La transition énergétique, un enjeu de réussite économique et sociale pour la France

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La conférence environnementale du mois de septembre a permis de faire le point sur les conditions dans lesquelles la France entend s'engager dans la transition énergétique. Tous les acteurs de l'énergie sont désormais attentifs à la feuille de route du gouvernement.

La priorité de la politique énergétique de la France doit être la réduction de la dépendance aux hydrocarbures et la lutte contre le réchauffement climatique. A cet égard, nous partageons entièrement avec le Gouvernement l'idée que l'efficacité énergétique doit nécessairement s'appuyer sur un programme ambitieux de rénovation thermique des bâtiments. Mais comment réhabiliter des quartiers entiers ? Quelle distribution d'énergie choisir pour la ville de demain ? Avec quelles technologies ? Les sociétés d'ingénierie ont un rôle clé à jouer sur ce marché : seule leur indépendance vis à vis d'une seule logique produit ou technologie permettra de mieux accompagner notamment les collectivités territoriales qui souhaiteront repenser globalement leurs programmes de sobriété et d'efficacité énergétique.

Au-delà du secteur du bâtiment, il est nécessaire de parvenir à une consommation nettement moins élevée d'hydrocarbures pour l'alimentation des véhicules. L'objectif fixé par le gouvernement est simple : concevoir des moteurs qui ne consomment que deux litres aux cent kilomètres. Depuis de nombreuses années, les constructeurs automobiles planchent sur la question, notamment avec Assystem. Les progrès réalisés sont importants et les efforts en R&D vont continuer. Cela ne saurait néanmoins se faire sans un travail parallèle sur le véhicule électrique : autonomie des batteries, gestion et distribution intelligente de l'électricité produite par ces mêmes batteries, infrastructures pouvant accueillir les véhicules électriques...

Qui dit rééquilibrage du mix énergétique dit évidemment énergies renouvelables, électriques comme thermiques. Celles-ci doivent être tout autant soutenues. Le développement des énergies renouvelables fait en effet face à des difficultés significatives, qu'il s'agisse de leur compétitivité, de leur intégration dans les réseaux notamment électriques, ou de la délocalisation en Asie d'une partie des usines de fabrication. Assystem est particulièrement sensible aux décisions prises en faveur du développement de l'éolien offshore. Ces décisions vont créer des emplois et permettre à la France, en développant son expertise, de devenir un acteur international de poids en matière d'énergies renouvelables.

Si la fermeture anticipée du site de Fessenheim et l'objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique ont été les deux annonces majeures sur le nucléaire, elles ne doivent néanmoins pas occulter un débat clé pour l'avenir de la France : quel avenir souhaitons-nous donner à l'industrie nucléaire française ? S'il est tout à fait possible de concilier réduction de la part de la filière dans notre pays et contribution à hauteur de 50% dans notre production d'électricité, ceci ne peut se faire que dans une vision de long terme pour le nucléaire dans notre pays. Si l'objectif est en effet de démanteler toutes les centrales lorsque les réacteurs arrivent à 40 ans, cela conduira à une part de moins de 15 % du nucléaire dans le mix énergétique dès 2030. Ce qui implique nécessairement des décisions rapides sur le rythme de construction de nouveaux réacteurs EPR pour que le nucléaire contribue à 50% à la satisfaction des besoins électriques de notre pays. Si l'objectif n'est pas que toutes les centrales s'arrêtent à 40 ans, il est nécessaire que ceci soit explicitement et rapidement affiché par le Gouvernement et que les critères permettant d'identifier les réacteurs capables d'aller au-delà de 40 ans soient définis.

