L'avenir noir de l'Opep

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Les 14 pays membre de l'Opep ont réussi à trouver un accord, le premier depuis 2008, pour réduire leur production de 1,2 million de barils par jour (mbj) pour la ramener à 32,5  mbj.
Les 14 pays membre de l'Opep ont réussi à trouver un accord, le premier depuis 2008, pour réduire leur production de 1,2 million de barils par jour (mbj) pour la ramener à 32,5 mbj. (Crédits : REUTERS/Heinz-Peter Bader)
L'Opep a finalement trouvé un accord mercredi portant sur une réduction de sa production de 1,2 million de barils par jour. Le cours du baril a réagi en augmentant de plus de 8%, à près de 49 dollars. Mais ce succès cache mal les difficultés du cartel à peser sur le marché à long terme.

Les Cassandre en sont pour leurs frais. Les 14 pays membre de l'Opep ont réussi à trouver un accord, le premier depuis 2008, pour réduire leur production de 1,2 million de barils par jour (mbj) pour la ramener à 32,5  mbj.

Les marchés à terme l'ont salué, le cours du baril de brut à New York bondissant de plus de 8% pour venir flirter les 49 dollars, un niveau inédit depuis 8 mois.

Du point de vue de la communication, le cartel marque un point en ayant réussi à faire l'unanimité, ce qui était loin d'être gagné. Pour autant, le but de l'accord, qui vise à réduire les parts de marché des membres pour maintenir les prix internationaux du baril de brut, n'est pas sûr d'être atteint. Et les raisons ne manquent pas.

Une baisse anticipée

D'abord, cette réduction doit être relativisée car l'Opep a pompé en octobre 33,8 mbj, ce qui représente un record historique. Ses pays membres avaient donc déjà anticipé la baisse en... augmentant leur production.

Ensuite l'Opep ne pèse plus autant que par le passé sur le marché pétrolier. Elle fournit à peine plus d'un tiers du pétrole consommé dans le monde, ce qui réduit de facto son influence. Car même si la Russie a dit qu'elle allait s'engager à ne pas augmenter sa production, l'accord est pour certains pays producteurs et surtout les compagnies privées à travers le monde une opportunité d'élargir leurs parts de marché.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande mondiale en 2017 devrait s'établir à 97,5 mbj contre 96,3 mbj en 2016. Du côté de la production, celle non Opep s'établirait à 56,7 mbj en 2016 et pour s'élever à 57,2 mbj en 2017.

Par ailleurs, on ne connaît par encore le quota de production fixé par pays. L'Irak et l'Iran ont averti avant la réunion qu'ils ne baisseraient pars leur production, car ils veulent revenir à leur part de marché d'antan, qui a été réduite par les guerres pour le premier et les sanctions pour le deuxième.

Le principal effort devrait donc être réalisé par l'Arabie Saoudite, qui compte pour 40% de l'offre actuelle de l'organisation.

Le mirage de la stabilité

Par le passé, rares sont les pays membres qui ont respecté leurs quotas, d'autant que chacun le fait sur la base d'un engagement qui ne fait pas l'objet d'un contrôle indépendant. Certains pays, faut-il le rappeler, dont le budget dépend essentiellement des recettes pétrolières sont dans une situation économique grave : Algérie, Nigéria ou encore Venezuela.

En outre, le manque à gagner, par la limitation des ventes, réduit le nombre de pétro-dollars, qui alimentent les réserves de change qui ont déjà fortement baissé chez les pays producteurs. Même l'Arabie Saoudite a subi cet effet ce qui l'a conduit à se financer sur le marché obligataire pour pouvoir précisément s'engager dans un modèle économique moins dépendant des recettes pétrolières.

De fait, depuis la chute brutale des prix en 2008 qui étaient montés jusqu'à 148 dollars, les prix sont erratiques. En début d'année, ils étaient même passés sous les 30 dollars. Or, le cartel a montré tant dans la phase d'ascension des prix avant septembre 2008 qu'après la chute qu'il ne jouait plus vraiment son rôle de stabilisateur du marché pour l'économie mondiale. Si évidemment la première phase était à son avantage (prix élevés conjugués à de bonnes parts de marché), la deuxième l'est moins (prix faibles, réduction des parts de marché dus à l'émergence rapide de la production américaine avec la révolution du « fracking »).

Une nécessaire révolution culturelle

Cette perte d'influence du cartel va aller en augmentant. Avec les progrès de l'efficience énergétique et le ralentissement de la demande pétrolière chinoise, qui avait tant soutenue les cours avant 2008, la demande pétrolière mondiale tend chaque année à augmenter moins rapidement que celle sur l'offre.

