La société ouverte et ses ennemis 2.0 vue à la lumière de Karl Popper
Andreas Bikfalvi
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Karl Popper.
Wikipédia
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Karl Popper.
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Le livre de Karl Popper « La Société ouverte et ses ennemis » (1) est d'une actualité déconcertante qui doit être le point de départ d'une nouvelle réflexion concernant les attaques menées par divers courants de pensée et courants politiques envers nos sociétés démocratiques issues des idées des Lumières. Si les idées popperiennes sont d'actualité, il faut néanmoins réviser leur contenu pour le mettre en phase avec notre situation contemporaine. Concernant les ennemis qui tentent de détruire les sociétés démocratiques, j'effectuerai ici un inventaire non-exhaustif qui, néanmoins, permettra de compléter et d'actualiser la critique popperienne. Les ennemis sont multi-morphiques venant de divers courants philosophiques, sociologiques et politiques. Il y a également des dispositifs d'amplification représentés entre autres par les réseaux sociaux. Les effecteurs de renforcement sont à trouver dans le domaine de la psychologie sociale et ont été mis en évidence dans le cadre de divers concepts : Le « concept creep » formulé par Haslam, le « Motte et Bailey » et la contamination psychogène (2).
Ces ennemis ont diverses choses en commun. Ils font fi des faits et des vérités factuelles, construisent des pseudo-réalités et des mythes. La subversion et la volonté de puissance constituent leur fond de commerce. La notion de la vérité et de la justice est sans contenu pour eux et si contenu il y a, il est rempli de distorsions et de mythes.
À lire également
En 1932, le grand critique littéraire allemand Ernst Robert Curtius, a écrit un texte intitulé « Deutscher Geist in Gefahr », (3) pour attaquer le relativisme et l'état anarchique de l'intelligentsia européenne. Dans ce texte, Curtius, argumente que la société allemande a tourné le dos au savoir, s'est plongée dans l'irrationalité, a commencé à détruire la culture et a nié la valeur de la raison. En 1927, Julien Benda (4) avait déjà anticipé cela, parlant dans son beau livre de la trahison des clercs, clercs signifiant tous les universitaires, intellectuels, journalistes etc. , donc tout ceux qui ne participent pas à la production des biens matériels. Mais Benda dans son temps attaquait les clercs de l'ordre qui ne voyaient dans la démocratie que du désordre et qu'il fallait donc abattre. Cependant, il faudrait maintenant élargir et y inclure la trahison des clercs du désordre, car les clercs de l'ordre et du désordre nient la valeur de la vérité et de la justice.
Andreas Bikfalvi