Comptabilité carbone et ESG : un actif stratégique qui se réfléchit « by design »
Rachel Delacour

Photo d'illustration
DR
Rachel Delacour

Photo d'illustration
DR
Croissance et recherche de rentabilité sont au cœur des efforts. Pourtant, avec la directive CSRD et son champ d'application étendu à plus de 50.000 organisations européennes dont des PME cotées en bourse, il est aujourd'hui évident que la transition vers une économie durable est une priorité incontournable, dès les premiers pas d'une entreprise. Celles qui sont encore de petites et très petites entreprises ne peuvent plus envisager leur chemin vers la rentabilité sans être capable de cartographier l'ensemble de leurs données ESG et carbone. Cette comptabilité « by design » - à savoir délibérement intégrée dès la conception et adapté sur mesure - est un levier stratégique essentiel pour une croissance durable et responsable.
En juin dernier, une étude du C3D, l'association des directeurs RSE, révélait que 6 entreprises sur 10 prévoyaient de recruter des ressources dédiées pour appliquer la CSRD. Cette surcharge de travail, induite par ce nouveau reporting, entraîne de fait des coûts supplémentaires pour les entreprises concernées et témoigne de l'impact financier et humain substantiel que représente la mise en conformité avec les nouvelles exigences réglementaires.
Pour les petites entreprises, qui ne disposent pas des mêmes ressources que les grands groupes, ces coûts peuvent constituer un obstacle majeur à leur développement. Pourtant, et même si cela semble contradictoire à première vue, il est urgent pour les petites structures de se saisir de ce sujet au plus vite dans leur développement. N'ayant pas les mêmes ressources financières que des grands groupes, elles doivent anticiper davantage la mise en conformité et le travail d'analyse de double matérialité. C'est pour elles le seul moyen d'en limiter les coûts dans le futur.
En intégrant son impact climatique dès le début de sa croissance, une entreprise peut non seulement satisfaire les attentes grandissantes des consommateurs, mais aussi anticiper les futures réglementations. À l'heure où les consommateurs privilégient les produits et services respectueux de l'environnement, les structures qui savent mesurer leur durabilité dès leurs premiers pas deviennent alors mieux placées sur un marché de plus en plus concurrentiel et encadré.
Une gestion proactive de son impact carbone et ESG peut également jouer un rôle déterminant dans l'obtention de financements. De plus en plus d'investisseurs privilégient désormais des entreprises capables de démontrer une mesure transparente, granulaire et auditable de leur impact environnemental et social. En adoptant une approche ESG solide, une entreprise peut donc attirer des investisseurs tout en renforçant sa crédibilité auprès de l'ensemble de ses parties prenantes.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pour les jeunes entreprises, se positionner comme un acteur responsable est plus qu'un simple avantage concurrentiel : c'est un impératif stratégique. Dans un contexte où les attentes sociétales évoluent rapidement, les entreprises qui négligent ces aspects risquent de se retrouver marginalisées. À l'inverse, celles qui intègrent ces préoccupations dès le départ seront mieux armées pour naviguer dans un environnement économique en constante évolution. La mesure de l'impact climatique et social devient alors inévitable. Mais cela ne peut en aucun cas se faire à l'improviste. Les entreprises capables de l'intégrer à leur stratégie de croissance et d'en faire un actif stratégique dès leurs premiers jours d'existence seront les leaders de demain.
_____
(*) Rachel Delacour est la cofondatrice et CEO de Sweep, la plateforme innovante de gestion des données Carbone et ESG des entreprises et des acteurs financiers qui compte parmi ses clients L'Oréal, Bouygues, Mubadala Capital, SSE et bien d'autres qui sont soumis aux réglementations telles que la CSRD.
Rachel Delacour