Bonne année, Monsieur le Président. Et surtout la santé !

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(Crédits : Jean Brousse LT)
CHRONIQUE. Ingénieur, éditeur, observateur attentif des sociétés, du monde et des gens, Jean Brousse, corrézien, bretteur de mots, a publié "Deux mois ferme", collection de ses chroniques quotidiennes du confinement. Il tiendra dans La Tribune une revue du couvre-feu, intitulée comme il se doit Feux de... Brousse.

Bonne année, Monsieur le Président !

Bonne année, Monsieur le Président. Vous nous avez assurés, ce 31 décembre à 20 heures, de votre reconnaissance. Merci, mais c'était presque le moins que nous puissions espérer.

La solidité de la nation, certes, mais certains s'interrogent. « Seras-tu là ? ». Serez-vous là, comme vous l'affirmez, pour la culture, le sport, les restaurants ? Pourtant, « Il suffirait de presque rien » ... Par exemple, permettre aux saltimbanques, aux champions et aux maîtres des fourneaux d'exercer librement ces arts non essentiels qui donnent pourtant tout son goût à la vie.

« Non, je n'ai pas changé » ... Avons-nous constaté « ces changements en profondeur dans notre système de santé » que vous évoqués, hors l'accélération des incertitudes et quelques virages « stratégiques » ?

Chouette ! Le Brexit enfin consommé, nous allons - promis - retrouver la maîtrise de notre destinée. L'aurions-nous donc perdue ? Inquiétant.

Notre réaction face à l'épidémie reste pour vous notre « boussole », comme en témoignent dans un long cortège terriblement ordonné Marie-Corentine, Jean Luc,  Maxime, Gérald, Lucas, Rosalie, Romain, Mehdi, Wendy et Mauricette, entrepreneur, écolier, libraire, gendarme, professeur  d'économie sociale, footballeuse et première vaccinée, d'Angers, Béthune, Bagnolet et Sevran, que nous sommes si heureux de connaître.

J'aurais aimé vous présenter mon fils Louis, restaurateur, mon cousin Bertrand, comédien, et mon ami Lamine, rugbyman. Votre leçon est parfaite, Monsieur le Maître d'Ecole. Vos élèves - nous ! -  ont bien compris les contours du remarquable portrait chinois du pays que vos conseillers ont ainsi dessiné. Mais nous ne sommes plus à la communale.

So what ? Quid ?

Unité, pour le moins ! Résilience, à la mode. « Tout est possible, et nous ferons face ... »
Ecologie, biodiversité, valeurs de la République, mérite et travail, le catalogue est évidemment complet ... Mais quand, et comment ?

Youpi, l'espoir est là : le vaccin ! Encore distribué chez nous avec prudence, précaution et parcimonie. De quoi justifier votre juste colère sur la nécessaire délégation consciente des décisions et des responsabilités, sur l'absurdité de notre bureaucratie, sur la rigidité de notre haute fonction publique, sur la confiance sereine et déterminée que mériteraient nos corps intermédiaires.

« La relance sera plus vive en France qu'ailleurs ... dans la liberté ...  avec la force de notre culture ... avec efficacité et bon sens ...  pour notre jeunesse ..., pour que nous soyons fiers d'être nous ... ». Otez votre masque, on vous a reconnu, et les Français, s'ils ne sont parfois pas tout à fait fiers de leurs élites, sont fiers d'être français, « quoi qu'il arrive », et souffrent évidemment de l'hypercentralisation ambiante.

Votre intention louable, et sans doute clairvoyante,  de construire la France de 2030 - sautons allègrement 2021, 2022 et 2027 - ne leur interdit pas de s'interroger sur celle de 2021. Quelle forme prendra cette renaissance que vous annoncez ? Vous voulez « refonder une société ». En son temps, il n'y a pas si longtemps, vous nous promettiez, vous le premier, de « nous réinventer ».

Re-Chiche, mais n'y revenez pas.
Bonne année, Monsieur le Président. Et surtout la santé ! Rendes-vous au printemps donc...


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Commentaires
a écrit le 05/01/2021 à 13:10 :
"Et surtout la santé !"

