Et maintenant, le tous contre Macron ?

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L'enjeu pour Emmanuel Macron sera de rapidement marketer l'audience et le momentum individuel de sa victoire présidentielle en future préférence législative collective dans une majorité des 577 circonscriptions législatives. Par Jean Christophe Gallien, Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, Président de j c g a, VP de Zenon7

Nous avons donc notre Justin Trudeau à nous ! Les français ont préféré élire le plus jeune président de la République que la première femme présidente. Emmanuel Macron, 8e président de la 5é République ! Qui pensait cela possible en septembre dernier ? Comment un homme, ministre pendant 2 ans seulement, sans mandat, sans parti politique, démissionnaire il y a 8 mois seulement de l'équipe de François Hollande dont il était à la fois acteur et héritier du mandat et du bilan, a pu réaliser ce qui est un réel exploit politique ?

Tout a été dit, talent, opportunisme, agilité, plan média gratuit, affaires, choix des puissants, ... il y a eu comme du vaudou politique dans cette incroyable réussite électorale !

Rien n'est certain

Le mage Emmanuel Macron saura-t-il reproduire cette magie dans la première séquence gouvernementale et surtout lors de la furieuse bataille des législatives qui s'annonce et qui débute dès cette semaine ? Tout est possible mais rien n'est vraiment certain !

Les particularités des chiffres du second tour et surtout l'inédit mais immédiat « tous contre le Président élu » chanté en cœur dimanche soir et lundi par tous les battus du premier et du second tour annoncent deux séquences complexes pour Emmanuel Macron.

Messages de combat

Dès dimanche soir fleurissaient des messages de combat. Résultat déroutant et inquiétant pour Jean Christophe Cambadélis, Président élu sans envie pour Laurent Wauquiez. Président faible pour la France insoumise qui évoque même un Président minoritaire qui sera bientôt dans l'opposition !!! Les plus neutres venant finalement de l'entourage de Marine Le Pen.

On attendait une forme hybride d'opportunisme par des alliances collectives et des démarches individuelles de ralliements adossées au pragmatisme de la victoire mais il semblerait que c'est bien davantage de revanche qu'il s'agit pour tous les battus du premier et du second tour ! Ils semblent tous vouloir surfer sur la nature composite et surtout par défaut pour partie du vote en faveur d'Emmanuel Macron au premier et au second tour.

Alors mise en minorité du Président Macron ou explosion définitive du PS, nouvelle défaite des Républicains et du Front National et reflux de la vague de la France Insoumise ? Que vont décider les français ?

Désertion citoyenne

Comme nous l'évoquions jeudi dernier dans ces colonnes après le débat en forme de « Fight Club Présidentiel », la réalité citoyenne de notre pays, ce sont de multiples fractures qui changent et fragmentent notre société en profondeur. C'est aussi une désertion citoyenne qui s'est confirmée ce dimanche avec 25,44% d'inscrits qui ne sont pas allés voter. Cette élection présidentielle enregistre le taux d'abstention le plus élevé pour un second tour depuis 1969, et dimanche plus de 4 millions d'électeurs - 8,6% des électeurs inscrits et 11,5% des votants - ont glissé un bulletin blanc ou nul dans l'urne : record absolu sous la Ve République ! Notre société c'est aussi une violence latente qui frémit et émerge de plus en plus souvent au gré des événements de rue.

Tout indique que nous aurons bien un 3e tour gouvernemental et deux tours législatifs de combat !

L'enjeu pour Emmanuel Macron sera de rapidement marketer l'audience et le momentum individuel de sa victoire présidentielle en future préférence législative collective dans une majorité des 577 circonscriptions législatives. Quel premier Premier ministre ? Quelle premier casting gouvernemental ? Et demain quelles troupes pour le combat législatif ? On sent bien qu'un lien organique semble se tisser avec une partie des élus législatifs du Parti Socialiste voire même avec quelques Républicains. Quelle place va-t-il réserver aux acteurs de la société civile moteurs de la conquête d'En Marche ?

Il faudra beaucoup de talent et encore une bonne dose de vaudou politique pour qu'Emmanuel Macron gagne une nouvelle bataille qui s'annonce sauvage et imprévisible.

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a écrit le 09/05/2017 à 19:07 :
en votant Macron les Français ont d'abord voté contre Le P'en , mais pas pour le programme Macron ! on parle beaucoup d'une entente inter -partis pour voter les réformes : impossible ! exemple les retraites : le PR dit retraite à 65 ans , Le Pen et la Gauche disent retour à 60 ans ! et Macron reste à 62 ans ! un panier de crabe ! pour les étrangers : la droite et le FN veulent la fin du droit du sol , la fin du regroupement familial la fin de l'AME etc etc , la gauche et Macron sont plus laxistes !Macron n'arrivera pas à créer une voix unique pour ses non-'réformes à la Hollande
a écrit le 09/05/2017 à 10:07 :
Les Français étant un peuple d'insatisfaits chroniques, quoiqu'on fasse ils ne sont jamais contents...des em...deurs quoi.
Réponse de le 09/05/2017 à 15:18 :
C'est vrai virtute et machin, la France ne vous mérite pas. Vous devriez partir loin très loin afin que notre médiocrité ne vous fasse pas de l'ombre.
a écrit le 09/05/2017 à 9:24 :
les macron bashing est "en marche" il faut lui laisser sa chance même si je suis un peu sceptique sur beaucoup de ses soutiens opportunistes qui ont largement contribués aux défaillances du pays
a écrit le 09/05/2017 à 8:24 :
Que le mécontentement soit au plus haut, c'est certain. Il reste cependant à expliciter, et surtout définir les moyens à mettre en oeuvre pour réduire nos problèmes de notre économie. et là, bien sûr, nous sommes très loin du consensus, entre les frondeurs rêveurs qui veulent d'abord distribuer et les plus libéraux qui demandent effort de rigueur dans la gestion (et de la dette), et que l'état cesse de leur compliquer la vie.. Beaucoup dents concitoyens râleurs ne se posent même pas la question sur ce qu'il faudrait faire pour améliorer la situation, qui pour la plupart, compte tenu de la redistribution stratosphérique (30% du PIB, 700 milliards) que pratique la France, n'est d'ailleurs pas si terrible que cela.
a écrit le 08/05/2017 à 22:38 :
Vaudou politique! J'adore ! Et c'est si vrai ! Il va réussir à faire pareil sur les législatives

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