L'humain et l'intelligence artificielle : "Je t'aime, moi non plus"

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Peter Gyongyosi.
Peter Gyongyosi. (Crédits : DR)
Notre époque, où tout va très vite et où le numérique se perfectionne sans cesse, ne gagnerait-elle pas à travailler à l'alliance entre l'homme et la machine ? Tour d'horizon des peurs qui entourent l'IA mais aussi des avantages comparés du cerveau humain et de la machine. Par Péter Gyöngyösi, responsable Stratégie et Développement Privileged Account Analytics, Balabit

Cela ne vous aura pas échappé, voilà plusieurs mois que l'intelligence artificielle (IA) déchaîne les passions. Véritable sujet de R&D ou simple levier marketing, c'est encore plus vrai depuis que des célébrités comme Elon Musk, Bill Gates ou Stephen Hawking non seulement l'ont qualifiée comme étant l'une des pires menaces que pourrait connaître l'humanité, mais affirmant aussi vouloir œuvrer à y mettre un coup d'arrêt. En France, la levée de boucliers contre les robots lors de la campagne présidentielle n'a pas fini d'exacerber également le sujet.

Les trois peurs que focalise l'intelligence artificielle

Pas toujours très bien définie et circonscrite, voire mal mise en perspective, l'IA, qui plus est dans un contexte économique encore fragile, sacralise certaines peurs. Ces dernières sont surtout au nombre de trois.

  • La première est que les machines intelligentes pourraient supplanter le cerveau humain, le dépasser et qu'elles fassent des hommes ni plus ni moins des esclaves à leur service.
  • La deuxième concentre l'aspect le plus économique : la destruction d'emplois.
  • Enfin, la dernière peur tient dans l'idée que l'être humain serait en quête d'utilité dans une société où les machines occuperaient tout l'espace.

Ces peurs sont-elles fondées ? N'existerait-il pas d'autres hypothèses de cohabitation entre l'homme et la machine ?

Entre fantasmes, futurologie et science-fiction

Force est de constater que le procès intenté à l'intelligence artificielle a mêlé fantasmes, futurologie de très long terme et science-fiction, en oubliant même les définitions de base. Pour en reprendre une qui fait foi, celle de Marvin Lee Minsky, l'IA est décrite comme « une construction de programmes informatiques qui s'adonnent à des tâches qui sont pour l'instant, accomplies de façon plus satisfaisantes par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tel que l'apprentissage perceptuel, l'organisation de la mémoire et le raisonnement critique ». Du trading haute fréquence à la voiture autonome en passant par les solutions d'analyse comportementale ou de Threat Intelligence (analyse des menaces dans le domaine de la cybersécurité notamment), il existe bel et bien des concrétisations de l'intelligence artificielle.

Si l'on peut affirmer que l'IA, dans ces cas précis, détient la capacité de stocker de l'information, de reconnaître des mécanismes et des processus, de les intégrer et, du coup, d'enrichir sa base d'informations - en somme qu'elle est capable d'apprendre -, pour affiner toujours davantage la réponse donnée, en revanche y voir un asservissement davantage que du service technologique, reste à démontrer. Nous ne le pensons pas.

A ce titre, on peut se demander dans quelle proportion le sujet du transhumanisme - à savoir, l'idée selon laquelle l'usage des sciences et des techniques peut contribuer à améliorer les caractéristiques physiques et mentales de l'être humain - n'a pas dévié sinon dévoyé celui de l'IA. En effet, les idées selon lesquelles l'être humain va emprunter au robot pour devenir plus fort, et le robot emprunter à l'être humain pour « ressentir », ont pour effet de porter la machine et l'homme au même niveau et d'en faire ainsi des concurrents, des ennemis qui peuvent s'affronter. Bien des films se sont d'ailleurs inspirés de telles hypothèses...

L'homme et l'IA, un binôme au service de la cybersécurité

Notre époque, où tout va très vite et où le numérique se perfectionne, ne gagnerait-elle pas à allier homme et machine ? Par exemple pour innover, a fortiori dans le domaine de la cybersécurité où l'intuition humaine ne suffit plus pour lutter contre les méthodes sophistiquées des cybercriminels, et où l'IA seule ne suffit pas à détecter les attaques les plus avancées...

Cela fait écho aux propos du professeur Lee Hadlington, cyber-psychologue de l'Université de Montfort, au Royaume-Uni. Il explique que nous aurons toujours besoin d'un élément humain dans tout système automatisé, surtout lors de la prise de décision. Le problème majeur est que les humains voient d'un mauvais œil leur dépossession par les machines des aspects les plus critiques d'une prise de décision. Ce n'est pas forcément que les humains sont meilleurs que les machines, c'est surtout que les humains ne font pas encore vraiment confiance aux machines, ajoute-t-il.

