20 ans de chômage des jeunes et des seniors

Xerfi Canal

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En faisant le remake de l'éternel conflit entre « jeunes et anciens », il faut bien sûr prendre la mesure des effets de base qui sous-tendent cette évolution. D'abord, la population des 15-24 ans a stagné sur la période. Par contre celle des 50-64 ans a progressé de 46 %... mais cela n'explique pas tout. Loin de là.
1996,1997, le taux de chômage des jeunes est à un niveau record. Il culmine alors à près de 30 %. La mise en branle des emplois aidés va alors battre son plein, avec notamment le lancement sous le gouvernement Jospin des emplois Jeune en 1997. La montée en charge de ces dispositifs aidés va atteindre un niveau record au tournant des années 2000. Leur effectif dépasse alors les deux millions. Ils permettent au chômage des jeunes de régresser, un effet contraire à l'évolution d'ensemble du chômage...
Une courbe du chômage des jeunes qui tranche avec celle des seniors, dont la situation s'est dégradée jusqu'au milieu de 1999. Une évolution aggravée par l'amorce d'un reflux des dispositifs de préretraite à partir de 1997, un instrument de déguisement intensif du chômage des seniors. La reprise va ensuite imprimer sa marque sur l'évolution de chômage, qui recule sur toutes les catégories d'âge. Il touche un point bas en 2001.
Cette fois-ci ce sont les jeunes qui souffrent le plus. C'est la conséquence de la stabilisation puis du début de reflux des dispositifs d'emploi aidé. C'est désormais une tendance forte de toute la décennie 2000 : les effectifs des emplois aidés vont graduellement diminuer. Les jeunes seront du coup en première ligne du retournement conjoncturel. Il ne faut pourtant pas trop noircir le trait : la situation des jeunes se dégrade certes plus que celle des seniors, mais grosso modo, la chronique du chômage des juniors comme des seniors suit le cycle d'activité : après une légère dégradation jusqu'à la fin de 2004, c'est l'embellie qui s'installe jusqu'à l'orée de la crise financière de 2008.
La situation se dégrade certes pour tous, mais alors que le nombre des chômeurs juniors augmente de 54 % par rapport à son précédent point bas, il bondit de 165 % pour les seniors. D'ailleurs, avec la montée en charge des emplois d'avenir, le chômage des juniors va même bénéficier d'un début de stabilisation au tournant de 2013-2014.
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Par contre, pour les seniors, un cocktail explosif se met à l'œuvre :
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