Les réformistes et leurs erreurs

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Sur la mondialisation, l'Europe, la financiarisation de l'économie, les réformistes ont commis des erreurs. Quelques pistes pour sortir du marasme actuel. Par Pierre Yves Cossé, ancien commissaire au Plan

Les réformistes, dont je suis, se sont comportés comme si la société pouvait être transformée sans que les acteurs comprennent exactement l'ampleur des transformations qui la secouaient. Et lorsque nous soupçonnions leur ampleur, nous avons trouvé plus sage de jeter un voile de peur d'inquiéter et de démobiliser les bonnes volontés. D'où un certain nombre d'erreurs. Voici quelques exemples de réalités que nous avons plus ou moins esquivées.

 1-     La bascule du monde a été dissimulée

  Certes, la mondialisation, sous ses différents aspects, techniques, économiques et financiers ne nous a pas échappé. Mais nous avons sous-estimés plusieurs aspects et notre commentaire a été lénifiant :

-         La rapidité avec laquelle elle est intervenue nous a pris de surprise. Le cas chinois est le plus spectaculaire. Certes, le rattrapage de son économie se ferait mais il se passerait plusieurs dizaines d'années avant qu'elle puisse maîtriser les technologies complexes. Le TGV, le nucléaire, l'espace, l'électronique allait rester l'apanage de l'occident. Fin 2014, un véhicule chinois se promènera sur la lune après quelques escapades d'astronautes chinois dans l'espace. Nous avons cru pouvoir miser sur notre rente technologique. Or elle a pour une part fondu.

-         Le retournement engendré par la crise financière de 2008/9 a été sous-estimé. Les pays développés se sont appauvris, dévalorisation du capital, affaiblissement des banques, surendettement des états, des ménages et des entreprises, alors que de nombreux pays en développement moins endettés et moins engagés dans la financiarisation supportaient mieux le choc et redémarraient plus rapidement. Bref, les riches en termes de revenus -mais pas de patrimoine- laissent la place à de nouveaux venus. Leur image s'est dégradée.

Une Europe fragilisée

-         Dans ce mouvement de bascule, l'Europe s'est le plus fragilisée. Du fait de l'absence d'une organisation fédérale, elle n'a pu réagir de façon rapide et cohérente. La fragilité de ses institutions par temps de crise a été une grave faiblesse. L'Europe vit l'inverse de 1492. Sa période de domination politique, économique et financière est close, au profit principalement de l'Asie. Une autre période s'est ouverte.

Une tendance à dissimuler la réalité...

-         Ces sous-estimations ont été accompagnées d'un discours et d'une tendance à dissimuler. Craignant la montée du protectionnisme, qui a de fortes racines dans notre pays, nous avons longtemps dissimulé qu'il y avait des perdants dans la mondialisation et laissé passer la formule de mondialisation heureuse.

Nous avons parlé seulement de crise économique et financière, à caractère conjoncturel, et non de changement de monde. Nous avons renoncé de fait à tout « grand récit » sur notre nouvelle place dans ce monde nouveau. Le « nouveau » ne veut pas dire catastrophique. Il veut dire qu'il est nécessaire de passer en revue des comportements, des règles et des institutions qui n'ont plus leur place dans ce nouveau monde.

Il nous faut changer, ce qui est certes douloureux mais pas nécessairement régressif Notre croissance sera beaucoup plus faible que celle des pays en rattrapage et à population active croissante. Mais il nous reste les richesses acquises et une croissance faible est celle que nous avons connue au XIXe.

Le mutisme de la classe politique: incompréhension et prudence

La classe politique s'est tue, en partie par incompréhension du fait de son hexagonalité et surtout par prudence. Les Français seraient incapables de comprendre cette nouvelle donne. Il était urgent de gagner du temps.