La prison ?
a écrit le 05/01/2021 à 8:58 :
Bonne année à toute la Tribune (vous connaissez le texte joint qui n'est pas de moi?).

Je voulais vous souhaiter une bonne année 2021 mais au vu des voeux souhaités pour 2020, j'hésite....
Après consultation d'un avocat, nous nous rendons compte de l'imprudence de la formulation prévue.
Vous souhaiter une bonne année, une bonne santé et la prospérité nous soumet en effet au risque de poursuites pénales...
Voici donc la version rectifiée de nos vœux qui est en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution.
Nouvelle formulation :
Nous vous prions d'accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite de votre part, nos vœux à l'occasion du solstice d'hiver et du premier de l'an, en adéquation avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles de votre choix, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles, ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.
Ces vœux concernent plus particulièrement :
- la santé, ceci ne supposant de notre part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni une quelconque volonté de nous immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une convention obsèques ;
- la prospérité, étant entendu que nous ignorons tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d'imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujettis ;
- le bonheur, sachant que l'appréciation de cette valeur est laissée à votre libre arbitre et qu'il n'est pas dans notre intention de vous recommander tel ou tel type de bonheur.
NB 1 :
Le concept d'année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont adressés.
Son emploi n'implique aucun désir de prosélytisme. La légitimité des autres chronologies utilisées par d'autres cultures n'est absolument pas mise en cause.
Notamment :
- le fait de ne pas dater ces vœux du Yawm as-sabt 1 Safar de l'an 1434 de l'Hégire (fuite du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d'islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israélo-palestinien.
- le fait de ne pas dater ces vœux du 2 Teveth 5773, ne constitue ni un refus du droit d'Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, ni le délit de contestation de crime contre l'humanité.
- le fait de ne pas dater ces vœux du 3ème jour (du Chien de Métal) du 11ème mois (Daxue, Grande Neige) de l'année du Dragon d'Eau, 78ème cycle, n'implique aucune prise de position dans l'affaire dite "des frégates de Taïwan".
- le fait de ne pas dater ces vœux du Quintidi de la 3ème décade de Frimaire de l'an 221 de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.
Enfin, l'emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur.
Son choix tient au fait qu'elle est la seule couramment pratiquée par l'expéditeur.
Tout autre idiome a droit au respect tout comme ses locuteurs.
Clause de non responsabilité légale :
En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure.
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Leur reproduction est autorisée.
Ils n'ont fait l'objet d'aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d'une année, à la condition d'être employés selon les règles habituelles et à l'usage personnel du destinataire.
A l'issue de cette période, leur renouvellement n'a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision de l’expéditeur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d'âge, de genre, d'aptitude physique ou mentale, de race, d'ethnie, d'origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d'appartenance syndicale, susceptibles de caractériser les destinataires.
Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l'absence, totale comme partielle, de réalisation n'ouvre pas droit à compensation.
En cas de difficultés liées à l'interprétation des présentes, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile de l'expéditeur.
NB 2 :
Le fait d'avoir choisi la police de caractère "Time New ROMAN" ne présuppose évidemment pas de jugement de valeur sur la Suisse.
(Finalement, afin d’éviter tout problème, je l’ai remplacée par « Calibri »)
L’emploi de NB (terme latin Nota Bene) ne sous-entend aucune prise de position. Il est dû aux habitudes linguistiques de l’expéditeur et pourrait très bien être remplacé par « Ah au fait ! » ou toute autre expression plus moderne.
Le choix de NB plutôt que PS (Post Scriptum) n’est pas forcément discriminatoire envers un parti politique et ne doit pas être pris pour un signe ostentatoire de préférence.
a écrit le 05/01/2021 à 8:33 :
C'est vrai que la santé à du succès en ce moment dans les voeux, tout le monde insistant particulièrement dessus mais ce qui est surprenant c'est la capacité de l'humain à se faire à tout qui quand même continue de se souhaiter la bonne année tandis que l'ayant également fait l'année dernière. La capacité d'adaption de l'humain qui permet aux politiciens de nous en faire toujours plus baver.

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