La baisse des frais de roaming, une vraie aubaine pour les entreprises ?

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(Crédits : Reuters)
Sous l'effet de réformes européennes, le surcoût imposé par les opérateurs mobiles en cas d'appel à l'étranger serait en train de diminuer significativement. Une aubaine pour les entreprises, qui pourront maîtriser leurs budgets télécoms. Mais à y regarder de plus près, les choses ne sont pas si simples. Par Yoann Valensi, Directeur général MobileGlobe

En octobre dernier, la commission européenne a affiché sa volonté d'abolir les tarifs d'itinérance à l'international, agitant au passage toute la planète mobile. Sur fond de débats houleux, cette croisade controversée s'est soldée par une décision ferme sur le principe : réduire fortement les frais de roaming d'ici juillet 2014. Toutefois, le détail des mesures n'est pas encore précisé et le lobbying bat son plein à Bruxelles. Les opérateurs historiques peuvent souffler : si la fin de cette manne financière est envisagée, elle ne sera pas immédiate. Quelques semaines après l'annonce, ils semblent d'ailleurs tous jouer le jeu et anticiper le changement. En Europe, fleurissent de nouvelles offres attractives - l'offre roaming du belge Proximus, le « Daily Voix » d'Orange Business Services ou encore l'offre « O2 travel » de l'anglais O2.

Des budgets télécoms restreints

Du côté des entreprises, ces changements tombent à point nommé. Après plus de cinq années de crise financière, elles restreignent de plus en plus leurs budgets télécoms et entendent bien cesser de payer de lourdes factures Voix et Data pour leurs salariés itinérants. C'est toutefois sans compter sur deux facteurs qui rendent ces économies moins évidentes : l'évolution des usages et la créativité des opérateurs pour maintenir leurs chiffres d'affaires au même niveau.

 Les frais de roaming diminuent… mais les usages explosent

La baisse des frais d'itinérance est bien trop timide pour être réellement efficace et in fine permettre des économies significatives dans l'entreprise. Sur la data par exemple, Bruxelles interdit de dépasser 0.45 euros par Mo (hors taxes) dans l'Union Européenne, contre 0.70 euros avant juillet 2013. Or, si cette baisse est sensible, l'explosion récente des usages de data roaming la compense largement.

En cause : l'émergence de téléphones de plus en plus ouverts, la généralisation des Smartphones, l'usage de plus en plus intense d'applications mobiles,… et l'avènement de la 4G qui laisse entrevoir de nouvelles applications professionnelles (apprentissage en ligne, outils collaboratifs,…).

Mais ce n'est pas tout. La chute de Blackberry, aujourd'hui en perte de vitesse sur le marché des smartphones va également accélérer ce boom des usages. Téléphone d'entreprise par excellence à une époque, son utilisation à l'étranger permettait de réduire fortement la consommation de data par un système de compression de données.

 Réduction des tarifs d'itinérance à l'international : miroir aux alouettes ?

Il ne faut pas se leurrer. L'itinérance représente une part importante des marges brutes des opérateurs. Ce n'est donc pas une surprise que la baisse imposée des frais de roaming soit vécue comme une contrainte. Certains jouent la carte du civisme auprès de leurs clients et communiquent sur ces baisses de prix alors qu'en réalité, beaucoup cherchent à pallier ce manque à gagner. Comment ? En contournant la réglementation de Bruxelles avec le lancement d'offres dites « ajustables ».

Nouvelle tendance chez les opérateurs, ces programmes tarifaires promettent aux clients une facturation forfaitaire et dégressive en fonction de l'usage mensuel. Sur le papier, c'est alléchant. Mais en réalité, bon nombre d'offres relèvent de la supercherie. Prenons l'exemple d'une offre ajustable récente d'un opérateur historique européen. Celui-ci propose un forfait data Europe à 14 euros hors taxes pour une consommation de 0 à 15Mo par mois. Le prix du Mo est donc compris entre 0,93,euro et 14 euros, soit amplement supérieur à la limite tarifaire imposée par la réglementation.

 Une coupure des données à l'étranger?

Autant dire que si les entreprises veulent réellement optimiser leurs dépenses Télécoms, elles vont devoir prendre elles-mêmes le taureau par les cornes. Certaines ont choisi la manière forte et imposent des codes de bonne conduite à leurs salariés avec notamment, la coupure des données à l'étranger. Une mesure évidemment efficace mais qui peut plus ou moins impacter leur productivité.

D'autres commencent à se tourner vers des solutions alternatives, nettement plus ingénieuses et aussi bien adaptées aux grands groupes qu'aux TPE et PME-PMI. Il en existe aujourd'hui trois grandes familles : les applications de compression des données, pour consommer moins de bande passante ; les offres d'accès à des hotspots (bornes WiFi) avec une couverture plus ou moins grande dans le monde ; et le recours à des cartes SIMs packagées permettant de continuer à utiliser la 3G roaming à moindre coût.

 

Yoann Valensi, Directeur général de MobileGlobe.

 

 

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Commentaires
a écrit le 23/01/2014 à 12:27 :
En complément de l'article, l'opérateur Transatel Mobile inclut depuis longtemps le roaming dans tous ses forfaits.

Les forfaits de Transatel Mobile incluent ainsi les appels vers les fixes et mobiles des 28 pays de l’Union européenne mais également les appels au sein de l’Union européenne (et pas seulement vers son pays d’origine mais bien entre tous les pays de l’UE).

Des options Data européennes permettent de faire complètement disparaître le hors forfait

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