Le diagnostic économique est pourtant clair : un pays en croissance faible qui ne peut durablement équilibrer sa balance des paiements courants vit au-dessus de ses moyens. Il lui faut produire plus et mieux, travailler davantage et répartir les « sacrifices » de façon équitable. Qui le dit clairement dans ce pays ?

Les réformistes on cru qu'ils pouvaient développer leurs « fonds de commerce » indépendamment de cette bascule du monde et de ce déséquilibre majeur. Cela ne leur a guère réussi car ils ont peu avancé sur des problèmes exclusivement franco-français comme le logement, l'école, la protection sociale, soit que les fonds publics aient manqué, soit que la peur croissante et diffuse engendrée par le changement du monde ait accru les blocages et les conservatismes.

 2-      L'Europe rêvée s'est progressivement dissoute.

 A partir de la féconde réconciliation franco-allemande, nous avons cru à une Europe progressivement fédérale, combinant les mécanismes de marché et les politiques communes, plus ou moins sociale-démocrate, s'affirmant peu à peu comme puissance mondiale. De ces rêves, il ne reste presque rien.

Les conséquences des élargissements successifs et de l'entrée du Royaume Uni n'ont pas été clairement perçues. Elles ont été d'autant plus considérables que le néolibéralisme s'est imposé avec l'avènement de Thatcher et Reagan et que beaucoup de pays européens avaient comme seul idéal « une grande Suisse » selon la formule de Michel Rocard. L'idéologie du « marché qui ne peut ni se tromper ni nous tromper » l'a emporté à Bruxelles. Étendre la sphère du marché est devenu la préoccupation dominante, y compris dans des domaines où des politiques publiques fortes sont nécessaires (énergie, transport) à l'exception de l'agriculture. En suivant les Etats-Unis, on ne risquait guère de se tromper.

Le fonctionnement des institutions s'est complexifié et dégradé. L'Europe a toujours plusieurs têtes. Jacques Delors n'a jamais été vraiment remplacé, les « grands » Etats ne supportant pas la « concurrence » d'une personnalité forte et populaire à Bruxelles. La Commission s'est bureaucratisée et se disperse dans le détail des réglementations.

Montée des nationalismes

La montée des nationalismes dans le monde liée pour une part à la crise et la fin de l'empire soviétique qui a laissé la place à des états soucieux d'exercer pleinement leurs prérogatives retrouvées a rendu illusoire la mise en place d'une Europe fédérale. Trop longtemps, nous avons répété « Europe, Europe, Europe » selon le persifflage du général de Gaulle. Nous parlons aujourd'hui d'une autre Europe, plus démocratique par exemple mais nous ne savons pas la définir. La réalité est un divorce entre les Européens et l'Europe, voire une révolte sourde contre Bruxelles. Comment redonner espoir alors que la gestion quotidienne est devenue illisible et que les perspectives sont une période indéterminée de croissance faible et de chômage élevé ?

L'euro, une erreur politique au démarrage

Reste l'Euro et sa zone, à la fois un grand risque et un grand progrès. L'erreur faite au démarrage par les partisans de l'euro a été principalement politique. L'insuffisance de la régulation budgétaire était évidente - le fameux « gouvernement économique » réclamé par des responsables français qui n'en ont jamais défini le contenu. Les réformistes ont parié sur une dynamique engendrée par une monnaie unique qui permettrait de combler au fur et à mesure les carences initiales. Il s'est passé le contraire : les gouvernements se sont repliés sur leurs prérogatives et ont même contourné les règles qu'ils avaient acceptées.

Les Réformistes n'avaient pas plus anticipé l'erreur des marchés qui se fondant sur une solidarité financière exclue par les traités, n'ont pas différencié la cotation des dettes publiques des différents pays. Après plusieurs années de replâtrages partiels, vint un grand homme, double produit des Jésuites et de Goldman Sachs, Mario Draghi qui a consolidé durablement l'euro. Restent que les espoirs initiaux de prospérité et de moindre dépendance à l'égard de l'euro ont été déçus et que l'édifice faute d'un fédéralisme budgétaire démocratique demeure fragile.

