La chasse aux « fake news », c’est aussi bon pour le climat

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(Crédits : Capture d'écran/Site du ministère des Affaires étrangères russe)
À l’heure de la désinformation généralisée, l’initiative scientifique Climate Feedback permet de faire le tri entre les articles de presse qui sont en accord avec la science et ceux qui ne le sont pas. Par Emmanuel M. Vincent, University of California, Merced

Internet a démocratisé la création et la diffusion de l'information, mais a aussi profondément changé la perception de sa crédibilité. Alors que les médias traditionnels étaient un gage de qualité et de sérieux, les lecteurs ont largement perdu la confiance qu'ils leur accordaient au profit d'« influenceurs ».

Un nombre toujours croissant de nos concitoyens s'informent grâce aux réseaux sociaux. Mais une étude récente montre aussi que les informations fausses se propagent plus vite et plus loin sur Twitter. Et elle révèle que Facebook met en avant les informations provoquant des réactions émotives, au détriment d'articles faisant appel à la réflexion.

L'accès à une information fiable est un prérequis fondamental au bon fonctionnement de nos sociétés démocratiques.

Mais le partage d'information en ligne favorise les positions les plus extrêmes au sein de la société et nourrit la confusion. Aux États-Unis, par exemple, la moitié de la population ignore ainsi que le changement climatique en cours est d'origine humaine.

Un regard expert et critique

C'est dans ce contexte que des scientifiques ont créé l'initiative Climate Feedback : un réseau international de scientifiques évaluant la crédibilité d'informations influentes dans le domaine du changement climatique.

Le principe est le suivant : les articles les plus influents sont identifiés chaque semaine en fonction de l'audience de leur site de publication et de leur viralité sur les réseaux sociaux (cette viralité étant surveillée en temps réel via le site Buzzsumo).

Ces articles sont revus par un groupe de scientifiques experts du domaine, qui les commentent pour corriger d'éventuelles erreurs ou ajouter du contexte. Ils donnent aussi une note globale de la « crédibilité scientifique » de l'article.

Ces évaluations sont ensuite publiées sur le site de Climate Feedback et partagées avec l'éditeur du journal où l'article a été publié. Une centaine de revues ont été réalisées à ce jour.

Résultat : les éditeurs peuvent améliorer la qualité de leurs publications, notamment en sélectionnant des contributeurs plus crédibles ; une demi-douzaine de journaux ont publié des corrections. Les revues critiques de Climate Feedback sont également mises en avant dans les résultats de recherche sur Google, aidant les lecteurs qui le souhaitent à vérifier une information et à trouver un avis d'expert.

Le site Climate Feedback expliqué en vidéo. (Climate Feedback/YouTube, 2016).

Des vérificateurs connectés

Alors que la vérification de faits (fact-checking) a toujours été la pratique de journalistes, Climate Feedback explore une approche nouvelle en permettant à une communauté de scientifiques de s'exprimer directement et collectivement. La qualité des revues ainsi produites est avérée et Climate Feedback est un signataire reconnu du réseau international de vérificateurs (International Fact-Checking Network, IFCN).

Facebook examine de son côté la possibilité de proposer par défaut les articles des membres de l'IFCN en accompagnement des articles qu'ils commentent (dans la rubrique « articles liés »). Cette fonctionnalité augmenterait sans aucun doute la probabilité que les lecteurs soient mis en garde avant de lire une information trompeuse.

En analysant les 25 articles anglophones sur le changement climatique les plus partagés de l'année 2017, Climate Feedback a ainsi démontré que seule la moitié des articles étaient scientifiquement justes, alors même que les articles trompeurs ou faux étaient nettement plus partagés.

Emmanuel VincentCC BY

Les 25 articles sur le climat les plus partagés sur Internet en 2017 évalués par des scientifiques pour leur crédibilité : en rouge les articles de faible crédibilité, en jaune les articles contenant des informations au moins partiellement trompeuses et en vert/bleu les articles ne contenant pas d'erreurs significatives.

Avoir un œil averti

Une caractéristique récurrente des articles à faible crédibilité concerne le recours à de soi-disant experts, non reconnus par leurs pairs. Un article canadien récent prétendait ainsi que les ours polaires n'avaient rien à craindre du changement climatique, alors que les scientifiques travaillant dans ce domaine concluent le contraire. Si l'auteure de cet article aura pu paraître comme experte, l'internaute averti aura noté que son profil sur la plateforme Research Gate ne liste aucun article scientifique publié dans une revue à comité de lecture au sujet de l'influence du climat sur les ours polaires !

Avec l'augmentation du nombre de revues prétendument scientifiques et de journaux dits « prédateurs » (où il suffit de payer pour être publié sans que l'article soit revu pour sa qualité scientifique), il convient aussi de surveiller la validité scientifique des revues.

Le site Scimago Journal & Country Rank est à ce titre un outil précieux : il permet notamment d'observer que la revue International Journal of Sustainable Development and Planning, se situe dans le quartile inférieur en terme de citations par des scientifiques. La revue Environmental Science & Technology est elle dans le quartile supérieur, traduisant sa plus grande réputation auprès des scientifiques... alors même que les noms de ces publications peuvent apparaître aussi crédibles l'une que l'autre.

Comme toujours en science, il faut intégrer plusieurs observations, mais celle relative au sérieux des revues permet déjà de se forger un avis plus éclairé.