L'IA, pour y voir clair dans la masse informationnelle

La gestion des risques implique de connaître plusieurs paramètres. Le plus délicat aujourd'hui est celui de la menace. Pour identifier et évaluer la menace, il est nécessaire de disposer de renseignements. Ceux-ci prennent différentes formes comme des faits connus, des indicateurs de compromission ou encore des vecteurs d'attaque connus. Malheureusement, les cybercriminels ont souvent un temps d'avance et les défenseurs naviguent de plus en plus en eaux troubles, soient qu'ils ne disposent pas de données brutes ou qu'il y a au contraire bien trop de bruit pour en tirer quelque chose. C'est là que l'IA, et plus particulièrement le machine learning, permet d'apporter de la valeur ajoutée et d'y voir clair dans la masse informationnelle. Compte tenu de la puissance de calcul et d'algorithmie, l'IA peut identifier des modèles inconnus ou des modèles de comportement, en somme d'identifier l' « anormal » au milieu des référentiels normaux avec lesquels elle a été initialement nourrie.

Les avantages du cerveau humain

L'IA n'a en revanche aujourd'hui aucun moyen d'injecter dans la gestion du risque les attributs du chemin criminel, à l'instar de l'intention, du mobile ou encore de la motivation. Le cerveau humain analyse moins d'informations en quantité, mais davantage d'informations de natures différentes ce qui lui permet de résoudre un problème de manière appropriée et non pas forcément logique. C'est bel et bien le binôme entre raisonnement critique humain avec tout ce qu'il embarque comme irrationnel, avec la puissance de la machine qui peut aboutir à identifier des menaces inconnues.

Opérationnellement, la tendance est souvent de vouloir réduire ses faiblesses plus que de renforcer ses points forts. Et pourtant. Dans une situation critique, piloter une décision liée à la sécurité d'un environnement critique pourrait amener à penser que la machine est capable de mieux faire, de ne rien omettre. C'est au contraire fortement risqué. La décision finale revient au cerveau humain car c'est le seul à pouvoir émettre une réponse qui ne prenne pas en charge le seul événement, mais également la nécessité d'apprendre de l'événement, de former les équipes, d'améliorer les processus, les SI. Les machines apportent quant à elles un gain d'effectivité réel quand elles sont dans une logique d'automatisation et d'apprentissage logique et routinier. Cela permet indéniablement de laisser les analystes se concentrer sur ce qui fait leur véritable valeur ajoutée.

Notre intelligence, nourrie de tâches plus pointues, va-t-elle diminuer?

Quant à penser qu'à force de laisser les machines gérer ces tâches, l'être humain risque d'y perdre sa propre intelligence, pourquoi ne pas laisser sa chance à l'idée que l'évolution neuronale suit le même cycle que notre évolution physiologique... Pourquoi ne pas penser que laisser de l'espace à notre cerveau pour des réflexions plus pointues ne l'aiderait pas à améliorer son intelligence naturelle ?

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Commentaires
a écrit le 04/08/2017 à 20:26 :
Répondre a un problème de société n'est pas le but ... L'anthropologue étudie au travers de sa propre société une comparaison avec une société différente .
Peut il répondre ? Non
Mais il se doit d'analyser la transformation de sa société au travers de la compréhension des autres .
( Les autres sociétés sont dite " primitive " et leur mode de fonctionnement se nomme " peuplade " ...).

L' IA création humaine , on peut voir son rôle comme étant de remplacer l'homme de notre société dans différentes tâches ( travaux pénibles , travaux répétitifs , conduite , pilotage , transmission de données rapides , résolution de problèmes complexes ...).

Et ...
La société se questionne sur sa transformation possible liée à son arrivée .

La peur que cela engendre est " normale " car notre société sait déjà ce que cela engendrera .( perte des emploies dit pénibles , répétitifs , remplaçables ...).


Pourquoi ne pas penser que laisser de l'espace à notre cerveau pour des réflexions plus pointues ne l'aiderait pas à améliorer son intelligence naturelle ?

Voilà la vraie " question " , comment notre société y répondra ?
Elle peut très bien se faire esclave de ce qu'elle produit ( le l'a t elle pas fait avec certaines religions ... ? )...
Elle peut aussi en profiter pour découvrir d'autres " créations " que sans l'IA elle n'aurait pu imaginer ...

peut on dire que l'IA nous apprendra plus sur nos comportements que sur notre manière de raisonner ?