Bref, l'Europe est devenue plus une question qu'une solution.

 

 3-      Le péril de la financiarisation a été sous-estimé

 Sous prétexte que le phénomène était d'origine anglo- saxonne, les dangers de la financiarisation ont été minorés. Nos banques, qui tenaient honorablement leur rang à l'échelle mondiale, ne faisaient que suivre et s'adapter aux réalités nouvelles. Le mimétisme de nos banquiers à l'égard de leurs puissants confrères américains n'est-il pas une tradition ? Que pouvait-on leur demander de plus ?

Lorsque le président de la Société Générale annonçait un objectif de retour sur capital (ROE) supérieur à 15%, qui impliquait une déconnexion de l'économie réelle et des prises de risques dans des opérations de marché, ni le ministre de l'Économie, ni le gouverneur de la Banque de France n'ont mis en garde. Pour ma part, m'inquiétant auprès d'un conseiller de Dominique Strauss- Kahn, je m'entendis répondre « il ne faut pas inquiéter la bourse. La « création de valeur (quelle valeur ?) » était la panacée. Toujours, la priorité à l'immédiat.

Lorsque les meilleur élèves de nos grandes écoles scientifiques se dirigeaient en cohortes serrées vers les salles de marchés, y compris anglo-saxonnes, étaient payés plus cher que leurs Présidents et s'exportaient à Londres et à New-York, ils suscitaient l'admiration et flattaient l'orgueil national. Seuls, quelques grincheux faisaient remarquer que leur matière grise manquerait à l'économie réelle.

Lorsque la plus grande partie des profits fut accaparée par le secteur financier, le déséquilibre fut accepté, alors que les marges des entreprises industrielles se réduisaient.

Un capitalisme de services allait s'imposer. Le renforcement des fonds propres des entreprises industrielles et la stabilisation de leur actionnariat ne furent pas jugés urgents. Le lobby financier et bancaire avait gagné la bataille idéologique et intoxiqué même les « Réformistes »

 

4-      L'individualisation radicale de la Société a été perçue tardivement.

 Nous nous sommes réjouis de la montée de l'individualisme: effacement des contraintes sociales et familiales, émancipation des femmes, des jeunes et des groupes les plus ignorés. A titre personnel, nous sommes tous devenus plus individualistes, sans en voir toutes les implications.

Sur le plan politique, l'individualisme s'est traduit par un attachement plus fort aux droits de l'homme et par une affirmation de l'individu de droit dans le cadre des états nationaux. Symétriquement, le collectif s'est effacé sous toutes ses formes : partis, églises, institutions publiques et privées. Certes, les structures subsistent mais les citoyens mettent au premier plan la défense et la reconnaissance de leurs droits, dont ils demandent en permanence l'extension. Ils ne mettent pas en cause ces institutions, voire les soutiennent ou s'y engagent dans la mesure où elles servent leurs droits. L'exigence de solidarité se trouve confinée à des actions limitées aux résultats mesurables.

Cet effacement du collectif est pour une part la résultante d'une inquiétude généralisée sur l'avenir et d'un renoncement à tout projet de transformation de la société. Si demain sera pire qu'aujourd'hui, ne nous préoccupons que du présent et de l'économie. Quant aux groupes révolutionnaires qui subsistent, ils pratiquent une religion laïque qui est un exutoire plus qu'une consolation.

Or, les Réformistes privilégiaient le collectif  et l'avenir: adhésion à des organisations, engagement militant, respect des disciplines, croyance à un projet mobilisateur. Ces croyances, ces outils, ces valeurs sont affaiblies. Tout n'a pas disparu mais tout a un rendement plus faible. En dehors des responsables des institutions qui ont des « boutiques » à faire tourner, beaucoup ne font plus que de la figuration ou se réfugient dans des actions localisées et limitées.

l est vrai que la période ait été exceptionnelle. Il est rare qu'autant de changements surviennent dans un temps aussi court. Les problèmes ont été trop gros pour notre capacité d'élucidation. La classe politique a fait pire, qu'il s'agisse de comprendre ou de faire.