Même la prime de risque géopolitique a disparu, les sanctions contre la Russie, la guerre en Syrie, celle de l'Irak avec l'Etat islamique, ou encore la crise au Nigéria ou la chute de l'activité dans un grand pays émergent comme le Brésil ne semblent plus avoir de véritable effet sur les cours.

Enfin, sur fond de lutte contre le réchauffement climatique, la décarbonisation de l'économie comme en témoigne le développement croissant de la voiture électrique va peser structurellement sur un des derniers bastions du marché des hydrocarbures : le transport.

Il faudrait donc une révolution culturelle au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole pour pouvoir continuer à jouer le rôle de premier plan dans l'économie mondiale, sinon cette influence va se transformer en capacité de nuisance qui va s'amenuiser au fil des années.

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a écrit le 01/12/2016 à 9:32 :
Et oui, soi le lobby pétrolier investi des centaines de milliards afin que les gens retrouvent un travaille bien payés les incitant à consommer soit ils sont condamnés à ces soubresauts seulement financiers et donc sans impact positif à long terme.
a écrit le 30/11/2016 à 20:46 :
Cette baisse de production de l'OPEP sera sans grand effet de long terme, si les prix remontent vers les 55-60$ les huiles de schistes US reviendront en force sur les marchés.
a écrit le 30/11/2016 à 20:36 :
La demande de pétrole continue d'augmenter d'un million de tonnes par an, le pétrole est loin d'être remplacé. Ce n'est pas le pétrole de schiste qui va le remplacer. Le pétrole conventionnel est en déclin structurel ou physique si on veut. La ressource s'épuise. On va bien entendu utiliser des ressources plus coûteuses (schistes, bitumeux, en profondeur) mais cela reste des ressources limitées. la double étreinte (ressources qui s'épuisent et réchauffement climatique qui obligent à en limiter l'usage) se cognent l une a l'autre, mais ce sont les deux qui doivent nous obliger à rechercher des solutions plus crédibles que la voiture électrique?.
Réponse de le 01/12/2016 à 14:30 :
Oui he bien à voir la capacité de rebond du pétrole de schiste, je ne serai pas aussi catégorique que vous, malheureusement.
a écrit le 30/11/2016 à 19:47 :
ca n'interesse pas les entreprises d'elargir leur part de marche en faisant des investissements pas rentables!
les etats c'est autre chose, mais en general ca se fait en cooperation avec des boites qui elle vont bien voir ce qu'on peut faire ou pas...
a écrit le 30/11/2016 à 18:19 :
La production de pétrole de schiste US a déjà baissé de 25 % sur un an.
Les voitures électriques sont alimentées en électricité d'origine combustibles. Ou nucléaire.
Réponse de le 30/11/2016 à 21:34 :
Oui, mais justement, le ménage a été fait et il ne reste que les exploitations les plus rentables, qui ont juste besoin d'une petite remontée des cours pour repartir à fond.
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Annonce de J. Trudeau ce jour :
"Feu vert à deux projets d'oléoducs, veto pour un troisième"
"a autorisé mardi la modernisation de deux oléoducs acheminant le pétrole d'Alberta (ouest) vers la côte pacifique et les États-Unis afin d'augmenter la capacité à l'export du sixième producteur mondial de pétrole de 960 000 barils par jour."
"La capacité de l'oléoduc Trans Mountain va être portée de 300 000 à 890 000 barils par jour (bpj), et celle de Line 3 de 390 000 à 760 000 bpj, car justement, « la production de sables bitumineux va augmenter dans les prochaines années », a-t-il souligné."
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Le Canada avait déjà annoncé vouloir doubler sa production à horizon 2050.
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Et puis, comme l'indique l'article, les producteurs avaient tous fortement augmenté leur production avant cet accord, notamment la Russie.
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Des petits producteurs, hors OPEP vont produire plus, en Amérique du Sud, comme en Afrique.
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Ensuite la trafic dans ce secteur ne doit certainement pas être négligeable.
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Et puis les énergies renouvelables semblent vouloir accélérer plus que nous aurions pu l'espérer.
Effet COP21/COP22 + prise de conscience + pression citoyenne, associative ou actionnariale y contribuent.
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Je ne suis même pas certain que le manque d'investissements actuels, puisse créer un crash d'ici quelques années. Ce sont les lobbyistes qui nous l'expliquent, alors on peut raisonnablement avoir des doutes.
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On va de toute façon vite être fixé par l'évolution du marché, et voir si les promesses sont tenues.

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