Ombres chinoises
François Clemenceau
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Le moins que l'on puisse dire du débat de mardi soir entre Donald Trump et Kamala Harris, c'est qu'il n'a pas franchement « pivoté » vers l'Asie. Et pas beaucoup plus sur la Chine, bien que les deux candidats aient dit en quelques mots seulement à quel point ils continueraient à prémunir les États-Unis dans la compétition commerciale et technologique qui les oppose à leur premier concurrent. Et pourtant, c'est tout le bilan de l'administration Biden sur ce sujet qu'il aurait été intéressant de dresser.
Ne serait-ce que pour mieux faire comprendre aux Américains, mais aussi à nous autres Européens, en quoi la politique indopacifique récente des Etats-Unis a permis d'éviter le pire. Sur le plan militaire par exemple, Kamala Harris aurait ainsi pu expliquer pourquoi l'amiral Samuel Paparo, commandant des forces américaines dans la zone indopacifique, venait le jour même de dialoguer par visioconférence avec le général Wu Yanan, chef du commandement Sud de l'Armée populaire de libération (APL). Selon l'amiral américain, « de telles discussions entre hauts responsables permettent de clarifier les intentions des deux parties et de réduire le risque de perception erronée ou d'erreur de calcul de part et d'autre ». Elle aurait pu aussi évoquer la participation cette semaine de Michael Chase au forum de Xiangshan.
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Ce haut fonctionnaire n'est autre que l'homme chargé du département des affaires chinoises au Pentagone et la conférence annuelle de Pékin ce que l'on fait de mieux, côté chinois, en matière d'échanges à haut niveau sur la sécurité en Asie, l'équivalent du dialogue de Shangri-La, organisé par les Occidentaux, qui se tient quelques mois plus tôt à Singapour. C'est d'ailleurs là, le 31 mai dernier, que le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, avait pu rencontrer pour la première fois son homologue chinois, Dong Jun, ex-chef d'état-major adjoint de l'APL et ancien patron des zones navales orientale et méridionale chinoises. Aucune de ces rencontres bilatérales n'est tombée du ciel. Elles n'ont été patiemment organisées que sur ordre des présidents américain et chinois à l'issue de leur sommet bilatéral de San Francisco du mois de novembre dernier.
François Clemenceau