 

Et maintnenant, que faire ?

 N'étant pas Vladimir, je ne saurais répondre. Pour les individus, continuer à agir dans les multiples lieux et institutions où des améliorations sont possibles. Pour la chose publique, indiquer les conditions d'un redressement, même si elles apparaissent actuellement utopiques. Par exemple :

 -un discours explicatif sur le monde et le positionnement de la France. Les Français sont dans un brouillard qui les paralyse. Il faut progressivement dissiper le brouillard et faire apparaitre le soleil à côté des nuages. Le soleil dans le monde, c'est la disparition des empires et des colonies, les centaines de millions d'hommes sortant de la pauvreté, l'allongement de la durée de vie, les progrès foudroyants des techniques. Le soleil au dessus de la France, c'est son patrimoine, sa diversité, sa démographie, sa capacité à créer et à innover, bref les Français eux-mêmes. Les citoyens doivent exiger de leurs dirigeants qu'ils aient une vision et qu'ils la fassent partager.

Bien sûr ils ne peuvent pas tout dire d'un coup. Il faut combiner  élucidation et orientations, la pédagogie et l'action. J'ai cru, un temps que DSK pourrait être ce pédagogue et cet homme d'action. J'entends les ricanements des politiques: n'enlevons pas aux Français leurs illusions et avançons masqué. Le problème est que les Français ont perdu leurs illusions et que l'on fait du sur place ;

 -         une priorité donnée aux problèmes qui dépendent principalement de nous. Contrairement à ce qui est répété, beaucoup de problèmes ne se résolvent pas à Bruxelles, à New-York ou à Pékin. L'Éducation, le Logement, la Santé, la redistribution, la fiscalité, la négociation sociale, l'organisation territoriale (le millefeuille) la compétitivité de nos entreprises, c'est nous et pas les autres. Le plus urgent, c'est retrouver une compétitivité en vue d'équilibrer notre balance courante. Il nous faut d'un même coup accroître notre productivité et modérer la progression salariale. Il est nécessaire de commencer par nous même mais sans un renfort de la politique européenne, la réussite est difficile, voire impossible ;

 -     un rapprochement avec l'Allemagne en vue d'une politique de croissance à l'échelle européenne. L'Allemagne n'a plus confiance en la France, ce qui explique pour une part son intransigeance sur les déficits. Elle ne veut pas avoir à rembourser nos dettes (« les boches » ne paieront pas) Si nous mettons du sérieux dans le traitement de nos problèmes, comme il vient d'être proposé, la défiance diminuera progressivement et un déblocage de la politique européenne est possible.

Le traité sur la stabilité budgétaire maintient l'Europe dans une situation de croissance faible, pour une dizaine d'années

Cette politique, telle qu'elle est définie par le dernier traité, engendre une quasi stagnation de la zone euro. En imposant une réduction simultanée et rapide des déficits publics et le retour en quelques années à un taux d'endettement public inférieur à 60% du PIB, ce traité maintient l'Europe pour une dizaine d'années dans une période de chômage très élevé et de croissance faible. Certes des signes d'assouplissement sont apparus à Bruxelles : délai supplémentaire accordé à la France, mise en garde à l'Allemagne sur ses excédents abusifs. Mais ces signes sont insuffisants. Donner du temps au temps pour réduire les déficits est un impératif.

