La machine à financer de l'État peut-elle suivre la course à l'intelligence artificielle ? L'an dernier, Emmanuel Macron avait annoncé à l'occasion du salon Viva Technology plus de 900 millions d'euros d'investissements supplémentaires dans le secteur. Cette année, dans son discours désormais ritualisé, les annonces sont plus vagues. Certes, le président a confirmé sa promesse de financement de neufs clusters universitaires dédiés à l'IA, pour 430 millions d'euros, déjà annoncée l'an dernier, dans le cadre de France 2030.
Mais sur l'autre grand enjeu de la course à l'IA, l'investissement dans les startups, il a simplement évoqué le lancement d'un « un nouveau fonds très significatif », sans en donner l'ordre de grandeur. De quoi inquiéter légèrement l'écosystème : le développement de l'IA nécessite des volumes de capitaux inédits dans l'histoire de la tech, et la capacité des secteurs publics et privés européens à suivre la dynamique américaine et chinoise interroge.
Pour rassurer sur ses ambitions, Emmanuel Macron a précisé que le nouveau fonds sera lancé « avant la fin de l'année », et que l'État en financera le quart. L'objectif sera notamment de financer « les puces électroniques, le cloud ou encore les LLMs » [grands modèles de langage, ndlr]. Autrement dit, les trois briques essentielles au développement des IA génératives. Il espère que le fonds déclenche « un choc d'investissement », qui entraînera le secteur privé. Et si le fonds se lancera d'abord à l'échelle française, Macron fait part de son souhait d'en faire une initiative européenne. L'objectif, a minima, serait de doubler la capacité financière de l'Union européenne.