Grippe porcine, l’autre choc
Le blog édito d'Erik Izraelewicz
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Oui, ce n'est peut-être pas l'essentiel, c'est quand même important. Quels que soient les développements à venir de cette épidémie, une chose est sûre, c'est là un nouveau choc pour l'économie mondiale. Comme si celle-ci, en ce moment, en avait besoin.
La preuve ? Rappelons nous les trois précédents récents : le Sras, d'origine chinoise, la vache folle et la grippe aviaire. A chaque fois, l'épidémie a été relativement circonscrite. Il y a eu beaucoup de victimes - loin quand même de la dramatique grippe espagnole du début du XXème siècle. Mais à chaque fois, les effets sur l'économie ont été sensibles, violents parfois. Regardez le Sras, cette épidémie de pneumonie atypique d'origine chinoise. Trois chiffres, spectaculaires : on estime qu'il a coûté en 2003 0,5 point de croissance à la Chine, plus encore à Hong Kong. On évalue à 4 milliards de dollars les pertes subies par les compagnies aériennes du fait du Sras. Le trafic aérien avait chuté de 50% en Asie cette année là !
Des effets violents sur un pays, sur un secteur particulier, le transport aérien donc ?
Oui et non. Au départ, c'est vrai, c'est le pays foyer de l'épidémie qui souffre le plus. Mais avec la mondialisation, la contagion est rapide, très rapide. Aujourd'hui, avec la grippe porcine, c'est l'économie mexicaine qui est la première frappée, mais au-delà, c'est l'Amérique du Nord. Les liens économiques entre le Mexique et les Etats-Unis sont très denses. L'économie américaine n'en sortira pas indemne.
Au départ, c'est le transport aérien qui est touché. D'ores et déjà, des mesures de précaution sont prises partout dans les aéroports. On va moins voyager - moins de déplacements, moins de tourisme, moins de congrès, moins de salons. Bref, moins d'échanges. Et moins d'échanges, c'est obligatoirement moins d'activité, moins de croissance...
Quand même, cette épidémie, on va peut-être réussir à en limiter l'ampleur ?
Oui, il faut l'espérer. Cela étant, on est, même en matière économique, dans le domaine de la psychologie. Et là, le mal est fait. L'information s'est diffusée ce week end à très vitesse grand sur la planète. Ce risque de pandémie est un nouveau facteur d'inquiétude. C'est un nouveau choc. Impossible par avance d'en évaluer l'ampleur. Pour en limiter les effets, tout le jeu des dirigeants politiques de la planète doit donc être, pour l'économie aussi, de mobiliser contre cette épidémie sans dramatiser !
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