La croissance américaine dépend désormais du reste du monde

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(Crédits : DR)
La croissance américaine semble bien installée, mais des incertitudes demeurent. Les salariés voient leurs salaires réels stagner, ce qui pourrait peser sur la consommation. L'Amérique est plus que jamais dépendante du reste du monde. Par Rémi Lelu De Brach, gérant taux chez Quilvest Gestion

 A la différence des autres grandes régions du globe, l'économie américaine traverse une phase de reprise solide de l'activité, qui va inciter la Réserve Fédérale à entamer un cycle de resserrement monétaire. Pour autant, quelques facteurs d'incertitude exogènes pourraient peser sur la dynamique américaine dans les mois à venir...

Alors que les grandes régions économiques du monde subissent un ralentissement significatif, entre déflation au Japon, désinflation en Europe et moindre croissance en Chine, les Etats-Unis, eux, se distinguent par une reprise robuste. Cet état du cycle très différent de celui du reste du globe s'explique en bonne partie par les remèdes instillés par la banque centrale américaine. Son « quantitative Easing » (relance monétaire via des rachats d'actifs) a débuté bien plus tôt que dans les autres zones économiques et son ampleur a été bien plus importante.

Une sortie de crise plus rapide

Cela a permis à l'économie américaine de sortir plus rapidement de la crise, en évitant notamment l'étape usuelle de tensions déflationnistes. L'action de la Reserve Fédérale a notamment stimulé l'effet « richesse », le consommateur des classes supérieures ayant vu ses actifs financiers (actions, patrimoine immobilier...) se revaloriser grâce aux injections de liquidités garanties pendant plusieurs années par la banque centrale. Elle a aussi permis le retour de la confiance ainsi que le redémarrage des investissements et de la consommation. Les entreprises américaines ont renoué avec la croissance bénéficiaire, en témoignent leurs résultats trimestriels systématiquement supérieurs aux attentes depuis 2010.

Le consommateur américain profite peu de la reprise

Tous les voyants sont donc au vert Outre-Atlantique ? Pas tout-à-fait. Il faut encore parler de phase de reprise pour qualifier l'économie U.S., et non de phase d'expansion, l'étape à suivre, qui se caractérise par le plein emploi. D'une part, la croissance des bénéfices des sociétés ne s'accompagne pas encore d'une croissance structurelle forte des chiffres d'affaires. Autrement dit, la progression des marges des entreprises tient, pour le moment, davantage à la rationalisation des coûts qu'à une nette impulsion de leur volume d'affaires et de leurs parts de marché.

D'autre part, la reprise ne profite pas dans les mêmes proportions au consommateur américain moyen. A la différence des reprises passées, la hausse des salaires reste globalement contenue. Lors de la précédente phase de reprise, les salaires américains progressaient de 3,5% par an, avec une inflation à 2,5%. Depuis 2010, le rythme de revalorisation est plus modeste, de l'ordre de 2%, pour une inflation elle aussi autour de 2%, soit un impact mineur sur le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages.

Interrogations sur le ralentissement économique mondial


Surtout, il ne faut pas négliger l'impact potentiel de facteurs d'incertitude exogènes, de nature à freiner la conjoncture américaine, voire même, selon les scénarii les plus sombres, à « casser » la reprise. Le ralentissement économique mondial pourrait notamment altérer les exportations américaines au cours des prochains trimestres. Un risque contre lequel la banque centrale américaine ne peut, cette fois, pas grand-chose. En effet, la Réserve Fédérale n'a pas véritablement de prise sur les perspectives de croissance dans les autres régions du monde, un constat qui amène l'institution à encourager, implicitement, les autres banques centrales à agir. La récente décision de la Banque du Japon d'intensifier ses rachats d'actifs n'est pas anodine. Si l'économie américaine peut désormais se passer de relance monétaire à son échelle, les autres zones économiques du monde, elles, ne le peuvent pas. A moyen terme, le sort de la croissance économique américaine sera de moins en moins autonome vis-à-vis de l'état de santé économique des autres pays !