Et l'enjeu est encore plus grand pour la filière de traitement-recyclage. Car la fermeture à 40 ans de nos réacteurs les plus anciens conduirait à l'arrêt des usines de La Hague et Mélox, qui ne fonctionnent que si des réacteurs capables de consommer les combustibles MOX issus du recyclage sont en activité. Or ce débouché ne peut être offert en quantité significative que par nos réacteurs 900 MW, les plus anciens. Les autres réacteurs dont nous disposons aujourd'hui ne sont pas aptes à consommer des matières recyclées. Dès lors, en fonction de l'arrêt des réacteurs 900 MW, le compte à rebours est implacable. Partons d'un arrêt d'ici 2025 de la quasi-totalité des réacteurs consommant du MOX. Comme le dernier combustible MOX est chargé en réacteur de l'ordre de 5 ans avant l'arrêt définitif, la dernière fabrication de MOX à Mélox interviendrait à l'horizon 2020 et les dernières opérations de La Hague, quelques années avant. Ce qui aurait un grave impact sur les activités des deux usines et les emplois associés. Est-il besoin de rappeler que ceci est contraire aux engagements du candidat François Hollande, qui viennent d'être confirmés par le Conseil de Politique Nucléaire ? Il est donc essentiel que le Gouvernement affiche comme stratégie, sous réserve de l'avis de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, le fonctionnement au-delà de 40 ans de nos réacteurs, y compris les plus anciens d'entre eux.

Autre enjeu clé du moment, l'exploitation des gaz de schiste a quant à elle suscité bien des polémiques, et fait l'objet d'un rejet ferme de la part du Président de la République. Cette décision est légitimement fondée puisqu'il ne saurait être question de recourir à une technologie sans en avoir au préalable suffisamment étudié les impacts. Mais on ne peut faire l'économie du débat sur l'avenir du gaz de schiste, avec des expérimentations dûment contrôlées, quand on connait le poids des hydrocarbures dans notre balance commerciale.

L'équation complexe de la transition énergétique est devenue pour la France un enjeu de réussite, qui repose sur notre capacité à développer des filières d'excellence qui vont rayonner à l'international. En tant que société d'ingénierie spécialisée dans les infrastructures complexes, nous sommes bien décidés à participer à ce projet de société. En contribuant à la conception de projets pilotes ou à l'évaluation de technologies préalablement à leur éventuel déploiement. En aidant les collectivités locales à intégrer l'efficacité énergétique au c?ur de nos cités et de nos territoires. En mettant le meilleur de nos expertises et de notre intelligence collective au service des entreprises et pouvoirs publics.
 

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a écrit le 26/11/2012 à 18:03 :
comment peut faire une réussite économique et sociale avec du dufland , du paiehaut ,monte tabourse, mosquorie et tous les sociauhutopistes
a écrit le 07/11/2012 à 19:17 :
Pourquoi l'éolien industriel dérange :

Les opposants aux éoliennes utilisent l'expression péjorative "éolien industriel". Il faudrait donc que les énergies renouvelables soient produites de manière artisanale ? Notons d'ailleurs que les leaders des anti-éoliens ne sont opposés à l'industrie que lorsque elle est éolienne alors qu'il est nécessaire que les énergies renouvelables soient développées par des industries performantes, écologiques, citoyennes.

Pourtant Le vent une énergie inépuisable et renouvelable...

Les énergies renouvelables ont pour avantage d'être propres, complémentaires, et surtout inépuisables : même s'il souffle de façon irrégulière, il y aura toujours du vent. On ne peut pas en dire autant des énergies fossiles et du nucléaire dont le combustible, l'uranium, sera épuisé dans quelques décennies. [j1] La France 2eme potentiel européen en vent ou le faux problème de l 'intermittence et des prévisions. Si des parcs éoliens sont judicieusement répartis sur le territoire d'un pays, il y a toujours des éoliennes qui fonctionnent. Et la typologie des vents en France permet d'avoir une activité éolienne quasi constante. La France bénéficie de trois régimes de vent indépendants (« décorrelés ») : atlantique, méditerranéen et continental. Le vent souffle ainsi en permanence sur le territoire. Selon le Réseau de Transport de l?Electricité (RTE), « Malgré l?intermittence du vent, l?installation d?éoliennes réduit les besoins en équipements thermiques nécessaires pour assurer le niveau de sécurité d?approvisionnement souhaité. On peut, en ce sens, parler de puissance substituée par les éoliennes.» Il faut aussi noter les progrès faits dans l?anticipation des prévisions météo. http://www.rte-france.com/fr/actualites-dossiers/comprendre/les-smart-grids



Pourquoi l?énergie éolienne est une solution mature et compétitive en 2012, créatrice d'emplois

