Cinq bonnes raisons de croire que les entreprises vont mieux

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Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi./ DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, cinq bonnes raisons de croire que les entreprises vont mieux

Cinq bonnes raisons de croire que l'état de santé économique et financière des entreprises françaises s'améliore.

Le sursaut du taux de marge

Après quasiment 4 années de recul, le mouvement s'est inversé courant 2014 et le redressement s'est accéléré après. En bout de course, fin 2015 le taux de marge des sociétés non financières atteignait ainsi 31,4%. C'est 1,6 point de gagné sur un an. C'est beaucoup, un tel sursaut n'était plus arrivé depuis 1986. Cette restauration récente des marges, essentielle à la survie et au développement des entreprises, ne doit pas faire oublier d'où elles partent. Il est donc impératif de prendre un peu de recul et de regarder les évolutions sur longue période.

Il apparait alors clairement que le rattrapage reste encore partiel. Certes, le taux de marge est revenu à son niveau de 2010, mais il demeure encore écarté de 1,3 point de sa moyenne d'avant crise. De même, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne et c'est d'abord l'industrie la grande bénéficiaire de cette remontée, pas les services.

La suite des évènements s'avère donc crucial. Or cela s'annonce plutôt bien : d'un côté, les prix des matières premières restent collés à leurs planchers, ou presque c'est une bonne nouvelle pour les industriels, de l'autre la mise en place de la deuxième tranche de baisse des charge du Pacte de responsabilité vont alléger les charges de toutes les entreprises ou presque. Cela doit mécaniquement permette au taux de marge de confirmer son redressement et se rapprocher un peu plus de son niveau d'avant crise.

Les entreprises repartent de l'avant

L'investissement des sociétés non financières ont bondi de près de 5% au 4e trimestre 2015 en rythme annualisé. Bien entendu, le cycle actuel est sans commune mesure avec ceux qui l'ont précédé où les poussées pouvaient atteindre près de 15% mais, 5% c'est finalement la meilleure performance depuis deux ans. Les plus grincheux y verront seulement l'effet d'aubaine lié au dispositif de suramortissement qui permet de déduire du bénéfice fiscal 40% de sommes engagées sur des investissements productifs. Effets d'aubaines d'autant plus importants que le suspense sur le maintien du dispositif sur 2016 avait duré. C'est en partie vrai.

De même, ces nouvelles dépenses d'équipements sont dictées par la nécessité de maintenir en l'état ou simplement mettre à niveau l'appareil productif après plusieurs années de sous-investissement. C'est vrai aussi. Mais si les entreprises investissent c'est aussi parce que l'outil de production est mis sous tension. Légèrement certes, les TUC gagnent seulement 1,2 point et n'ont pas retrouvé leur moyenne de long terme.

L'accélération de l'activité pousse à investir et à embaucher

Les créations d'emplois dans la sphère marchande sont en nette hausse. Après 3 années de baisse, 82 000 postes nets ont été créés l'année dernière. Là aussi les différentes mesures d'aides ont leur rôle car elles ont enrichi la croissance en emplois. Il s'agit aussi principalement d'emplois intérimaires. Peut-être, mais c'est la meilleure performance depuis 2007 ! Autre raisons d'être optimiste, les chefs d'entreprise eux-mêmes anticipent une accélération de leur activité : par rapport à leur moyenne de long terme, tous les soldes d'opinions sur l'activité à venir sont supérieures à leur moyenne de long terme dans toutes les branches d'activité à l'exception des services.

Mais, l'ultime le juge de paix on le sait ce sont les défaillances d'entreprises. Certes la courbe est heurtée mais la tendance est nettement à la baisse et en cumul sur 12 mois à fin février la sinistralité était revenue à son niveau de la mi-2013. Ce mouvement très favorable devrait perdurer tout au long de 2016. Remontée des marges, investissement et emploi en progrès, perspectives d'activité globalement en hausse, recul des défaillances voilà bien cinq bonnes raisons d'être optimistes pour les entreprises cette année.

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