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Commentaires
a écrit le 04/11/2014 à 11:00 :
SI LES HOMMES ETE MOINS AVIDE DE POUVOIR ET DE FORTUNE IL CONPRENDRAIS QUE L ONT TOUS BESSOIN DES UNS ET DES AUTRES? ET QUE LES TENTIONS INTERNATIONNALE SET LES GUERRES SONT DEPASSE POUR AVANCE DANS UN MONDE HUMANISTE TE PROCRESISTE IL NOUS FAUT LA PAIX DANS LE MONDE???
a écrit le 03/11/2014 à 21:00 :
Une reprise américaine ? parlons-en! vous avez officiellement 49 millions d'Américains qui vivent de foods stamps soit 4,5 dollar par jour, cela fait 20% de la population adulte ajoutez à cela les 3% officiel de chômage et vous arrivez à plus de 23% de chômeurs . Ces chiffres sont publics monsieur Rémi Lelu De Brach, tapez juste "food stamps" sur google. L'Amérique coule ,le gros bouillon obligataire n'est pas loin, Quand vous savez en plus comment il est difficile d'avoir ces food stamps, comme il faut prouver qu'on n'a plus aucun revenu ....La situation est déjà pire qu'en 1929 ,les bourse ne surnagent que grâce aux Qe c'est à dire la planche à billets . Et vous verrez que bientôt le pauvre Draghi fera de même, il passera aussi à la planche à billets ... Où la bulle obligataire va-t-elle crquer et quand est la seule question valable aujourd'hui .Ecoutez les gens sérieux comme Delamarche , Sapir, Généreux ,Jorion etc ceux qui avaient vu venir 2008, pas les cakes qui gobent les chiffres bidonnés . 49 millions d'Américains à la soupe populaire ne vous effraie pas , moi si .....
Réponse de le 04/11/2014 à 4:55 :
Les pauvres des usa sont riches par rapport aux pauvres de france et ce sont des milliardaires par rapport aux pauvres de l'afrique. C'est bizarre, on pleurniche pour les pauvres américains, mais jamais pour les pauvres des autres pays...
a écrit le 03/11/2014 à 15:56 :
J'aurais commencé par préciser. Le monde : la planète, ou .. le monde hors BRICS..?? Car si c'est le monde à la mode US style Disney, là, c'est mort. La propagande et les bombes ont leurs limites.
a écrit le 03/11/2014 à 14:01 :
Vous, mes amis Allemands, vous auraient du prêter l'oreille à ce qui disait Otto von Bismarck,
dans le sens de rester en termes amicaux avec la Russie et la Chine. Si vous l'aviez écouté, alors il n'aurait pas eu deux guerres mondiales et aujourd'hui vous seriez plus riches que ce que vous êtes.

L'OTAN est un instrument des anglo-saxons pour contrôler l'Europe, c'est le tentacule armé américain dans notre continent. Les deux guerres mondiales ont été tracées et menées par l'Angleterre avec le but unique de ruiner l'Allemagne et la Russie. Après tant de déboires il n'est que maintenant, realpolitik oblige, que l'Allemagne songe à se tourner pour faire partie du giron de la Chine et de la Russie, de la Nouvelle Route de la Soie et ainsi empêcher les Etats-Unis de toute prétention d'y faire partie. Ce n'est pas irréel, bien au contraire, les choses dans ce sens se tissent à ce moment.

En France, cêst dans l'air le "made in France", on parle d'aller investir aux Etats-Unis, la "Dreamland", on réchigne à ne pas livrer les Mistrals à la Russie, on se presse aux portes du salon du chocolat, on raffole des Qataris du PSG…. enfin, parlons toujours.
Réponse de le 03/11/2014 à 15:39 :
En France on vend des Rafales comme des petits pains. Nuance.
Réponse de le 03/11/2014 à 15:53 :
Lettre ouverte... Les Allemands sont toujours en train de payer pour leur défaite dans une guerre qu'ils n'auraient jamais dû faire... Soit, leur responsabilité n'est, je pense, plus en cause. D'ailleurs, pourquoi cette habituelle obsession de richesse..??
a écrit le 03/11/2014 à 12:47 :
elle vie en parasite sur le dos de bons nombres de pays , mais en plus elle a des agences qui se permettent de dégrader avec des notes qui sorte de leurs chapeaux tel ou tel sociétés ou banques l Amérique , ces dirigeant et banquiers on l art et la manière de jouer les parasites
a écrit le 03/11/2014 à 12:38 :
Et désormais elle en deviendra encore plus dépendante. D'ailleurs je vous le disais depuis belle lurette, la crise avec la Russie et la Chine n'a fait que hâter les choses. L'année prochaine les USA seront déjà la deuxième économie mondiale (derrière la Chine), les européennes atlantistes vont lui emboîter le pas (la France se trouvera la 9ème) et les pays du BRICS vont remonter dans le classement. Mais les Hollandes et Merkels de la vie vont continuer à faire leurs courbettes aux cowboys, histoire de vieilles passions hollywoodiennes qui ne meurent jamais...
Réponse de le 03/11/2014 à 13:17 :
Officiellement depuis quelques semaines la Chine est passée devant les USA.
Réponse de le 03/11/2014 à 13:33 :
C'est vrai, Candide ? hourrahhh, alors on va sabler le champagne chez nous !! merci pour l'excellente nouvelle !!!

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