Les sénateurs de la Commission d?enquête sur les coûts de l?électricité relève le 18 juillet dernier que l'éolien terrestre est "d'ores et déjà une filière mature et compétitive", avec un prix de 82 euros du mégawattheure. Ce même rapport établie un coût du nucléaire entre 54 et 70 euros / MWh (prenant en compte les coûts liés aux déchets, démantèlement, assurance...). La différence devient donc ténue Concernant l?EPR c'est encore plus flagrant : la Cour des comptes en 2008 revèle même que l?EPR aura un coût compris dans une fourchette comprise entre 70 et 90 /MWh. C?est donc un faible coût économique qui plus est pour un grand bienfait industriel. Grâce au tarif d'achat établi il y a 6 ans, l' éolien représente actuellement 11 000 emplois en France alors qu'il y a 10 ans ce n'était que quelques dizaines de personnes ! Les appels d?offre offshore de 6 000MW créeront 10 000 emplois supplémentaires. Des industriels comme Alstom et Areva ont pris des engagements pour créer des sites de production au Havre, à Cherbourg et à Saint Nazaire. Enercon a inauguré son usine picarde créant plus de 60 emplois et la liste est longue... Dans 10 ans la filière pèsera 60 000 emplois.

Pourquoi l'éolien industriel dérange :

Les opposants aux éoliennes utilisent l'expression péjorative "éolien industriel". Il faudrait donc que les énergies renouvelables soient produites de manière artisanale ? Notons d'ailleurs que les leaders des anti-éoliens ne sont opposés à l'industrie que lorsque elle est éolienne alors qu'il est nécessaire que les énergies renouvelables soient développées par des industries performantes, écologiques, citoyennes.

Réponse de le 22/11/2012 à 13:23 :
La topologie des vents permet simplement d?obtenir un facteur de charge permettant d'avoir une probabilité de fourniture d?énergie voisine de 100% qui se situe en moyenne, d'après RTE, autour de 5% alors que le facteur de charge moyen de l?éolien terrestre se situe aux alentours de 17% (16,3% exactement en Allemagne sur les 10 dernières années).
Pour produire autant d?énergie qu?une centrale classique (thermique ou nucléaire) de puissance 1000MW, il faut donc installer près de 3000 éoliennes de 2MW de puissance sans toutefois surmonter le caractère aléatoire de ce type d?énergie (pas de vent, pas de production). Pour avoir une production d?énergie certaine (donc avec une probabilité de fourniture en énergie de près de 100%), il faudrait donc, d'après les relevés RTE, multiplier au moins ce nombre par 3 (et encore certains jours, RTE enregistre des chiffres inférieurs à 5% !) Ceci est d?ailleurs grosso modo en accord avec l?existence des 3 régimes de vents dont parle ?France Energie Eolienne? mais sans jamais donner des chiffres objectifs de production. L'équivalence en énergie fournie annuelle avec une centrale de puissance équivalente de 1000MW est donc alors de l?ordre de 9000 éoliennes bien réparties sur le territoire.
Cela conduit à des coûts ahurissants sans parler de la destruction des paysages et du supplice subi par les riverains à cause du bruit basse fréquence inhérent à ce type de machines.
Quant à l?éolien offshore un peu plus efficace et un peu plus constant son coût en installation et surtout maintenance, le condamne à mon sens sur le plan économique.
a écrit le 04/11/2012 à 14:25 :
J'espère que dans les commentaires pro nucléaire, pro gaz et pro pétrole, il ya des gens payés pour défendre les intérêts des lobbies gaziers, nucléaires et pétroliers - pratique courante sur le Net, l'argent permet beaucoup de choses... Mais il faudrait peut-être être plus crédibles et inventifs...
Réponse de le 04/11/2012 à 21:01 :
Tout comme il y a des gens bien payés pour défendre des bêtises comme le solaire ou l'éolien. Là aussi, soyez plus crédibles et ayez des arguments qui tiennent la route (quand on pense, par exemple, qu'il faut 500 éoliennes de 2 MW (éoliennes de grande puissance, attention!) pour atteindre 1000MW (puissance d'un seul réacteur nucléaire), il y a largement de quoi rire!).
Réponse de le 22/11/2012 à 10:21 :
Cette réponse rate sa cible: s'il suffisait de 500 éoliennes de 2MW pour faire l'équivalence d'une centrale de 1000MW, ce serait parfait mais on est loin hélas du compte. Compte tenu du facteur de charge moyen de l'ordre de 16,5% (16,3 exactement relevé en Allemagne sur les 10 dernières années), il en faudrait environ non pas 500 mais près de 3000 tout en ayant une fourniture aléatoire (pas de vent, pas de production). Si l'on voulait une production avec une probabilité de fourniture de près de 100%, il faudrait, d'après les relevés RTE, multiplier ce nombre par 3 et en prenant en compte les différents régimes de vent. L'équivalence en énergie fournie annuelle est donc de 9000 éoliennes au minimum bien réparties sur le territoire.
Belle perspective d'avenir et je ne parle pas du coût d'une telle solution!
Réponse de le 22/11/2012 à 18:38 :
Donc c'est pire que mes estimations, donc il y a encore plus de quoi rire! Le renouvelable, la solution de l'avenir, bien sûr, dans un autre monde, sans doute...
Réponse de le 22/11/2012 à 20:29 :
Bien pire en effet car votre estimation suppose que le facteur de charge de l'éolien est le même que celui d'une centrale classique (thermique ou nucléaire), c'est à dire proche de 90-95%. On en est très loin avec l'éolien avec seulement 16,3% (moyenne relevée en Allemagne sur les dix dernières années) et de l'ordre de 10 à 13% pour le photovoltaïque. Sans compter, bien sûr le caractère aléatoire de ces énergies qui conduit à une énergie produite nulle quand il n?y a pas de vent ou pas de soleil.
Vous comprenez aussi pourquoi les promoteurs de l?éoliens et du photovoltaïque parlent toujours en puissance maximum (puissance crête pour le photovoltaïque). Cela leur permet de masquer vis-à-vis du public la très faible efficacité de leurs solutions en production d?énergie tout en s?assurant de confortables rentes via les tarifs subventionnés.
C?est un procédé tout à fait mensonger mais qui est hélas largement repris par la plupart des médias qui contribuent largement à la désinformation générale.



