• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
OpinionsTribunes

Comment le ressentiment nourrit le vote RN dans les zones rurales

Kevin Brookes

Publié le 30 septembre 2023 à 07:06

Photo d'illustration

Photo d'illustration

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Incendies : Positive Aviation franchit une étape décisive pour transformer un ATR en alternative au Canadair

  • 2

    Moyen-Orient : la guerre du détroit aura bien lieu

  • 3

    Pétrole : le Panama va prendre la main sur un oléoduc, « l'une des infrastructures stratégiques les plus importantes du pays »

  • 4

    Cyclisme : du changement dans la direction de l'équipe de Paul Seixas

  • 5

    Saturation du réseau électrique : 2 500 producteurs d’énergie renouvelable dans l’attente de solutions de raccordement

  • 6

    « L'effort concerne tout le monde » : David Amiel, ministre des Comptes publics, alerte sur le budget

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
ANALYSE. Les habitants des zones rurales se sentent méprisés sur les plans politiques, économique et culturel, une impression qui nourrit un vote de ressentiment. Par Kevin Brookes, Université Grenoble Alpes (UGA)

La dernière élection présidentielle a réactivé des discussions sur l'existence de fondements géographiques à la fracture politique entre les Français. Il y aurait selon certains acteurs du débat public, une opposition entre la France des grandes métropoles d'un côté et la France de la périurbanité et de la ruralité de l'autre.

Cette problématique est au cœur des réflexions de nombreux partis politiques aujourd'hui, notamment au sein de la gauche, comme en témoigne la polémique suscitée par l'intitulé de l'une des tables rondes organisées par le Parti socialiste (« La France périurbaine est-elle la France des beaufs ? »).

De nombreuses études universitaires montrent que le niveau de soutien pour le Rassemblement national (RN) est plus fort dans les territoires ruraux et périurbains que dans les grandes agglomérations, tandis qu'à l'inverse le niveau de soutien à LFI est bien plus faible sur ces territoires.

S'il existe un certain consensus sur ce constat descriptif - même si certains chercheurs dénoncent le caractère trop généralisant de ces catégories ou nuancent l'ampleur de la division -, il y a dissensus sur l'explication qu'on peut avancer pour rendre compte de ce phénomène. Nous indiquions dans un précédent article que ce soutien aux partis d'extrême droite n'était certainement pas réductible à la situation économique et sociale sur les territoires. Cet article pose que l'opposition entre les territoires ruraux et urbains comporte une dimension psychologique importante.

La conscience rurale

Les recherches en science politique à l'international mettent de plus en plus en évidence des facteurs de nature psychologique pour expliquer le comportement politique différencié des populations rurales. C'est le cas notamment des travaux qui mobilisent la grille d'analyse établie par la politiste Katherine Cramer pour saisir l'ascension politique d'un gouverneur républicain populiste dans le Wisconsin.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

Elle montre, en rendant compte des conversations entre les habitants, qu'il existe une véritable conscience rurale basée sur l'identification sociale à un lieu de vie et un ressentiment vis-à-vis des habitants des zones urbaines qui revêt trois facettes.

Tout d'abord politique : les ruraux ont le sentiment que leurs préoccupations ne sont pas prises en compte par les dirigeants politiques et qu'ils sont insuffisamment représentés. Puis économique : ils ont l'impression d'être les derniers à bénéficier des ressources publiques. Enfin, culturelle : l'idée que leur mode de vie est radicalement différent de celui des urbains et qu'il est méprisé.

Bien que le contexte américain soit différent à bien des égards, les concepts de Katherine Cramer nous semblent pertinents pour éclaircir le cas français pour deux raisons. D'une part, parce que les écarts de comportement électoral entre les ruraux et les urbains ne peuvent se résumer à la composition économique et sociale des territoires. D'autre part, parce que des travaux sociologiques indiquent qu'il existe dans la ruralité une forte identification au lieu de vie liée à l'appartenance des habitants à des réseaux d'interconnaissances localisés et qui se définissent en partie en opposition à d'autres groupes géographiques.

