... r sur le sens du travail et sur nos vies.
Nous sommes à l'aube d'une extraordinaire révolution, qui va bouleverser notre manière de vivre et de voir le monde. Sous l'effet de l'intelligence artificielle, la place que nous accordions dans nos existences à l'activité professionnelle est vouée à diminuer de façon spectaculaire. Des millions de tâches seront remplacées. Elles seront effectuées par des robots et des ordinateurs. Des milliers de métiers vont changer. Nous allons travailler moins et le travail sera très différent d'aujourd'hui. C'est une tendance de long terme, toujours accélérée par les progrès de la science. Elle est en train de s'amplifier. Elle va tout changer : l'habitat, les transports, les relations humaines... Or nous ne sommes pas prêts. Il est urgent d'anticiper ce choc. Les pouvoirs publics, les entreprises, les citoyens, doivent en prendre la mesure et adapter leurs décisions, leurs investissements et leurs structures. Il y va de la maîtrise de notre destin.
De quoi s'agit-il ? Tous les experts en intelligence artificielle avaient imaginé des changements majeurs à l'horizon d'une décennie, le temps que la puissance de calcul des ordinateurs progresse, que les organisations se saisissent de la technologie naissante... Le raisonnement habituel était celui de la fameuse « destruction créatrice » de l'économiste autrichien Joseph Schumpeter : lorsqu'une innovation surgit, les jeunes entreprises s'en saisissent, elles deviennent prospères, fusionnent entre elles... tandis que les vieilles firmes périclitent. Les modernes remplacent les anciens, dans un cycle qui nous semblait prévisible.