Feux de Brousse : en attendant le « variant français » !

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(Crédits : Jean Brousse LT)
CHRONIQUE. Ingénieur, éditeur, observateur attentif des sociétés, du monde et des gens, Jean Brousse, corrézien, bretteur de mots, a publié "Deux mois ferme", collection de ses chroniques quotidiennes du confinement. Il tiendra dans La Tribune une revue du couvre-feu/reconfinement, intitulée comme il se doit Feux de... Brousse.

On est donc à peu près sûr que 70 millions de français seront vaccinés avant la fin de l'été, dixit Macron. Superbe exploit pour le pays de Pasteur qui n'a, pour l'heure, produit aucun vaccin, seul parmi les membres du conseil de sécurité de l'ONU !

Jean Castex monte au front, tant qu'on n'est pas reconfiné. Le Premier ministre prend même en urgence la parole depuis l'Elysée, une première, pour ne rien annoncer : on ne prenait plus, anyway, l'avion pour New York, et nous croyions jusqu'alors que les forces de l'ordre faisaient déjà leur boulot.

Ainsi, la panique précautionneuse gagne les autorités. Le « variant français », redoutable entre autres,  est à l'œuvre et le rere - re ? - confinement menace encore. Le général en chef résiste contre le haut commandement sanitaire et les courbes assassines. Saura-t-il toujours décider, quoi qu'il en coûte ? Le peuple résigné, mais de plus en plus excédé, soumis aux signaux de médias rendus au statut de pythies, attend l'oracle. La fronde menace.

Comme souvent, les forces de l'imagination et de la créativité, aux avant-postes de la vie à venir, les acteurs de la culture encalminés par le mauvais virus et touchés plus que d'autres se révoltent.

Dans un communiqué du 26 janvier, France Créative (1) souligne l'impact majeur de la crise économique  sur ce secteur, avec une  chute de 32 % de son chiffre d'affaires en France (de 643 à 444 Milliards d'euros en Europe) pour 2020. « Cette situation désastreuse pourrait causer des dommages irréparables au tissu économique du secteur et mettre en péril sa contribution essentielle au lien social et à l'identité de l'Union européenne » comme le reflète l'étude menée par EY pour le Gesac (2), qui valorise « la place centrale que les ICC peuvent occuper dans la relance européenne grâce à leur réservoir de créativité, à la diversité et à la capacité d'adaptation des talents qu'elles regroupent ».

On parle là de 7,6 millions d'emplois créatifs en Europe, 1,3 millions en France (plus de deux fois ceux des télécom et de l'automobile réunis), pour la plupart jeunes et dynamiques, entreprenants, peu avares de leur temps ni de leur talent, issus de toutes les couches de la société, témoins de leur époque et inventeurs de ce « monde d'après », qu'il convient d'imaginer. Les saltimbanques, les poètes et les musiciens font la vie belle ! Rêve-t-on encore du monde d'avant ?

On peut également parler des près de 3 millions d'étudiants, privés de rencontres avec leurs enseignants, d'échanges avec leurs coreligionnaires, privés des colloques spontanés - et des colocs - sans fin où l'on refait le mode, privés de ce terreau fécond, nécessaire quand on a vingt ans, qui fait éclore vocations et ambitions. Là se nourrit demain, là renait l'envie du progrès plutôt que le confort de la frilosité. Ils frôlent le « burn-out », terriblement seuls devant de ternes écrans. On trinque moins bien devant Zoom. Restaurons l'optimisme joyeux de la jeunesse. Parlons aussi des centaines de milliers de jeunes entrepreneurs enthousiastes aux prises avec leur trésorerie, leurs marchés, leurs espoirs, et les mystérieux arcanes de la bureaucratie.

Pendant ce temps, on vaccine, quand on a les fioles, les aiguilles et les doses, nos ainés de plus de 75 ans. Certes, on meurt plus à cet âge, et la mort fait peur. Aux dernières élections présidentielles, au premier tour, 51% des moins de 35 ans votaient extrêmes ou populiste, contre 10% des plus de 65 ans (3). Qui vote quoi ? On le verra dans pas longtemps. Le choc Macron-Le Pen à 52%/48% pour le second tour, selon un sondage, l'autre variant français qui menace...


(1) Créé en 2012, France Créative est le regroupement des acteurs de toutes les filières des secteurs culturels et créatifs ayant fait émerger dans le débat national et européen le poids de l'économie culturelle et créative par la publication de plusieurs panoramas économiques.

(2) « Re-building Europe, the cultural and creative economy before and after COVID-19 » EY/Gesac, Janvier 2021.

(3) Enquête Opinion Way, Avril 2017

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Commentaires
a écrit le 04/02/2021 à 14:15 :
Chacun veut le sien, et a l'air d'en être fier! La grande tentation, c'est de vouloir créer "des rentes" avec un manque immunité naturelle, a l'image de la lutte contre le réchauffement climatique!
a écrit le 04/02/2021 à 14:12 :
Une énième conséquence du néolibéralisme et de cette copulation permanente entre politiciens et hommes d'affaires leur rendant leurs revenus toujours plus gros sans rien faire.

Et le pire était de voir et d'entendre nos débilos des médias de masse se gausser voir insuletr les russes et leur vaccin !

L'aliénation européenne n'a pas aidé, concue par les banquiers allemands et français pour les banquiers allemands et français c'était un échec assuré mais ils l'ont quand même fait car de cette échec est né des milliers de milliards dans leurs paradis fiscaux adorés.

A un moment le déclin il vaut mieux y mettre fin parce que leur pathologique bêtise du fait de leur maladive cupidité les condamne à sans cesse faire pire, or c'est systématiquement nous autre à subir les conséquences de cette escalade.

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