Une France devenant « sérieuse » et crédible pourra utilement participer au nécessaire débat sur les orientations économiques de l'Europe, alors qu'aujourd'hui elle se réfugie dans le silence du mauvais élève qui a trop longtemps menti pour que son propos soit pris au sérieux. Mais c'est d'abord l'Allemagne qu'il faut convaincre, cela implique que dans le domaine budgétaire l'acceptation d'une politique commune mise en œuvre de façon démocratique. La façon dont nous nous accrochons à notre souveraineté budgétaire est dérisoire. Qu'avons-nous fait depuis trente ans de cette prétendue souveraineté budgétaire ? Si la politique budgétaire avait été une compétence partagée exercée en commun, nous n'en serions pas au degré de dépendance et d'affaiblissement que nous avons atteint ;

 -         une rénovation de notre mode de gouverner ; gouverner en France est une activité qui relève des Beaux- Arts. Ce n'est pas un métier soumis, comme toute institution humaine, à des règles de gestion qui relèvent du bon sens mais qui s'apprennent.

Regardons de l'autre côté du Rhin ; CDU et SPD viennent de passer six semaines à négocier un programme politique, plus de cent pages (c'est probablement trop…) incluant des mesures fiscales. Ce délai a été jugé normal. En France, il suffit d'un weekend pour qu'un Premier Ministre, au bout de 18 mois de gouvernement, annonce « une mise à plat de notre système fiscal » Sur ce point, où sont les amateurs et où sont les professionnels ? (il existe un contre-exemple en Allemagne, la sortie du nucléaire)

Une professionnalisation de notre fonction gouvernementale devrait inclure les dispositions suivantes :

   … avant de composer le gouvernement, passer le temps nécessaire (plusieurs semaines ?) à expliciter le programme de gouvernement pour la première année, étant rappelé que le programme électoral n'est jamais un document opérationnel

      … prendre le temps nécessaire pour composer un gouvernement restreint d'une vingtaine de membres et avoir débattu du fond avec chaque impétrant  avant de le nommer. Y a- t'il une institution dans la société civile qui se dispense d'un tel échange ?

    … stabiliser les structures gouvernementales (loi organique) Connaissez- vous beaucoup d'institutions qui changent d'organigramme à chaque fois qu'elles changent de patron ?

     …interdire aux ministres de faire des déclarations ou des conférences de presse dans le premier mois de leur mandat. Connaissez-vous dans la société civile beaucoup de responsables qui s'expriment publiquement avant d'avoir fait le tour de leurs dossiers ?

     …rétablir le processus normal d'arbitrage des décisions autour du Premier Ministre et du Secrétariat Général du Gouvernement. Cela implique que les conseillers de la Présidence s'abstiennent d'intervenir au niveau des services (sauf dans ce qui était appelé du temps du général le « domaine réservé »)

  …rétablir un minimum de secret dans les phases de préparations des décisions. Il faut sortir les journalistes politiques des antichambres, des salles à manger et des salles de bains. Les conseils des ministres et de cabinet doivent redevenir des lieux confidentiels. Les équipes de communicants dans les ministères doivent être réduites de 50%. Connaissez- vous beaucoup d'institutions qui préparent leurs arbitrages et décisions sur la place publique ?

 Ces dispositions n'ont rien d'exceptionnel (sauf peut-être la dernière) Elles sont appliquées dans un grand nombre de pays européens. Bien sûr, elle va à l'encontre des pratiques qui se sont développées depuis les années 70. Les medias hurleront à l'atteinte à la démocratie, cela durera quelques semaines…

Et après ? Ils combleront les trous. Les journalistes politiques auront du temps pour s'intéresser enfin au moyen terme, à la mise en œuvre des politiques et aux enquêtes, notamment à l'étranger. Le problème est du côté des politiques. Y en a t'il beaucoup qui accepteront de résister aux délices des confidences, vraies ou fausses, et au plaisir de s'attirer à tout moment les bonnes grâces de la presse, de la radio et de la télévision ? Sans une phase de désintoxication, les hommes politiques seront de plus en plus les hochets des hommes (et femmes de communication)

 . Le rassemblement d'hommes capables de conduire le changement dans des conditions nouvelles ; un parti, à lui tout seul, ne saurait assurer une telle rupture. Des coalitions seront nécessaires qui tiennent compte tenu des choix du suffrage universel. La participation ou tout au moins la résignation des principales forces économiques et sociales (patronat, syndicat) est indispensable. Une combinaison de procédures semi-autoritaires -les ordonnances- et la concertation sous des formes nouvelles, comme l'expérimente en ce moment le Commissariat à la Stratégie, est à inventer.

