre le puissant mouvement islamiste en 2006. « Nous attaquons toute la journée (...) pour préparer la zone à la possibilité de votre entrée (...) et continuer à frapper le Hezbollah », a-t-il déclaré à des soldats à la frontière avec le Liban, alors que l'armée a annoncé le rappel de deux brigades de réserve qui seront déployées dans le nord.
Plus tôt mercredi, Joe Biden a averti qu'une « guerre généralisée est possible » au Moyen-Orient, tandis qu'Emmanuel Macron a appelé « avec force Israël à cesser l'escalade au Liban et le Hezbollah à cesser les tirs ». Israël ne peut pas « sans conséquence, étendre ses opérations au Liban », a lancé le président français, ajoutant : « Il ne peut pas y avoir de guerre au Liban », un pays où la France compte de nombreux ressortissants.
En guerre contre le Hamas palestinien dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, Israël avait annoncé à la mi-septembre avoir déplacé le « centre de gravité » de ses opérations vers le nord du pays, le long de la frontière libanaise, pour permettre le retour de dizaines de milliers d'habitants déplacés, dans cette région visée par des tirs de roquettes du Hezbollah depuis près d'un an.
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Le Hezbollah, allié du Hamas, a de son côté promis de continuer à attaquer Israël « jusqu'à la fin de l'agression à Gaza ». L'Iran a assuré qu'il soutiendrait le Liban « par tous les moyens » en cas d'escalade.
Mais les tirs transfrontaliers ont gagné en intensité depuis la vague d'explosions meurtrières des appareils de transmission du Hezbollah, attribuée à Israël, les 17 et 18 septembre au Liban, puis une frappe israélienne le 20 septembre sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a décapité l'unité d'élite du mouvement.
A l'Assemblée générale de l'ONU, les diplomates s'activent à chercher une issue sur fond d'un insaisissable cessez-le-feu dans la bande de Gaza. « Nous travaillons sans relâche avec nos partenaires pour éviter une guerre totale et avancer vers un processus diplomatique qui permettrait aux Israéliens et aux Libanais de rentrer chez eux », a lâché le secrétaire d'Etat, Antony Blinken.
« L'enfer se déchaîne au Liban », s'est alarmé de son côté le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Le Proche-Orient est « au bord d'une catastrophe totale », a, lui, averti le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, en assurant que Téhéran soutiendrait le Liban « par tous les moyens ». L'ambassadeur israélien Danny Danon a déclaré que son pays préfèrerait utiliser la voie diplomatique pour sécuriser sa frontière nord avec le Liban mais qu'il utiliserait « tous les moyens » à sa disposition si la diplomatie venait à échouer.
De nombreux dirigeants arabes et musulmans, mais pas seulement, ont durement pris à partie Israël lors de cette grand-messe diplomatique annuelle, multipliant les condamnations contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, accusé par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, « d'entraîner toute la région dans la guerre ».
Surtout que les voies de sortie de crise sont étroites. Washington a toujours estimé qu'un cessez-le-feu à Gaza, accompagné de la libération des otages retenus par le Hamas, restait le meilleur moyen d'inciter à une solution diplomatique entre Israël et le Hezbollah. D'autant que le groupe chiite pro-iranien affirme agir pour soutenir le groupe sunnite Hamas palestinien à Gaza, qui a lancé une attaque meurtrière sans précédent contre le sud d'Israël le 7 octobre.
Pour l'heure, les négociations pour obtenir un tel cessez-le-feu, menées conjointement par les Etats-Unis, le Qatar et l'Egypte, sont dans une impasse. Israël est resté sourd aux appels à la désescalade, ouvrant ce second front dans le nord, après des mois d'échanges de tirs. Fervent soutien d'Israël, Joe Biden s'est jusqu'alors refusé à user du levier des armes fournies par les Etats-Unis, à l'exception d'une livraison de bombes en mai. Et un changement de stratégie semble peu probable à l'approche de l'élection présidentielle du 5 novembre.
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Après une contraction de 0,2% en 2023, le Produit intérieur brut (PIB) libanais devrait reculer de 1% cette année, selon les projections de la Berd, qui anticipait jusqu'ici une légère croissance en 2024. Le Liban, plongé dans l'impasse politique et plombé par la stagnation de réformes essentielles, a vu son PIB reculer en cumulé de plus de 40% depuis 2018.
(Avec AFP)
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