La France a tout pour être un leader du numérique (3/3) : la nouvelle infrastructure : I.AM, I.AC et I.AV
Xavier Dalloz

Photo d'illustration
Reuters
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Les grands moteurs structurants de la création des licornes sont l'accroissement continu des puissances disponibles de traitement de l'information, de la suppression des contraintes de temps et de distance, des nouvelles possibilités de collaboration et la chute des coûts de communication, d'interaction et plus généralement de transaction.
Ces grands moteurs s'expliquent par 4 lois :
Plus concrètement, les licornes miseront sur le digital de la façon suivante :
Nous nous dirigeons vers un avenir où nous achèterons et posséderons moins de produits (voitures, vélos, maisons de vacances, outils ménagers, etc.) et nous nous engagerons directement pour plus de services.
Nous gérerons probablement ce partage via des plates-formes de transaction pair-à-pair (peer-to-peer) ainsi que des technologies numériques à usage général, telles que la blockchaîne, pour permettre des échanges plus sécurisés et transparents.
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Le rôle incontournable des plateformes est évidemment la conséquence des milliards d'appareils connectés qui fourniront bientôt un flux continu de données en temps réel qui vont permettre de réinventer les produits traditionnels.
Ils vont devenir des supports de services. Pour cela, il faut une infrastructure physique pour recueillir les données qui seront nécessaires à l'intermédiation technique.
Dans le contexte précédent, l'apprentissage automatique (en utilisant des algorithmes logiciels pour analyser et apprendre des données) et l'apprentissage profond (en utilisant du matériel et des logiciels pour construire des processeurs massivement parallèles appelés réseaux de neurones pour imiter le fonctionnement du cerveau) vont radicalement transformer les plateformes telles que nous les connaissons actuellement. L'ère des places de marché (marketplaces) autonomes et anticipatrices va se généraliser.
Le grand changement pour la nouvelle façon de faire les affaires viendra donc de la production, de la distribution de ces objets et surtout dans la relation avec les citoyens/consommateurs après leurs achats. La production était un processus distinct qui s'achevait une fois le produit expédié au consommateur. Les produits connectés ne peuvent fonctionner sans leur cloud et sans un opérateur et donc sans le producteur/distributeur du produit et sans les services associés aux objets connectés.
L'approche écosystème
Avec cette approche écosystème, l'entreprise entretient des interactions et sa valeur découle de sa capacité à valoriser ces différents flux, pour créer, notamment, plus de ressource financière qu'elle n'en consomme. Une organisation ne peut vivre durablement que si elle est perçue comme créant suffisamment de valeur, non seulement par le capital, mais aussi par ses clients actuels et potentiels, son personnel, ses fournisseurs et la société dans laquelle elle se trouve.
Dans contexte, l'approche écosystème nécessite de valoriser les données.
Par exemple, les capteurs collectent des données telles que la température, la pression atmosphérique et la proximité.
Avec l'approche « écosystème », le modèle économique à l'ère du numérique n'apportera un l'avantage concurrentiel que si l'entreprise met au cœur de sa stratégie les principes suivants.
Le nouveau modèle économique va permettre à l'entreprise d' « automatiser » son chiffre d'affaires avec l'autonomie de tout ce qui est connecté : équipements, employés, etc.
Pour qu'un système soit véritablement autonome, il doit être capable de collecter des informations, de trouver une solution basée sur ces informations et d'exécuter une action pour atteindre un objectif. Par exemple, les voitures collectent des informations non seulement sur elles-mêmes, mais également sur d'autres systèmes connectés et les entités environnantes, y compris les feux de circulation, d'autres véhicules, les piétons, etc.
Le terme décentralisation peut être utilisé pour désigner la sécurité où les données sont réparties sur plusieurs nœuds, ce qui réduit la probabilité qu'un point ou un aspect particulier ait un impact négatif sur le système.
La décentralisation est une caractéristique qui peut être décrite par le biais de facteurs tels que le contrôle, l'accès, la propriété ou le pouvoir et elle est répartie sur plusieurs acteurs, nœuds ou points constituant un réseau. La décentralisation technologique est définie comme « un passage des modes de production et de consommation concentrés aux modes de production et de consommation distribués de biens et de services ».