Il n'existe pas un de Gaulle sur le marché politique. Il faudra faire avec les vivants. L'équilibre politique actuel conduit à regarder au centre-gauche. Parmi les experts à expérience politique, citons Jean Pisani qui chargé d'une réflexion sur la France dans dix ans est immédiatement opérationnel, Jean Peyrelevade, l'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy devenu banquier, Pascal Lamy, l'ancien directeur de l'OMC qui se tient prêt. Parmi les « purs » politiques, aucun ne s'impose vraiment aujourd'hui, il leur appartient d'utiliser les circonstances pour faire apparaitre une dimension d'homme d'état.

 Une rupture résulte habituellement d'un choc. En l'absence heureuse de conflit, ce choc pourrait être une hausse brutale des taux d'intérêt plaçant la France dans l'impossibilité de faire face à ses échéances financières. Reconnaissons que cette hypothèse est devenue moins probable depuis que les banques centrales, en particulier la BCE, ont substantiellement amélioré leur capacité de régulation.

Le risque actuel le plus probable est celui de l'enlisement.

 

Pierre-Yves Cossé

Décembre 2O13

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Commentaires
a écrit le 18/12/2013 à 0:54 :
"Et maintenant, que faire" : Déjà rectifier la faute de frappe dans l'article concernant cette phrase ;)
a écrit le 17/12/2013 à 10:16 :
Les réformistes n'ont ils pas confondue "but" et "moyen" car il semble qu'ils ont voulu commencer par la fin pour déterminer leurs réformes!
a écrit le 17/12/2013 à 8:44 :
Belle analyse.
Nous vivons une époque comparable à la Renaissance.
Qui a fini dans les guerres de religion.
a écrit le 16/12/2013 à 17:22 :
Texte et analyse extravagants ..... pas un mot sur l'absence de démocratie en Europe l'exemple le plus caricatural est l'adoption du traité de Lisbonne par le Parlement français après le vote négatif en 2005 du peuple consulté par référendum!!!!
a écrit le 16/12/2013 à 16:35 :
Attention, ce discours documenté et explicatif glisse habilement et insidieusement vers la fin de manière totalement contradictoire vers une critique de l'equilibre budgetaire, et dès lors on se souvient des positions passées du monsieur. Maintenant que l'aggravation dogmatique du deficit pour la relance a fait chou blanc et que les pays rigoristes commencent doucement à s'en sortir, l'intelligentsia dogmatique cherche à travestir la situation et faire diversion tout en se présentant neutre. La conclusion logique du début aurait été: On ne peut indéfiniment ruiner l'activité d'un pays pour financer tout ce qui ne marche pas, point barre!
a écrit le 16/12/2013 à 15:09 :
1."Le diagnostic économique est pourtant clair : un pays en croissance faible qui ne peut durablement équilibrer sa balance des paiements courants vit au-dessus de ses moyens. Il lui faut produire plus et mieux, travailler davantage et répartir les « sacrifices » de façon équitable. Qui le dit clairement dans ce pays ?"
bonne question!
2. Autre bonne question au sujet des créations de valeurs: "quelle valeur?:"
Lorsque le président de la Société Générale annonçait un objectif de retour sur capital (ROE) supérieur à 15%, qui impliquait une déconnexion de l'économie réelle et des prises de risques dans des opérations de marché, ni le ministre de l'Économie, ni le gouverneur de la Banque de France n'ont mis en garde. Pour ma part, m'inquiétant auprès d'un conseiller de Dominique Strauss- Kahn, je m'entendis répondre « il ne faut pas inquiéter la bourse. La « création de valeur (quelle valeur ?) » était la panacée. Toujours, la priorité à l'immédiat."