Réponse de le 23/11/2012 à 8:05 :
Je suis totalement d'accord avec vous: promouvoir les énergies éolienne et solaire est une grossière erreur, c'est un véritable gouffre financier, et c'est inquiétant de voir le nombre de personnes qui adhèrent à ce mode de production, il faudrait qu'ils se renseignent. Et quand on voit que le prix du kW est entre 2 à 3 fois plus élevé par rapport au nucléaire pour l'éolien, et entre 4 à 5 fois plus élevé pour le solaire, je ne vois pas pour quelle raison on devrait quitter le nucléaire: nous avons l'électricité la moins chère d'Europe, pourquoi nous enlever ça?
a écrit le 04/11/2012 à 14:20 :
Malgré le nucléaire, en France, la facture énergétique a représenté en mars 2012 3,6% du PIB comme en 1974 (3,8% du PIB), au moment du premier choc pétrolier et avant le début programme nucléaire.
a écrit le 04/11/2012 à 12:39 :
les ecolos , vives les ecolos qui coulent la france
Réponse de le 04/11/2012 à 13:03 :
La facture énergétique de l'Europe était 488 milliards d?euros en 2011.

En 2011, la facture énergétique européenne a atteint 488 milliards d?euros en 2011 soit 3,9 du PIB européen. Donc 61 milliards pour la France.
En 1999, cette facture était de 84 milliards d?euros (Soit 100 milliards d?euros 2011) soit 1% du PIB européen.

Donc, par rapport à 1999, l?Europe consacre presque 3% de PIB supplémentaire pour sa facture énergétique.

