« Les six enjeux du débat sur l’immigration » (Didier Leschi, Office français de l’immigration et de l’intégration)
La Tribune Dimanche
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Didier Leschi
Liewig Christian/ABACA
La Tribune Dimanche
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Didier Leschi
Liewig Christian/ABACA
D'abord celui de la maîtrise des arrivées. En France comme en Europe, le nombre d'immigrés ne cesse de progresser. La France n'est pas la plus touchée par cette vague de fond en cours. L'Allemagne compte plus de 18 % de personnes nées à l'étranger. Outre-Rhin, après avoir pu y arriver un temps, les difficultés se font sentir. La Suède est passée, en une vingtaine d'années, de 10 à 20 % de personnes nées à l'étranger. Elle est, elle aussi, confrontée à de graves problèmes d'intégration.
À lire également
En France, le nombre d'immigrés, de personnes nées étrangères à l'étranger, selon la définition de l'Insee, est passé de 7 % à plus de 10 % de la population en une vingtaine d'années. Il n'y a jamais eu autant d'immigrés, 7 millions, dont 2,5 millions ont acquis la nationalité française. Comme l'Europe, nous ne sommes pas une forteresse. Près de la moitié de nos immigrés viennent de pays non européens, d'abord du Maghreb ou de l'Afrique subsaharienne mais aussi d'Asie. Une forte proportion est peu ou pas formée, ce qui accentue les problèmes d'intégration autant sociale que culturelle. Ils constituent la population la plus précaire de France. Près de 40 % de ceux nés en Afrique ont un niveau de vie inférieur au taux de pauvreté monétaire. 43 % sont en situation de privation matérielle, malgré les prestations sociales et les aides diverses. 35 % sont locataires du logement social, dont près d'un Algérien ou Marocain sur deux, et plus d'une personne originaire d'Afrique subsaharienne sur deux. Un des enjeux de la maîtrise des flux est de faire en sorte que la pauvreté ne s'additionne pas à la pauvreté, en particulier dans les zones urbaines. D'où les propositions parlementaires de réduction des arrivées d'immigrants familiaux par le biais d'une augmentation des délais de résidence avant de pouvoir faire venir un proche et du plafond des ressources nécessaires.
La Tribune Dimanche