Les écosystèmes IoT (Internet des Objets, Internet of Things) actuels reposent sur des modèles de communication centralisés et négociés, qui suivent le paradigme client/serveur. Ces appareils sont identifiés, authentifiés et connectés à l'aide de serveurs cloud qui offrent d'énormes capacités de stockage et de traitement. La connexion de chaque appareil passe exclusivement par Internet, même s'ils sont éloignés de quelques mètres. Bien que ce modèle fonctionne depuis des décennies avec les appareils informatiques, il ne sera pas adapté aux
L'adoption d'un modèle décentralisé d'égal à égal pour traiter les centaines de milliards de transactions ayant lieu entre les appareils réduira les coûts d'installation et les coûts associés aux grands centres de données centralisés. Cela aidera à répartir les besoins de calcul et de stockage sur des milliards d'appareils qui font partie des réseaux IoT. Cela aidera à prévenir la défaillance de tout nœud unique qui pourrait autrement entraîner l'effondrement de l'ensemble du réseau.
Une solution décentralisée parfaite doit être capable de maintenir des niveaux élevés de confidentialité et de sécurité dans les énormes réseaux IoT. Ils doivent également offrir une certaine forme de consensus et de validation des transactions pour empêcher le vol et l'usurpation d'identité.
Dans ce contexte, la blockchaîne est une solution qui peut être mise en œuvre pour résoudre tous les problèmes pouvant être rencontrés avec le système de communication pair-à-pair (peer-to-peer). La combinaison de l'IoT et de la blockchaîne crée également une possibilité d'économie circulaire et de liquéfaction de la capacité des actifs, ce qui signifie que les ressources peuvent être partagées et utilisées au lieu d'être achetées une seule fois et éliminées après utilisation.
Par exemple, la voiture de demain sera le résultat d'une gestion unifiée de ressources hétérogènes provenant de différents fournisseurs fonctionnant dans la logique de l'Atawad et de l'Unimedia.
Il ne s'agit ni d'un système d'exploitation embarqué ni d'un « produit fini ». L'Unimedia implique une plate-forme vivante et agile qui repose sur le cloud et vise à traiter les cinq principaux scénarios : la maintenance prédictive, amélioration de la productivité en voiture, navigation avancée, connaissance du client et aide à la création de capacités de conduite autonomes. L'Unimedia doit connecter les citoyens/consommateurs de manière transparente peu importe où se trouve les citoyens/consommateurs.
Une interface Unimedia permettra une interconnexion et un interfonctionnement unifiés entre divers dispositifs de contrôle dans les bâtiments intelligents, la gestion de dizaines de millions de terminaux IoT, ainsi que le déploiement distribué et l'extension souple de la gestion des bâtiments intelligents. Cette interface Unimedia simplifiera l'interopérabilité, minimisera les coûts d'intégration d'un bâtiment intelligent.
L'objectif est de fournir une variété d'interfaces IoT pouvant être utilisées dans une grande variété de scénarios d'accès aux bâtiments intelligents, ou pour des solutions d'accès unifié et de gestion à des sous-systèmes, tels que l'éclairage, la sécurité, la distribution d'alimentation et les réseaux, le comptage, le chauffage, la ventilation et la climatisation (CVC) et le contrôle électrique.
L'IoT va modifier profondément ce parcours qui va comprendre de nouvelles phases d'utilisation et l'acceptation de nouveaux services.
La plateforme est l'élément clé de l'IoT qui intègre le matériel, la connectivité, les fournisseurs de services et les applications verticales pour fournir des solutions IoT orientées vers l'industrie.
L'achat n'est plus la fin du parcours de l'acheteur, mais l'émergence d'une relation continue dans laquelle le client acquiert de la valeur à partir des fonctionnalités connectées du produit, tandis que l'entreprise acquiert de la valeur à partir des données recueillies sur l'utilisation du produit par le client, qui est utilisé pour créer de nouveaux produits, services et fonctions.