Il est temps de faire quelque chose.
Réponse de le 04/11/2012 à 13:32 :
Je suis d'accord avec @schtroumf en colere, les écolos coulent la France, et trop de gens leur font confiance. A votre avis, pourquoi la partie du PIB consacrée à l'énergie est-elle si élevée? Parce qu'il a fallu ouvrir de nouvelles centrales à charbon en Allemagne (qui polluent), par exemple, à cause de leur nouvelle politique énergétique, en attendant qu'ils arrivent à construire assez de panneaux solaires et d'éoliennes (d'autres pays européens sont aussi concernés) qui coûtent les yeux de la tête! Il ne faut pas se servir du nucléaire comme une transition entre le fossile et le renouvelable, mais comme une solution d'avenir (ce qui est approuvé par beaucoup de scientifiques)!
Si la politique énergétique européenne était axée sur le nucléaire, ces problèmes économiques n'arriveraient pas, mais allez faire comprendre ça.
Réponse de le 04/11/2012 à 14:04 :
@ Atomic D. Sur 488 milliards d'euros de facture énergétique, il y a 315 milliards d'euros de pétrole et 100 milliards d'euros de gaz naturel. Or seul 3,6% du pétrole en Europe est utilisé pour produire de l'électricité (principalement en Italie et en Grèce) soit 25,7 millions de tonnes pour un total de 705 millions de tonnes de pétrole utilisées en Europe. Donc fermer les centrales électriques auraient un effet ridicule sur la facture pétrolière. Ensuite, le prix du charbon est en forte baisse. Le prix du charbon américain est en baisse de 20% à 32% par rapport à 2011.
Réponse de le 04/11/2012 à 20:57 :
Et s'il y avait moins de pétrole, il y aurait moins d'émissions de CO2 et le prix de l'électricité serait moins élevé. Idem pour le charbon. Excusez-moi, mais les énergies fossiles (gaz/ pétrole/ charbon) ne sont pas la solution, pas plus que le renouvelable, qui sont trop envahissantes et trop peu puissantes pour être un minimum utiles. Le charbon est de moins en moins cher, mais il y en a de moins en moins, ça pollue et il reste tout de même plus cher que le nucléaire!
Fermer les centrales à pétrole aurait un effet ridicule sur la note finale, oui mais se serait toujours ça de gagné. Mais je suis d'accord sur le fait que pour l'instant, le pétrole constitue une ressource importante pour l'Europe et pour le monde (routes, plastique...)
Pour information, le kW nucléaire est le moins cher de tous les kW.
Réponse de le 04/11/2012 à 22:37 :
Dans le monde, l'éclairage consomme 3418 TWh par an pour une consommation mondiale de 17000 TWh (hors pertes). Le potentiel d'économie est de 2217 TWh par an selon une étude de l'Agence internationale de l'énergie. Soit 82% de l'électricité produite par le nucléaire (2700 TWh par an). Ensuite, le chauffage électrique consomme au moins 1200 TWh par an. Le monde peut se passer du chauffage électrique. Enfin, il est possible de fortement réduire la consommation de charbon des centrales thermiques. La nouvelle centrale thermique d'EDF, en Pologne, combinant la technologie supercritique et l'utilisation de 10% de biomasse va réduire de 30% les émissions de C02 par rapport aux unités de charbon traditionnelles. Il est aussi possible, dans les régions ensoleillée, d'utiliser des concentrateurs solaires pour remplacer une partie du charbon ou du gaz dans une centrale thermique. Avec 5 hectares de concentrateurs solaires, on économise 3600 tonnes de charbon par an. AREVA propose cette technologie.
Réponse de le 05/11/2012 à 9:34 :
Oui mais vous vous rendez compte? 5 hectares de concentrateurs solaires, c'est énorme. Un gramme d'uranium équivaut à 10000 tonnes de charbon, et un gramme d'uranium, ça n'a pas une superficie de 5 hectares. Le plus rentable donc? L'uranium, évidemment. Areva propose aussi cette technologie. On pourrait presque dire qui si on avait 5 hectares d'uranium, ça remplacerait presque tout le charbon du monde et même celui des décennies à venir.
Réponse de le 05/11/2012 à 11:31 :
La France métropolitaine mesure 55 millions d'hectares. L'ensemble des terres émergées représente 15 milliards hectares. Donc, avec 50 000 hectares de concentrateurs solaires dans le sud de la France, on obtient l'équivalent de 36 millions de tonnes de charbon, soit une capacité de produire 85 TWh d'électricité (l'équivalent de 20% de l'électricité nucléaire française) dans des centrales thermiques hybrides. Evidemment, quand il n'y a plus de soleil, le charbon, le gaz ou la biomasse prennent le relais. Ainsi, la centrale fonctionne 24 heures sur 24. Au niveau mondial, 5 millions d'hectares dans les régions ensoleillées pourraient fournir l'équivalent de 3,6 milliards de tonnes de charbon par an. Sachant les centrales à charbon consomment 4,6 milliards de tonnes de charbon par an, c'est une piste intéressante.