Enfin, pourquoi ciritiquer le court-termisme économique (l'auteur critique à juste titre le court-termisme politique!)? Mais effectivement la bonne question est: quelles valeurs soutenables voulons-nous créer dans l'avenir?
a écrit le 16/12/2013 à 14:41 :
La principale erreur est politique, mais pas où la situe l'article. L'erreur européenne, mais surtout française, a principalement de ne pas investir suffisamment sur l'avenir ! La part de crédits distribués en salaires, aides sociales, etc... par rapport à la part consacrée aux investissements productifs a été considérable. La priorité a été (et est encore) la relance permanente... La conséquence est pourtant claire : bureaux d'études dissous, perte de compétitivité, perte de marchés, chômage,... La spirale infernale a commencé !
Réponse de le 16/12/2013 à 15:19 :
@Yves l erreur est politique mais pas ou se situe l article , ni celle que vous évoquiez. Mais d avoir construit une Europe ouverte à tous les vents. Je suppose que vous vous en faites l écho pour mieux continuer l enfumage.
a écrit le 16/12/2013 à 14:41 :
La principale erreur est politique, mais pas où la situe l'article. L'erreur européenne, mais surtout française, a principalement de ne pas investir suffisamment sur l'avenir ! La part de crédits distribués en salaires, aides sociales, etc... par rapport à la part consacrée aux investissements productifs a été considérable. La priorité a été (et est encore) la relance permanente... La conséquence est pourtant claire : bureaux d'études dissous, perte de compétitivité, perte de marchés, chômage,... La spirale infernale a commencé !
a écrit le 16/12/2013 à 13:57 :
Il ne manque qu'une analyse sur le rôle des syndicats français qui expliquerait beaucoup de paragraphes. Mais quand j'ai lu que l'équilibre politique était au centre gauche j'ai compris pourquoi.
a écrit le 16/12/2013 à 13:56 :
Il ne manque qu'une analyse sur le rôle des syndicats français qui expliquerait beaucoup de paragraphes. Mais quand j'ai lu que l'équilibre politique était au centre gauche j'ai compris pourquoi.
a écrit le 16/12/2013 à 13:38 :
D'abord bravo pour cet article construit. Beaucoup à dire et redire puisqu'il s'agit d'opinion mais c'est structuré et le passage sur l'individualisme est trop rare pour ne pas être salué. Il faudrait cependant le lier au consumérisme et à l'a-citoyenneté qui passent notamment par une stratégie de nivellement par le bas de l'école et donc des capacités logiques et analytiques des citoyens. Combiné avec l'athéisme et la fin des grands mtyhes, nous obtenons des individus individualisés et "paumés" donc manipulables
a écrit le 16/12/2013 à 13:37 :
D'abord bravo pour cet article construit. Beaucoup à dire et redire puisqu'il s'agit d'opinion mais c'est structuré et le passage sur l'individualisme est trop rare pour ne pas être salué. Il faudrait cependant le lier au consumérisme et à l'a-citoyenneté qui passent notamment par une stratégie de nivellement par le bas de l'école et donc des capacités logiques et analytiques des citoyens. Combiné avec l'athéisme et la fin des grands mtyhes, nous obtenons des individus individualisés et "paumés" donc manipulables
a écrit le 16/12/2013 à 13:23 :
Bonne analyse. A qd les actions concretes qui corrigent ces travers?
a écrit le 16/12/2013 à 13:21 :
Très saine analyse. au surplus, je suis surpris que les plus verts d'entre nous ne développent pas la notion de mieux consommer, car il est évident que nous allons devoir mieux consommer. Les pressions sur les états surendettés, la limite que nous avons déjà franchie dans les protections sociales, vont nous obliger à faire MIEUX avec MOINS, à consommer MIEUX et moins..le manque de discours des écolos dans ce sens démontre que la plupart de nos politiques tient un discours de faux c..
