Pour Trump, l'Europe existe-t-elle ?

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Donald Trump, lors de sa campagne, a déclaré vouloir remettre en cause nombre d'accords et d'engagements entre son pays et l'Union européenne - même sa participation à l'Otan.
Donald Trump, lors de sa campagne, a déclaré vouloir remettre en cause nombre d'accords et d'engagements entre son pays et l'Union européenne - même sa participation à l'Otan. (Crédits : Reuters)
Dans la vision du monde de Donald Trump, l'Union européenne est reléguée à l'arrière-plan. Mais a-t-il vraiment tort?

Le Brexit l'avait déstabilisée, l'élection de Donal Trump la paralyse. L'Union européenne (UE) avait perdu un membre, elle perd désormais une boussole, tant il y a un monde entre Obama et le nouvel élu. On attendait une position commune forte du Vieux Continent, on a eu les formules convenues : Donald Tusk et Jean-Claude Juncker invitent le 45e président des Etats-Unis pour tenir un sommet US-UE « dès que cela lui conviendra ». Un tel attentisme peut se révéler dangereux pour une Union déjà affaiblie par les divisions et le scepticisme de citoyens européens de plus en plus tentés par le repli sur le cadre national.

Le dangereux attentisme européen encourage le dédain de Trump

Une position forte aurait pu au moins rappeler que les efforts réalisés jusqu'à maintenant seront clairement défendus, notamment par rapport aux déclarations du candidat Donald Trump remettant frontalement en cause l'action des pays de l'UE : l'accord international sur le climat, pour lequel l'UE -et notamment Paris- n'ont pas ménagé leurs efforts ; l'accord sur le nucléaire militaire avec l'Iran qui avait annulé la plupart des sanctions économiques à l'égard de Téhéran ; le fonctionnement de l'Otan, notamment son financement ; l'Ukraine, où les Européens pourraient faire les frais d'un réchauffement bilatéral américano-russe ; les négociations sur le TTIP (le traité commercial entre les deux parties), même s'il est loin de faire l'unanimité en Europe. Cette dévalorisation du rôle de l'UE montre le peu de cas qu'en fait Donald Trump dans sa vision du monde.

2017, une année d'élections à risques dans toute l'Europe

L'attentisme européen est d'autant plus dangereux que le calendrier électoral joue contre l'UE. Les pays les plus importants, économiquement et diplomatiquement parlant, vont en effet traverser une zone de turbulences. 2017 sera une année électorale majeure tant en France qu'en Allemagne. Angela Merkel n'a toujours pas annoncé si elle serait candidate à un quatrième mandat, celui de trop ? Sa cote de popularité baisse, elle est contestée au sein même de son parti, la CDU, et doit faire face à un fort courant eurosceptique au sein de la population. En France, le président Hollande, qui semble vouloir se représenter, bat des records d'impopularité. Son bilan économique ne plaide pas en sa faveur. Sans compter que la France va être scrutée car, fait inimaginable il y a encore peu, elle court le risque d'être le troisième domino à tomber suivant la logique « populiste » en élisant Marine Le Pen. En Italie, le président du conseil Matteo Renzi joue son poste le 4 décembre, lors du référendum sur le projet de réforme constitutionnelle. Quant à l'Espagne, elle est restée 9 mois sans véritable gouvernement avant de voir le retour de Mariano Rajoy, symptôme d'une crise profonde du système politique. Quant au Royaume Uni, il compte bien renouer comme au bon vieux temps ses relations avec les Etats-Unis pour peser dans ses négociations avec ses futurs ex-collègues.

Si elle veut peser, l'Europe doit sortir de sa passivité diplomatique

Le pire pour l'Union européenne serait de temporiser, gagner du temps comme d'habitude, en espérant que l'entourage de Donald Trump l'oblige à revenir à des considérations plus réalistes - autrement dit, faire le contraire de ce qu'il a promis. Il conviendrait au contraire que l'UE prenne son destin en main. Si elle veut peser réellement sur la scène internationale, elle doit rapidement inscrire à l'ordre du jour une véritable diplomatie et, surtout, une défense commune. Trump pourrait en fournir l'occasion. Mais l'Europe en est-elle encore capable ou en a-t-elle seulement envie ?