Réponse de le 05/11/2012 à 16:55 :
Je ne pense pas. Bien que les centrales à charbon/ gaz fassent des efforts pour émettre moins de CO2, elles en émettront quand même toujours, ce qui va à l'encontre de la lutte contre le réchauffement climatique.
Le solaire est propre, d'accord, mais le problème, c'est que c'est son seul vrai atoût, tout comme la grande majorité des énergies renouvelables.
Alors charbon+solaire= CO2+pas de puissance suffisante. La centrale qui combinerait les deux tounerait 24h/24, oui, sûrement. Mais prenons un exemple (valable pour tous les autres types de centrales nucléaires mais ce serait trop long de tout lister): Les centrales nucléaires françaises dites "classiques" (2 réacteurs de 900MWh) aussi tournent 24h/24 (ainsi que les autres centrales nucléaires), tout en délivrant entre 90 à 100 fois plus de puissance électrique qu'une centrale solaire de grande puissance (20MW). Plus le nombre de réacteurs augmente, plus la puissance comparée délivrée augmente aussi évidemment.
Un réacteur nucléaire (quand on prend pour repère 1 gramme d'uranium=10 000 tonnes de charbon) est plus économe tout en fournissant de l'électricité en grande quantité et bon marché. C'est grâce au nucléaire que la France a le prix de l'électricité le plus bas d'Europe: pour comparer, on a (en SPA (Standard de Pouvoir d'Achat)) 11.3SPA/ 100kWh en France, le moins élevé de tous, et en Allemagne (1ère puissance européenne), on a 23.2 SPA, dû a quoi? A la sortie du nucléaire, à la réouverture des centrales à énergie fossile et à la mise en service d'une énorme quantité de panneaux photovoltaïques et d'éoliennes.
Au delà de la superficie, par ces temps de crise, il vaudrait mieux s'intéresser au coût de l'électricité. Je ne pense pas que beaucoup de gens apprécieraient de se mettre au solaire tout en voyant leur facture électrique exploser de 5 fois son prix d'avant, par exemple.
a écrit le 03/11/2012 à 20:12 :
Selon France Énergie Éolienne http://fee.asso.fr/, en 2011, les 6640 mégawatts de puissance installée sur le territoire ont produit 11 900 000 Mégawatts-heure d?électricité. Cela veut dire que pour un mégawatt installé la production est donc 1792 Mégawatts-heure en un an. Une éolienne moderne disposant d?une puissance nominale de 2 mégawatts, elle produira donc 3584 mégawatts en un an. Un ménage Français moyen consomme aux alentours de 9,5 Mégawatts-heure en un an. Cela revient à dire qu?une éolienne peut, en théorie, subvenir aux besoins de (3584/9,5)= 377 ménages. C?est extrêmement peu si l?on compare cette production au prix de ces machines. En effet, un mégawatt éolien installé, c?est aux environs de 1 500 000 ?. Une éolienne coûte donc 3 000 000 ?. Si on ramène cette somme aux foyers alimentés, on arrive à la somme extravagante de 7951 ? par foyer. C?est tout à fait considérable et évidemment hors des moyens de l?immense majorité des Français et l?on voit bien là le danger qui se profile en particulier pour les plus humbles. Si on poursuit le raisonnement on va découvrir d?autres réalités autrement plus angoissantes : L?électricité produite par ces machines est achetée à un tarif de 82 ? le Mégawatts-heure (4 fois le tarif normal) par EDF pendant une durée minimale de 15 ans, qui peut être portée à 20 ans. Calculons : 3584 Mégawatts-heure x 20 ans x 82 ? = 5 877 760 ?. Dans cette configuration on arrive à un prélèvement moyen par ménage de 15 578 ?. Voilà pour ce qui concerne le prix de l?éolien. Je n?intègre pas dans ce calcul les nouvelles lignes HT qu?il va falloir construire et surtout les centrales à gaz qui devront assurer l?intérim puisque, comme le prouvent les chiffres précités, ces machines ne produisent rien pendant près de 80 % du temps. Quand on sait que la France est exportateur nette d?électricité, que les éoliennes ne contribuent en aucun cas à la réduction de la production de GES puisqu?elles doivent être doublées par des centrales conventionnelles, qu?il en faudrait plus de 8 500 pour produire la même quantité d?énergie qu?une seule centrale nucléaire, ne serait-il pas légitime qu?enfin, nos gouvernants s?interrogent sur la pertinence de cette filière qui n?a créé que très peu d?emplois et en détruira beaucoup dans le domaine du tourisme. Si au lieu de gaspiller aussi stupidement l?argent de nos compatriotes, nos élus menaient une vraie politique de réduction du gaspillage, je vous laisse imaginer les économies colossales qu?il serait possible de réaliser en investissant 15 578 ? par logement et les dizaines de milliers de vrais emplois non délocalisables qui seraient créés.
Réponse de le 03/11/2012 à 21:42 :
Les centrales à charbon de demain consommeront de 37% à 54% de charbon en moins pour la même production.