Un ressentiment géographique plus fort chez les ruraux

Notre enquête par questionnaire pour le projet européen « Rural Urban Divide in Europe » (RUDE) menée en France sur 4000 répondants en octobre 2022 fait apparaître un fossé géographique au niveau du ressentiment que les individus éprouvent vis-à-vis d'habitants d'autres zones géographiques.

ooo
Photo d'illustration (Crédits : Reuters)

Figure 1 - Ressentiment géographique sur quelques questions en fonction du lieu de vie Note : les « autres zones » correspondent aux zones rurales pour les urbains, aux zones urbaines pour les habitants des zones rurales et péri-urbaines. Données de l'équipe française de RUDE, Author provided (no reuse)

La différence de niveau de ressentiment entre les ruraux et les urbains est particulièrement marquée en ce qui concerne le pouvoir politique. En effet, comme le montre la figure 1, 72 % des ruraux se sentent méprisés par les élites, contre près de moitié moins chez les urbains.

En outre, ce clivage est plus accentué encore sur la question de la représentation politique, puisque seulement 36 % des urbains pensent qu'il y a trop de députés ruraux qui ne représentent par les intérêts des habitants des zones urbaines, tandis qu'à l'inverse, 82 % des ruraux considèrent qu'il y a trop de députés issus des zones urbaines et qui ne représentent pas les intérêts des habitants qui vivent dans les zones rurales. Il est intéressant de noter que ce ressenti ne correspond pas à la représentativité effective des députés à l'Assemblée nationale où les zones rurales sont plutôt surreprésentées.

La perception de l'allocation des ressources publiques creuse le fossé

Toutefois, c'est la mesure du niveau de ressentiment vis-à-vis de l'allocation des ressources publiques qui constitue le fossé le plus important entre ruraux et urbains. Les habitants des zones rurales ont le sentiment, assez marqué, d'être moins bien dotés en ressources publiques par rapport aux autres zones géographiques. 85 % des ruraux pensent que le gouvernement dépense trop d'argent pour le développement des zones urbaines, alors que le développement des zones rurales serait laissé de côté. En revanche, seulement 23 % des urbains sont d'accord avec l'affirmation inverse, confirmant ainsi l'existence d'un sentiment particulièrement prononcé chez les ruraux d'être abandonnés par les pouvoirs publics.

Là aussi, ce ressenti contraste fortement avec la réalité objective. Les travaux de l'économiste Laurent Davezie ont montré à plusieurs reprises que non seulement l'État investissait fortement dans ces territoires, mais qu'il y avait une forme de redistribution fiscale des habitants des grandes agglomérations vers les territoires ruraux. Enfin, ce clivage s'observe également concernant le ressentiment vis-à-vis des différences de mode de vie et valeurs selon les zones géographiques.

Pour le dire autrement, les habitants des zones rurales s'estiment en décalage et se sentent méprisés : 65 % des ruraux pensent que les personnes issues des zones urbaines ne respectent pas assez le mode de vie des personnes issues des zones rurales.

Un ressentiment géographique aux conséquences politiques lourdes

L'ensemble de ces résultats rejoignent ceux du sociologue Benoît Coquard qui concluait son enquête auprès de jeunes ruraux de l'Est en considérant qu'ils estimaient « ne pas compter aux yeux du pays, ou de ceux qui les gouvernent ». Il semble assez évident que ce ressentiment géographique asymétrique puisse influencer le vote des habitants de la ruralité.

D'autres données issues de l'enquête RUDE, présentées ci-dessous (cf. figure 2), nous donnent un aperçu de ces conséquences politiques. Les ruraux sont d'autant plus enclins à voter pour le « Rassemblement national » à une élection prochaine qu'ils éprouvent du ressentiment vis-à-vis des urbains.

ooo
Photo d'illustration (Crédits : Reuters)

Figure 2 - Niveau de soutien pour les trois principaux partis (%) Note : Question posée aux répondants : « S'il y avait une élection présidentielle dimanche prochain, pour quel parti voteriez-vous (échantillon de votants sûrs de leur choix de parti, soit 2 897 répondants sur 4 049) ? « . Nous avons codé les individus avec un ressentiment supérieur à 4 sur une échelle de 1 à 5 comme des individus exprimant un haut niveau de ressentiment géographique. Données de l'équipe française de RUDE, Author provided (no reuse)

En effet, le score du Rassemblement national est déjà plus élevé de 10 points de pourcentage chez les ruraux par rapport à la moyenne, mais de plus de 22 points chez les ruraux qui éprouvent un ressentiment géographique. Ainsi, s'il y avait une élection prochainement, les ruraux avec du ressentiment géographique voteraient deux fois moins que la moyenne nationale pour le parti « Renaissance », mais deux fois plus pour le « Rassemblement national ».