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Commentaires
a écrit le 16/11/2016 à 0:50 :
Ben, L'Europe n'existe plus même pour les Européens...
a écrit le 15/11/2016 à 16:27 :
l'UE est une zone de libre échange à monnaie unique, pas une Nation. Donald a raison et ce n'est pas du dédain, une grande Nation ne traite pas avec une zone de libre échange qui, de plus, va encore perdre d'autres membres.
Réponse de le 15/11/2016 à 20:25 :
Une addition hétéroclite et incohérente, de 26 intérets égocentriques et si divergents ( Royaume Uni et Bulgarie en moins) bientot Hongrie et Danemark et Pays Bas en moins. J.Y Le Drian a déclaré : " la défense européenne, c'est dans minimum ! 150 ans ". Et aucun des 26 exceptée la france n'a de diplomatie. L'europe meurt et à vive allure.
a écrit le 15/11/2016 à 12:31 :
Nous sommes au bout d'un cycle politique, économique, social. La capitalisme est dévoyé, le néo-libéralisme un cancer. Les US sont malades, nostalgiques d'un passé qu'ils voudraient restaurer alors qu'ils n'en n'ont plus les moyens, de fait ils deviennent dangereux. La Russie Poutinienne caresse de nouveau des rêves expansionnistes sur base URSS. La Chine n'est pas en reste qui veut aussi s'étendre et prolonger le rêve communiste (enfin... la dictature Chinoise...). L'Europe en fait les frais, l'Europe, une enclume sur laquelle les trois plus gros marteaux de forgeron du Monde s'activent pour lui donner la forme qui leur convient. A moins que la détruire ne leur suffise! L'Europe, si elle veut survivre doit changer de statut en passant de l'enclume au marteau pilon. Cela passe par une défense commune... et pas que militaire, (mais aussi...).
a écrit le 15/11/2016 à 9:32 :
Il est temps de rayer définitivement cette Europe et d en refaire une autre plus petite ,plus efficace !!ou alors faire comme les Anglais sortir de ce machin !!!et quand allons nous nous prendre en main sans compter sur les autres ???Les Américains font leur vie et savent très bien que cette Europe est cuite et sans avenir !!!
a écrit le 15/11/2016 à 7:26 :
L'idee d'une Europe federale etait une utopie. Incapable de se mettre d'accord une union militaire, mieux, sa passivite durant la guerre en Bosnie-Herzegovine dans les annees 90. Elle est d'ores et deja sur le declin. trump a raison de botter en touche: L'Europe "ce machin".
a écrit le 15/11/2016 à 7:01 :
L'élite dirigeante de l'Union Européenne a répudié ses peuples. Forcément, elle va fonctionner beaucoup moins bien et disparaître...
a écrit le 15/11/2016 à 6:18 :
Les pays de l'Union européenne se sont accordés lundi sur un plan global en vue d'une Europe autonome de la défense, dont l'élection de Donald Trump a souligné l'urgence. L'Union européenne est donc bien active comme dans de nombreux domaines mais il y a des aveugles en France.
a écrit le 15/11/2016 à 4:15 :
A part la paix, erasmus et deux ou trois trucs, l'UE a apporté quoi aux peuples? Une nouvelle famille de haut fonctionnaire hautain, méprisant et cassant. Des donneurs de leçons à la moralité douteuse et d'une certaine cupidité. Des personnes politique qui ne parlent qu'entre elles sans écouter le peuple trop sûr de ses certitudes, de ses convictions. Ils pensent le peuple ne comprend rien à rien. Qu'il est démagogue, populiste. Mais le peuple veut du changement en sa faveur, pas juste passer d'un clone à un produit marketing.
Réponse de le 15/11/2016 à 17:37 :
citoyen européen,je pense que ces gens disposent de revenus et d'avantages scandaleux
comme en France d'ailleurs ou les politiques s'allouent régulièrement
"à l'unanimité" comme récemment une prolongation d'indemnité de non
élection
corruption,irresponsabilité,
attention, lesgens normaux,les vrais ne réfléchissent plus
a écrit le 14/11/2016 à 21:21 :
Vraie question: C'est quoi l'Europe ?
Réponse de le 15/11/2016 à 9:48 :
c est l oligarchie des privileges
Réponse de le 16/11/2016 à 0:53 :
Il ne faut pas confondre l'Europe et cette construction hideuse qu' est désormais devenue l'UE
a écrit le 14/11/2016 à 21:10 :
ça ne peut que faire du bien a l'Europe de se retrouver face a elle-même et des décisions devront être prises avec moins de parapluie américains::))
a écrit le 14/11/2016 à 19:30 :
L’Amérique ne veut pas d'une europe unie et ça tombe bien cette europe là n'a jamais été et ne sera jamais unie car déjà rejetée en premier lieu par ses propres peuples.

Il ne risque donc rien et a raison de ne pas s'y intéresser, cela ne pourra qu'accuenter ce fait, avec des adversaires économiques comme nos décideurs européens inutiles d'avoir des partenaires.
Réponse de le 15/11/2016 à 1:44 :
"rejetée par ses peuples"

Ce n'est pas ce que disent les sondages, notamment sur la question de la défense européenne, où nos dirigeants sont remarquablement en retard sur leurs peuples.

Le problème est que ces dirigeants ne pensent qu'à conserver à leur niveau les prérogatives régaliennes qui font le prestige de leur poste.

Ils les gèrent de manière inefficace vu que les États européens sont (individuellement) trop petits et trop faibles pour faire face à des crises type migrants ou Ukraine, mais n'y changent rien par orgueil ou par manque de vision.
Réponse de le 15/11/2016 à 9:19 :
Il y a les sondages et il y a les référendums qui contredisent systématiquement les sondages.

Il y a la théorie et il y a la pratique qui dément de plus en plus souvent la théorie.

Les sondages donnaient le leave anglais gagnant et donnaient la victoire pour Clinton.

On dirait donc bien que sur des questions d'ampleur les sondages se plantent régulièrement.

Vous dites qu'ils veulent conserver leurs avantages régaliens mais pourtant le néolibéralisme, à savoir la dictature économique oligarchique, a été validée par tous les dirigeants de chaque pays.

Politiciens européens et politiciens nationaux s'entendent à merveille arrêtez de faire croire qu'il y aurait un camp contre l'autre, il n'y en a pas, il y a juste le seul et unique camp de la compromission généralisée entre politiciens et hommes d'affaires.

Ouvrez-les yeux, c'est facile maintenant de voir avec internet.

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