Le rendement moyen d'une centrale à charbon dans le monde est de 30%, 36% en Europe.

A partir de 2015, les centrales à gazéification et à cycle combiné aurons un rendement de 48% à 53%.
A partir de 2020, les centrales à gazéification avec pile à combustible aurons un rendement de 55% à 65%. 65% est le rendement maximum théorique d'une centrale à charbon. Avec en parallèle un gros effort d'économie d'énergie, l'utilisation de ces centrales à haut rendement est une solution réaliste.
a écrit le 03/11/2012 à 1:29 :
Le nucléaire n'est de toutes façons plus compétitif sinon il s'exporterait mieux, il est donc par avance condamné à voir sa part réduite en France.
a écrit le 02/11/2012 à 9:49 :
Le nucléaire en France ne descendra jamais en dessous de 70%, il augmentera même avec les nouveaux réacteurs à l'étude. Et ce n'est pas en fermant une seule centrale tout en en faisant construire une autre que cela va "dérégler" ce taux, et tant mieux car la France a besoin du nucléaire.
Réponse de le 02/11/2012 à 10:08 :
Faux. La France peut diviser par 2 la production d'électricité nucléaire. En 2011, le nucléaire a fournit 421,1 TWh (dont une petite partie est exportée). L'éclairage, le chauffage et la réfrigération consomment 180 TWh sur lesquels on peut économiser 140 à 150 TWh avec des technologies déjà disponibles. La modernisation de l'hydraulique pourrait fournir 30 TWh supplémentaires. Au total, les économies d'énergie et la modernisation de production hydraulique permettraient de réduire de 170-180 TWh les besoins en électricité nucléaire.
Réponse de le 02/11/2012 à 11:18 :
Quand on va grelotter lors des prochains hivers très rudes, on pourra remercier les écolos qui nous empêchent de nous chauffer à un prix abordable pour satisfaire leurs lubbies fantaisistes.
Réponse de le 03/11/2012 à 1:28 :
Quand une centrale nucléaire aura un problème grave on remerciera les écolos qui ont eu raison depuis JY Cousteau, René Dumont, Dubos, Bombard etc et donc depuis plus de 40 ans déjà. Si on les avait écouté plus tôt on en serait pas là. Donc merci les écolos.
Réponse de le 03/11/2012 à 10:48 :
@luc.b, ne vous fiez pas à ces idées. Le nucléaire est juste dans une mauvaise passe mais il s'en sortira, comme il a toujours fait depuis Tchernobyl.
La technologie en fonction actuellement rend impossible des accidents du type Tchernobyl ou Fukushima en France. Ce n'est pas l'hydraulique, ni l'éolien, et encore moins le solaire, qui prendront un jour le relais.
Conclusion: Remplacer tous les réacteurs RBMK, REB et REL par des réacteurs REP et EPR.
Réponse de le 03/11/2012 à 11:15 :
Ces 3 incidents graves sur des centrales françaises largement passés sous silence.
Le 17 octobre 1969, une mauvaise manipulation lors du chargement du coeur sur le réacteur n°1 entraîne la fusion de 50 kilos d'uranium. C'est l'un des plus graves accidents nucléaires jamais survenus en France. Pourtant, quarante-deux ans plus tard, l'événement reste quasi inconnu du grand public.