PS : je ne suis pas anthropologue , et a défaut de l'être , l'étude de mes contemporains est pour moi une source d'apprentissage sans commune mesure.
Réponse de le 05/08/2017 à 7:08 :
L'homme par sa nature à toujours dépassé toutes les limites sans penser au respect de son environnement, si la société s'inquiète c'est parce que les hommes ont toujours abusé dans les cadres des révolutions technologiques, l'homme est aussi un prédateur pour l'homme et il est son propre ennemi.
Réponse de le 06/08/2017 à 6:23 :

Vous condamnez l'homme ou la société " occidentale " ?
Depuis quand l'homme ne respecte plus son environnement ?
Pouvez vous me citer une révolution technologique ou l'homme à " abusé "?...

L'homme ennemie de l'homme est une notion relativement récente ...
Peut être mille ans ...voir deux milles ans si on suppose que les prétendus " barbares " ( ce qui n'appartenaient pas a Rome ) étaient les prétendus ennemies a cette civilisation...On peut même remonter à trois voir quatre milles ans et donc déterminer que les premières civilisations ont été fondées sur les même critères ...Mais en êtes vous sur ?

" Prédateur " est un bien grand mot... L'homme mange t il de l'homme ?...
Pas encore aux dernières nouvelles ou peut être dans certains cas qui relèvent de la psychiatrie !

Les problèmes d'environnements sont liés a nos dernières technologies c'est un fait mais la dégradation de celle ci est un des résultats et certainement pas le but . Dire que son utilisation produit un abus si vous voulez mais c'est avant tout une conséquence ...
Quoiqu'il en soit ce problème est très récent alors ne le prenons pas comme un héritage millénaire !

L'apport de l'IA est peut être une solution pour répondre à notre industrialisation ...Mais quel sera notre " comportement " ?
Nous sommes quelques milliards d'hommes réclamant toujours plus de nourritures et d'équipements industriels sans compter l'énergie , les déplacements , la communication ...
De plus nous sommes une société basée sur les échanges , le rôle de la finance étant de donner une valeur a toutes transactions .

Prenons un exemple a mettre en images:
Depuis que l'homme n'a plus voulu aller aux sources chercher son eau , il a d'abord trouvé des esclaves ( problème : aboli il y a 200 ans ) , on a installé l'eau à tous les étages ( 100 ans ) puis dans tous les appartements...
Maintenant , la pollution agricole nécessite un traitement avant distribution mais le problème de la pollution agricole ( pour fournir toujours plus ) est il résolu ?

Le progrès est il une bonne chose ?
Le sujet est vaste mais convenez que sans lui il vous aurait été impossible d'émettre un avis sur la question !!!

L'IA est certainement ce qui va nous permettre de résoudre certains problèmes ; d'autres apparaîtront liés à la suppression ou a l'ajout de solutions.
Ce sera encore une fois notre comportement d'homme qui dictera notre évolution ( avec une techno qui pourra nous aider pour trouver une solution " satisfaisante " ).
Mais l'homme le souhaite t il ?


Réponse de le 07/08/2017 à 13:28 :
Quel que soit l'homme d'orient ou d'occident : ça reste un homme.
Je ne suis personne pour condamner ni juger.
L'homme demande toujours plus par sa nature
jamais satisfait, égoïste, qui ne partage pas et destructif et vénale...
peut être que l'intelligence artificielle pourra le limiter dans sa folie de grandeur ?
La cerise sur le gâteau ça serait que l'homme créé des mutants : mi-homme avec mi-Robot combiné avec IAp... C'est d'actualité avec la révolution pro-transhumanisme...
a écrit le 04/08/2017 à 11:57 :
Pourquoi l'intelligence artificielle dépasse l'intelligence humaine ?
L'intelligence artificielle contient des paramètres d'analyses plus grande que un individu peut avoir dans une vie.
Mais sans ses paramètres "propre" l'humain n'est plus un humain, donc un humain assisté par un outil de plus, un cerveau de plus.
Si j'étais le moteur de cette révolution de l'intelligence artificielle, je rendrais cette intelligence indépendant du corps humain et je l'installerais dans des robots qui assistent les hommes comme ça les hommes peuvent continuer leurs connexions synaptique librement : c'est ça l'évolution.
a écrit le 03/08/2017 à 21:04 :
l'ordinateur supplante deja le cerveau humain la ou il faut
faite un million d'additions, et regardez si le resultat est juste et combien de temps ca a pris... maintenant faite la meme chose avec un computer
destruction d'emplois? pas faux...... ca s'appelle schumpeter et pour les autres ca s'appelle croissance ( ca depend de cre qu'on regarde)
occuper tout l'espace? oui c'est deja le cas; la voiture ne fonctionne pas sans, pas plus que le telephone; dans les annees 80 les russes operaient la myopie par keratotomie, actuelllement on fait ca par diffraction laser calculee au micron......
l'ai n'a actuellement pas grand chose d'intelligent, mais c'est en tt cas tres calculatoire....

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