a écrit le 16/12/2013 à 12:14 :
Tout cela est très actuel; mais étant Français expatrié depuis 5 ans, je ne peux m'empêcher que toutes ses observations sont malheureusement encore trop franco-françaises. Beaucoup de critiques des autres, notamment du modèles anglo-saxon, pourtant la conjoncture s'est améliorée aux US et au UK alors même qu'ils étaient l'épicentre de la crise. Quid de la France? Qui admettra un jour la faillite des élites françaises? car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Réponse de le 16/12/2013 à 13:17 :
USA et UK ne sont pas sortis d'affaire avec un endettement colossal, supérieur aux nôtres (les pays d'Euroland sauf Pays Bas et Irlande) quand on additionne dettes publiques et privées ...
a écrit le 16/12/2013 à 12:00 :
Une seule phrase ,moderer les augmentations salariales .........Comme si elles étaient excessives tout juste l'inflation ,et encore, face à une inflation dont on redoute qu'elle tourne en deflation .Le reste est du meme accabit .A l'evidence cette personne aime s'entendre parler pour enfoncer des portes ouvertes .Ce rabâché et redit dure depuis 30 ans, absolument rien de nouveau donc mais ça participe à la sinistrose et à la flagellation ambiante qui plait tant ,donc c'est bien...........
a écrit le 16/12/2013 à 11:58 :
Le risque actuel, Cher Monsieur, c’est l'éclatement de l'UEM d'abord et de l'UE ensuite, trop de technocrates, pas de démocratie, trop de différences, pas de convergences, chacun fait à sa guise. Autre chose, l’UE est une invention américaine, tant que les lobbies US imposent leurs intérêts dans l’UE ça va, mais quand les inconvénients vont devenir plus importants que les avantages, les US laisseront l’UE imploser, ne serait-ce que pour retrouver le monopole monétaire mondial car « trop » à leurs yeux, de réserves ne se convertissent plus en dollars, alors que le dollar est la monnaie mondiale, celle que les US émettent pour les besoin de la zone dollar, c’est-à-dire de la planète entière : L’Allemagne ne contribuant pas avec l’Europe à la croissance mondiale, ou pas assez,du fait d’une doctrine restrictive contre productive, donc exit l’euro et exit l’UE, les US n'auront plus d'état d'âme. ABE le leader japonais a bien compris le sens de l'histoire, et c'est ABE qui va participer à la fin de l'UEM avec la dévaluation massive du yen.
a écrit le 16/12/2013 à 11:24 :
de constater que nous n'avons pas "encore" pris les bonnes décisions pour notre avenir. Le risque majeur étant que la france devienne une simple région de l'europe.
a écrit le 16/12/2013 à 10:57 :
Les réformistes ont pris les différents acteurs pour des imbéciles pensant qu'ils ne verraient pas par eux mêmes leurs intérêts que pouvait engendrer une mondialisation non subi mais adopté! La Chine n'a pas été dupe de votre dogme et a profité de la porte ouverte! L' U.E. a voulue absorber tout pays pour en faire un magma informe sans penser que les racines étaient solide sauf pour ceux qui se complaise dans le cosmopolitisme grâce a l'argent!
a écrit le 16/12/2013 à 10:48 :
J ai pas tout lu . Mon opinion c est qu' il va valoir se résoudre au choc des extrêmes. Vous essayer de faire amende honorable , mais le déni de réalité , va nous rattraper.
Réponse de le 16/12/2013 à 18:55 :
Il ne faut se résoudre à rien. Il y a plus de gens raisonnables qu'on ne veut le croire.

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