Comme si le sort s'acharnait sur la centrale de Saint-Laurent, onze ans plus tard, le 13 mars 1980, à 17 h 40, les alarmes se déclenchent. Une nouvelle fusion se produit, cette fois sur le réacteur n°2.

Un 3ème incident a eu lieu à centrale nucléaire du Blayais

Ce 27 décembre 1999, Alain Juppé, maire de Bordeaux, est réveillé en pleine nuit par le préfet qui lui annonce qu'il faut "songer à évacuer la ville".

Quelques heures plus tôt, la centrale nucléaire du Blayais, en Gironde, a perdu trois de ses réacteurs, sous les coups conjugués d'une tempête et d'une inondation. Ce jour-là, de l'avis de tous les experts, on a frôlé la catastrophe.(Source LEPOINT)

En 1999, la France a failli perdre toute son industrie aéronautique, qui est située dans le sud ouest.
Réponse de le 03/11/2012 à 17:47 :
Et ils les ont retrouvé ces 3 réacteurs ?
On a surtout failli perdre le vin rouge, oui.
Réponse de le 03/11/2012 à 17:55 :
Ok, mais n'oubliez pas de dire que les deux premiers accidents que vous citez se sont produits dans des réacteurs UNGG, ces derniers étant hors service depuis une bonne vingtaine d'années, et pas des réacteurs REP. L'accident du Blayais, qui était un incident (niveau 3), n'a une aucune conséquence catastrophique, comme vous l'avez écrit.
Lors de cet incident, nous avons pu observer que la technologie REP était prévue pour ce genre de chose.
Réponse de le 03/11/2012 à 18:27 :
En 1999, ce n'était pas un petit incident "Les installations des réacteurs 1 et 2 sont touchées. Deux circuits de sauvegarde sont hors d'usage, et notamment, à l'intérieur de l'enceinte, le dispositif d'aspersion qui permet de faire baisser la température en cas d'accident.

Plus grave : quelques heures plus tard, la moitié des quatre pompes du circuit de refroidissement (SEC) du réacteur numéro 1 tombent en rade. Ce même circuit qui empêche la fusion du c?ur du réacteur, soit l'accident le plus grave qui puisse survenir dans une centrale atomique.

Les dégâts furent cependant considérables. « Pendant trois semaines, se rappelle un ouvrier de la centrale, on a bossé jour et nuit. Les moteurs du circuit de refroidissement étaient noyés sous 5 mètres d'eau. Des trémies étanches avaient cédé sous la pression de l'eau. » Le député PS Philippe Plisson, ancien président de la Commission locale d'information nucléaire, a déclaré que "l'inondation de 1999 a été ressentie comme un choc par tous les acteurs".(Source SudOuest)
Réponse de le 04/11/2012 à 11:40 :
Nous sommes d'accord sur ce point, mais nous sommes aussi d'accord pour dire qu'il n'y a eu aucune répercussion en dehors de la centrale, cela se serait su, sinon. Les réacteurs se sont arrêtés comme prévu, ce qui n'a pas engendré de fusion, comme vous le faites remarquer. Et je vous confirme que c'était un incident, non pas classé niveau 3, mais niveau 2 sur l'échelle INES.
Et je vous répète que cet incident a montré l'aptitude des REP à surmonter ce genre de catastrophe. De plus, des tempêtes de ce genre, il n'y en a pas tout le temps en France.
a écrit le 01/11/2012 à 14:03 :
Les postures gourvernementales actuelle ne sont que du vent, et la premiere concernee est Delphine Batho que je ne suis pas loin de qualifier d'incompetente - de plus.
On nous annonce des mesures d'urgence depuis 5 mois sans rien voire venir, on nous annonce un relevement tres leger du tarif d'obligation d'achat PV, et il baisse il y a quelques jours. On brasse du vent au gouvernement, ca va finir en couac, un de plus et a mettre au credit de notre ministrE.

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