La « stratégie bonsaï » de Macron dans l’IA
Philippe Mabille
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Riche semaine pour l'IA, qui a été au cœur du salon Vivatech, précédé d'une réunion des talents français de cette technologie prometteuse à l'Élysée. Il s'agissait de tirer les conclusions du rapport du comité de l'intelligence artificielle générative remis au président de la République. Au regard des ambitions affichées par Emmanuel Macron lors de cette réunion, à savoir faire de la France un pays leader de l'intelligence artificielle, il y a tout lieu de s'inquiéter, car le compte n'y est pas.
La principale annonce, en réalité la simple confirmation d'une promesse de l'an dernier, consiste à mettre quelque 400 millions d'euros d'argent public de plus que la stratégie IA de 2018 (celle de Cédric Villani), dans les neuf pôles universitaires dédiés, à Saclay, Toulouse, Rennes, Nice et Paris. Former des talents universitaires, c'est bien, et il est vrai que la France figure au premier rang avec ses bons matheux (il y en a encore) et ses écoles d'ingénieurs. Mais, « avec 400 millions, on a l'impression d'avoir une stratégie bonsaï en IA », s'inquiète l'entrepreneur Tariq Krim dans un post bien salé sur X. De même, il s'interroge sur la volonté présidentielle de porter de 3 % à 20 % des achats mondiaux la part de l'Europe dans le marché crucial des processeurs graphiques GPU.
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Cette course à la superpuissance informatique pose question sur le respect de nos objectifs climatiques, équation que Macron veut résoudre en France par son plan nucléaire. Mais elle promet surtout de faire la fortune de Nvidia (dont la capitalisation s'est envolée cette semaine après de nouveaux résultats record au premier trimestre), en l'absence de capacités européennes dans les semi-conducteurs. Malgré le très bel investissement de GlobalFoundries à Crolles, près de Grenoble, la Silicon Valley française, il n'y a « pas d'acteurs d'envergure dans les puces sophistiquées de l'IA », regrette le chef de l'État dans un entretien à L'Express. Le Chips Act européen s'est concentré sur les pénuries de semi-conducteurs dans l'automobile et les télécoms. À l'heure de la souveraineté, c'est la certitude d'une nouvelle dépendance.
Philippe Mabille