« Je refuse l’alliance avec LFI ou le NPA » (par Ariel Weil)
Ariel Weil

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L'émotion suscitée par la funeste dissolution a provoqué une commotion parfois salutaire, pas toujours bonne conseillère. La perspective d'un gouvernement d'extrême-droite pour la première fois depuis 1940, après des scores aux élections européennes qu'il n'y avait aucune urgence à importer à l'Assemblée nationale, fait frémir.
Le Rassemblement National est l'héritier de l'extrême-droite d'avant-hier, avec ses collabos et miliciens, et des racistes d'hier, avec leurs mortelles ratonnades. On nous dit que la page est tournée. Mais avant de la tourner, il faut l'avoir lue. Et l'avoir rejetée. On en est loin. Tous les républicains doivent faire barrage au Rassemblement National.
Cette impérieuse nécessité ne doit pas supprimer tout discernement dans les alliances de circonstance et la défense des valeurs républicaines. Ce serait une étrange défaite de la pensée. Marc Bloch, assassiné par les Nazis il y a 80 ans, s'était interrogé sur les raisons de l'effondrement de la France, en historien. L'Histoire permet de penser le « neuf et le surprenant », le souvenir brouille le présent. Le Nouveau Front Populaire n'en a que le nom. Qui serait Léon Blum aujourd'hui : Jean-Luc Mélenchon ? Tout le monde sait que non. Le Nouveau Front Populaire n'a pas d'incarnation.
Je refuse l'alliance avec LFI ou le NPA, avec qui les divergences idéologiques sont trop grandes : leur rejet des dictatures trop ambigu, de la Russie à Gaza, de la Syrie à l'Iran, le texte d'accord trop flou et insincère. L'aspiration à l'unité est forte, notamment chez les jeunes. Mais comment s'allier avec un parti dont certains cadres soutiennent des régimes ou formations autoritaires, terroristes, et les autres se taisent ?
Il y avait d'autres méthodes : se désister ici ou là, s'accorder sans s'allier. Ou, avec des alliés prêts aux purges, exiger le retrait des candidats aux propos indignes. Entre Front populaire et (ex) Front national on a oublié le front républicain, honneur des partis républicains, meilleure arme contre le Rassemblement national. Souvenons-nous que Jean-Luc Mélenchon l'avait refusé à la dernière présidentielle. Il est toujours d'actualité.
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Si je n'ignore pas le souffle puissant d'une alliance électorale, les législatives demeurent une série d'élections locales. Chacune d'elles appelle une analyse des candidats. En campagne, beaucoup sa position et exagèrent le risque de l'élection de son adversaire. Il faut en finir avec ces tentatives de disqualification électorale a priori. Cette stratégie a déjà fait la preuve de son inefficacité. Non, il n'y a pas toujours de risque de faire le jeu du RN en votant pour un candidat du centre ou de la droite modérée. Pas plus que de risque de précipiter au pouvoir les pires dirigeants de LFI ou du NPA en votant pour un vrai social-démocrate. Laissez-nous voter !
Il faudra reconstruire une vraie social-démocratie écologiste, plébiscitée par le score de Raphaël Glucksmann aux élections européennes, confisquée par une alliance trop lâche. Et en attendant, élire des candidats issus de cette famille politique, avec ou malgré l'alliance. L'un des scénarios post législatives est celui d'un gouvernement modéré composé de républicains. Il faudra des élus de ma famille pour le porter. Ne feignons pas de l'ignorer.
Je soutiendrai donc ici un social-démocrate irréprochable, qu'il affronte ou non un opposant désigné par LFI, là un dissident du front face aux pires candidats LFI, ailleurs un candidat d'une autre famille politique républicaine en mesure de battre le RN. Et LFI.
Ariel Weil