Plusieurs constats

Ces résultats nous invitent à poser plusieurs constats. Tout d'abord, il convient de souligner l'importance du contexte géographique pour rendre compte des représentations politiques des individus. Ensuite, de constater l'existence, à l'instar des États-Unis, d'une certaine forme de « conscience rurale », fondée sur une « politique du ressentiment ». Enfin, ces résultats conduisent à mettre en avant un écart important entre la réalité des inégalités territoriales et la perception qu'en ont les individus.

Les représentations qu'ont les individus des territoires où ils vivent, en comparaison avec les autres, jouent un rôle essentiel. Or, il est probable qu'elles soient en partie façonnées par les discours médiatiques et politiques. À cet égard, le RN a réussi à convaincre une partie des électeurs ruraux qu'il était le parti d'une ruralité abandonnée et méprisée.

À lire également

  • Sénatoriales : le RN fait son retour, Gérard Larcher (LR) devrait être réélu président
  • Ce que le Rassemblement national veut changer à l’école
  • Entre le Rassemblement national et la Russie, une longue lune de miel

Face à cela, il convient pour les autres forces politiques de prendre en compte cette forme de « conscience rurale », fondée sur le ressentiment, pour construire un autre discours, qui ne soit ni misérabiliste, ni condescendant, et qui fasse sens vis-à-vis des représentations des habitants des zones rurales.

Par Kevin Brookes, Post-doctorant à Sciences Po Grenoble - Laboratoire PACTE, Université Grenoble Alpes (UGA)

Cet article a été co-rédigé avec Blaise Mouton, étudiant en Master à Sciences Po Grenoble.

Kevin Brookes

Sur le même sujet

Sanjay Pulipaka

OPINION. « Souveraineté numérique : l'Europe ne peut plus se contenter de réagir aux ingérences »

Idées & Débats
Sébastien Boussois

OPINION. « Meloni, Takaichi : une nouvelle droite féminine décomplexée au pouvoir »

Pendant des décennies, l’arrivée des femmes aux plus hautes responsabilités a été accompagnée d’une promesse implicite : elles introduiraient une politique plus douce, plus consensuelle, plus horizontale et plus sensible. Comme si l’autorité, la puissance et l’affirmation de l’intérêt national étaient nécessairement des attributs masculins et qu’il fallait desormais tout autre chose pour réussir en politique.

Idées & Débats
Bertrand Piccard

OPINION. « ETS et long-courriers : l’Europe ne doit pas rater l’embarquement »

Alors que la Commission européenne s’apprête à réviser son système d’échange de quotas d’émission (SEQE), l’une des questions importantes qui se posent est de savoir si les vols internationaux doivent rester en dehors du système ou y être enfin intégrés.

Idées & Débats
Gabriel Gaspard

OPINION. « Présidentielle 2027 - dette publique : faut-il changer de paradigme ? »

Les signaux de la Cour des comptes sont tous alarmants. Le débat sur l'endettement de la France enflamme la présidentielle. La dette devient-elle hors de contrôle ? Faut-il des solutions douloureuses ou une vraie alternative à nos finances publiques ?

Idées & Débats
agir

OPINION. « Redonner aux jeunes le pouvoir d’agir : quand entreprendre remet en mouvement »

Par les 25 membres du collectif Entr&prends ton Avenir et 13 représentants de l’écosystème associatif de la jeunesse.

Idées & Débats
Julien Chaverou

OPINION. « Pour un pacte de soutien a l’ameublement français et europeen »

La France et l’Europe ont une histoire longue et remarquable dans le secteur de la décoration et de l’ameublement. Les trois dernières décennies ont changé radicalement les méthodes, les moyens et les habitudes. Aujourd’hui, comme dans la mode, il y a ce sentiment étourdissant que, soudain, tout s’écroule.

Idées & Débats
Amaury Goguel

OPINION. « Et si les grilles d’analyse des Institutions Financières Internationales alimentaient les polycrises ? »

La décision est passée presque inaperçue. Pourtant, en septembre 2025, Pékin a provoqué un véritable séisme silencieux dans la gouvernance mondiale en renonçant officiellement à son statut de « pays en développement » à l’Organisation mondiale du commerce.

Idées & Débats
Sarah Bagnon-Szkoda

OPINION. « CSRD : le reporting de durabilité entre dans son âge de raison »

La CSRD a d’abord été perçue comme une contrainte. Une norme de plus, venant s’ajouter à un environnement réglementaire déjà dense. Sa mise en œuvre a souvent été vécue comme un chantier lourd, technique, coûteux, déployé dans des délais serrés par des entreprises déjà saturées par les obligations de reporting.

Idées & Débats