L'IoT transforme les méthodes de création de valeur d'un processus de résolution des exigences existantes à travers un produit unique qui reste le même au fil du temps, en un processus plus prédictif dans lequel les entreprises doivent être plus perspicaces et capables de répondre aux besoins émergents, tout en donnant une réelle mise à jour et utilisation des données pour améliorer en permanence le service et la fonction des produits.
L'Internet of Augmented Value (I.AM) va permettre de faire passer la création de la valeur des équipements aux services à condition que cette valeur qui soit perçue par le consommateur, une valeur d'augmentation de l'individu. Avec la DeFi, un modèle économique radicalement va émerger avec la tokenisation des actifs.
Qu'est-ce qui est nouveau avec I.AM ?
Pour vendre un produit à l'ère de l'Internet of Me, il faut impérativement se mettre dans la logique d'achat du citoyen/consommateur et non dans la logique de la vente du « lessivier ». Les écosystèmes associés à des produits vont prendre la place petit à petit des chaînes de valeur dans la stratégie des entreprises. Tous les produits deviennent des canaux de distribution.
Plus généralement, il faut donc raisonner flux, échanges, interactions, collaboration et non stocks, ce qui signifie en particulier que l'entreprise ne possède pas ses salariés, ses fournisseurs, ses clients. Elle entretient avec eux des interactions et sa valeur découle de sa capacité à valoriser ces différents flux pour créer notamment plus de ressource financière qu'elle n'en consomme.
Cette valeur ajoutée créée par I.AM sera davantage concentrée sur une période de temps et donc sur l'abonnement des consommateurs. Il faut donc des services financiers.
Qu'est-ce qui est nouveau avec la DeFi ?
En termes simples, un Jeton (Token) est la représentation numérique d'un actif sur la Blockchaîne ou familièrement « monnaie programmable ». Cet actif peut être à la fois numérique ou physique, corporel ou immatériel.
D'un point de vue technique, un jeton est un algorithme implémenté en tant que contrat intelligent (Smart Contract) sur une blockchaîne. L'algorithme définit toutes les fonctionnalités du jeton comme sa valeur, comment et combien de jetons sont créés, quelles dénominations ils autorisent, comment les jetons sont dépensés et sous quel nom et adresse ils peuvent être utilisés. Même des fonctionnalités complexes comme le vote peuvent être implémentées.
Les jetons jouent donc un rôle fondamental pour l'échange de valeur et la représentation des droits dans le monde physique. Une attention particulière doit être accordée au protocole d'échange. Étant donné que les changements d'état du contrat intelligent sont déclenchés automatiquement par des événements externes, la motivation des utilisateurs ou des appareils à envoyer ces événements doit être remise en question.
Les jetons sont déjà utilisés pour stocker et échanger d'énormes quantités de valeur. Cette valeur s'étend de plus en plus souvent dans le monde physique.
Cet échange d'énormes quantités de valeurs se fera entre des communités. On parlera de I.AC (Internet of Augmented Communities).
La prochaine étape sera ensuite celle de l'Internet of Augmented Value (I.AV), concept inventé par David Menga, via la construction d'un écosystème d'entreprises qui, prises une à une , n'apportent pas une différence perceptible par le consommateur. L'Internet de la valeur va probablement être plus important que l'Internet actuel, l'Internet de la publication et de l'information.
Les caractéristiques de l'I.AV sont les suivantes :
Par exemple, une DApp basée sur la DeFi appliquée à la voiture pourrait servir de lien entre les propriétaires de voitures autonomes et les passagers. Ils sont tous deux leurs clients en mode C2C et l'objectif est de transmettre leurs besoins les uns aux autres. Le DApp permettra aux propriétaires de voitures autonomes de partager leurs véhicules lorsqu'ils ne les utiliseront pas en échange d'argent supplémentaire avec la DeFi.
Plus concrètement, les propriétés de cette infrastructure se résument par les 6 lettres de ASPECT :
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[1] La coopétition ou co-opétition (coopetition ou co-opetition en anglais) est un néologisme forgé par les auteurs et visant à décrire le concept de compétition coopérative. "Coopétition" est un mot-valise fabriqué à partir de « coopération » et de « concurrence » (compétition). (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Co-opétition).
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Xavier Dalloz