Créer un consortium européen sur l'IA de défense pour juguler le déclassement de l'Europe
Ghislain De Pierrefeu

Photo d'illustration
DR
Ghislain De Pierrefeu

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Le rapport Draghi sur la compétitivité de l'Europe, puis l'élection de Donald Trump et de son aiguillon techno-libertaire Elon Musk, sonnent le glas des communications sur l'IA européenne qui mesuraient jusqu'à présent nos succès en nombre de startups IA et en levées de fonds records (pour l'Europe). Malgré les bonnes nouvelles de quelques bons soldats qui sautent encore courageusement les haies de notre régulation prolixe et de notre technophobie... ni les entreprises ni les gouvernants n'ont pris la mesure de cette nouvelle révolution industrielle et géopolitique.
Le déclassement de l'Europe sur l'IA se joue sur trois tableaux
Compte tenu du retard accumulé et de la faiblesse des capacités d'investissement européenne, un seul chemin semble possible pour la puissance publique : se focaliser pour créer l'Arianespace de l'IA de défense.
Pour mémoire, après-guerre, la France acte que les lancements spatiaux ne peuvent être laissés aux seuls Russes et Américains. La France lance son premier satellite en 1965, mais comprend vite que seule une approche paneuropéenne est viable. La Belgique parvient à aligner l'Europe derrière le lanceur Ariane. En 1980, Ariane ouvre sa technologie à un usage commercial pour avoir la surface critique nécessaire à sa recherche et à son développement et créé Arianespace. C'est un succès.
Pourquoi ne pas s'en inspirer en créant une agence européenne de l'IA de défense (dans la continuité de l'initiative française Amiad), en charge d'assembler toute la chaîne de valeur de l'IA et vers laquelle seraient fléchés les investissements. Ceci se fera en s'appuyant bien sûr sur les champions européens de chaque maillon qui auront leur propre développement par ailleurs, mais gagneraient à se voir financer des recherches et développements de pointe.
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L'offre de cette agence pourrait être rapidement commercialisée constituant une libération pour tous les acteurs souhaitant utiliser une IA réellement souveraine et qui aujourd'hui sont contraint d'avoir recours aux solutions américaines à l'instar du fameux health-data-hub dans le domaine de la santé.
Évidemment, en objectif secondaire, rien n'empêche ce dispositif de travailler sur des IA plus vertueuses, éthiques et frugales qui seront demain une attente d'autres acteurs dans le monde.
Ghislain De Pierrefeu