La communauté scientifique a un rôle à jouer pour mieux informer ses concitoyens ainsi que pour aider les plateformes Internet à trouver des solutions face à la montée en puissance des campagnes organisées de désinformation. Climate Feedback propose un modèle qui pourrait être adapté à d'autres domaines touchés par ce phénomène, comme l'énergie ou la santé.

The Conversation _______

Par Emmanuel M. VincentResearch scientist, University of California, Merced

La chasse aux « fake news », c'est aussi bon pour le climat

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Commentaires
a écrit le 06/08/2018 à 23:10 :
Il est temps qu’on se questionne sur l’information « scientifique » qui est diffusée dans les médias. Il est temps de drainer le marécage (« drain the swamp » comme a dit Donald Trump). Il est très rare que les gens des médias sollicitent une deuxième opinion scientifique, et pourtant leur code de déontologie devrait le leur rappeler, surtout quand il s’agit d’une question scientifique qui a des répercussions socio-économiques. Le public doit réaliser que « LA science dit que bla bla bla » ou « LES scientifiques sont d’avis que bla bla bla » cela n’a aucun sens. Il n’y a pas de « la » science , pas plus que de « les » scientifiques. Il n’existe aucun consensus scientifique sur la question des changements climatiques, contrairement à ce qu’affirmait hier soir à Radio-Canada cette titulaire de chaire à laquelle on n’a pas tenté d’opposer un scientifique d’avis opposé. Le doctorat en science ne confère pas automatiquement à son titulaire des qualités d’honnêteté et de probité, et comme je l’ai déjà dit de façon crue sur les ondes des radios qui avaient l’audace de m’inviter « ya autant de crosseurs* chez les scientifiques que dans le reste de la population ».

La diffusion de l’information scientifique dans les médias comporte un aspect éthique qui a été négligé et auquel on doit s’attaquer sérieusement. C’est le rôle des cercles de presse , des associations de journalistes et des écoles de journalisme. On doit aussi développer l’esprit critique chez nos jeunes. Un des objectifs de l’éducation dont nous sommes collectivement responsables, est de développer cet esprit critique et fournir ainsi aux jeunes les connaissances nécessaires (surtout scientifiques) afin que maintenant et ensuite devenus adultes, sur ce sujet des changements climatiques et sur celui plus large de l’environnement, ils puissent faire activement et de façon responsable et autonome, leurs propres choix, éclairés, raisonnés, judicieux , et pleinement affirmés et non pas seulement assumés, plutôt que se les faire imposer passivement et aveuglement, à coup de charges émotionnelles comme « le poumon de la planète »… par des politiques comme M. Couillard, des groupes d’intérêt comme OURANOS ou Équiterre, des scientifiques comme Claude Villeneuve et des médias comme Radio-Canada, TVA , Le Devoir, Le Monde, Libération, La Presse et LCN, C’est le sens du complément de démarche pédagogique que je propose aux écoles qui ont le courage de m’inviter à présenter le revers de cette médaille climatique à leurs élèves et aux médias qui ont l’audace et assument le risque de m’inviter sur leur tribune.
a écrit le 30/04/2018 à 8:55 :
"À l’heure de la désinformation généralisée"

Avant internet en vrac: Tchernobyl dont le nuage irradié s'est arrêté à la frontière française, les armes de destruction massives irakiennes inventées mais martelées par les médias de masse afin d'aller tuer des centaine de milliers d'irakien, sarkozy, tout le monde savait que c'était un bandit mais les médias nous l'ont vendu comme sauveur du pays je repense de suite à son meeting à Nice juste avant les élections durant lequel il a affirmé "je serais servile avec les riches et impitoyable avec les pauvres" aucun média n'ayant trouvé intéressant de relever cette phrase pourtant éloquente, macron les médias savent parfaitement qu'il n'est là que pour servir les intérêts des plus riches et les médias nous l'ont imposé, les paradis fiscaux de l'union européenne, le dumping social de l'union européenne, l'évasion fiscale organisée au plus haut sommet de l'europe et-c et-c, si on devait passer notre temps à énumérer toutes les impostures que nous ont fait passer et nous font passer les médias de masse depuis qu'ils existent il me faudrait un mois.

Alors oui sur internet il y a de fausses informations, entre la fachosphère, la russosphère, les golden corbeaux, les soldats néolibéraux en tout genre, les pollueurs, les industriels les gauchistes et-c... qui s'y ruent il est obligé qu'il y ai de fausses informations motivées par l'aliénation du militantisme mais il y a également les vérités dont les médias de masse ne nous parlent jamais.

"Anne-Marie Le Pourhiet : « L’Union européenne est consubstantiellement anti-démocratique »" https://www.alterinfo.net/Anne-Marie-Le-Pourhiet-L-Union-europeenne-est-consubstantiellement-anti-democratique_a14949.html

Alors nos hommes d'affaires et leurs chienchiens politiciens étant habitués à disposer de tous les outils de production cherchent bêtement car incapables de réfléchir plus de deux secondes, à tuer le messager qui leur annonce leur nullité en permanence, voilà où on en est réduit en europe, nous nous vautrons dans la décadence oligarchique totale.

Avec internet on est à la fois bien informé et mal informé nous obligeant à penser ce qui ne peut être que positif au sein d'un système néolibéral dicté par des benêts, avec les médias de masse nous ne sommes ni l'un ni l'autre vraiment, nous ne sommes pas informés tout simplement.

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