Le cauchemar social européen

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La compétitivité allemande passe par l'affaiblissement des salaires au sud de l'Europe. Par Michel Santi, économiste

Quel modèle social européen? Y en a-t-il seulement un, quand les allemands sont plus que jamais obsédés par la compétitivité et par leur excédent commercial ? En réalité, la seule solution de Merkel et de Schauble pour concurrencer les pays émergents et en développement - et donc pour conserver à l'Allemagne ses parts de marché - consiste à écraser les travailleurs de l'Europe du Sud sous une pression fiscale intense combinée à l'érosion progressive de leurs revenus.

Seule l'austérité - et donc l'appauvrissement des nations en souffrance - permettra ainsi de relancer leur productivité, pour le plus grand bonheur du porte-monnaie allemand. Pour ce faire, et pour baisser le salaire relatif - c'est-à-dire la différence entre la valeur du bien produit et la valeur payée au salarié pour sa production -, il est impératif de baisser encore et toujours le niveau de vie des européens.

Le diktat allemand

Nouveau modèle social européen ? Non, plutôt diktat de la glaciale machine à exporter allemande qui - par technocratie européenne interposée - intervient désormais directement sur le niveau de nos salaires à la faveur de la surveillance de nos politiques budgétaires. Réformes structurelles, rigueur budgétaire, démantèlement progressif des acquis sociaux et du secteur public sont les cures d'amaigrissement imposées par une Allemagne qui semble enfin parvenir à ses fins puisque le chômage s'aggrave considérablement pour s'établir dans une fourchette allant entre 12 et 30% dans des pays comme l'Italie, l'Espagne ou la Grèce.

Enfin, le patronat pourra faire baisser les enchères car un chômage élevé supprime toute marge de manœuvre et de négociation aux salariés et aux travailleurs. Enfin, l'Allemagne peut savourer sa victoire car le chômage de masse et car le travail précaire sont les clés de l'amélioration de la sacro-saint productivité. Comprenez-le une fois pour toutes : l'appauvrissement de ses citoyens, et leur exploitation, sont la condition sine qua non pour maintenir la profitabilité du grand capital européen et pour conforter la technocratie bruxelloise lui étant assujettie.

Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique" et de "Misère et opulence", préface rédigée par Romaric Godin.

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Commentaires
a écrit le 11/03/2016 à 10:38 :
"La compétitivité allemande passe par l'affaiblissement des salaires au sud de l'Europe. Par Michel Santi, économiste" Comment peut-on écrire de pareilles inepties alors que plus les salaires du Sud sont faibles, plus les pays du Sud sont compétitifs ?
" La stratégie de Merkel et Schauble consiste à écraser les travailleurs de l'Europe du Sud sous une pression fiscale intense" Comment peut-on écrire de pareilles absurdités alors que la fiscalité est décidée par chaque gouvernement ?
Comme d'habitude, c'est de la propagande anti allemande, fruit de la jalousie du médiocre vis à vis de celui qui réussit.
a écrit le 08/03/2016 à 15:23 :
@mayideg 07/03/2016 22:15
Pourquoi ne pas écrire que la France (elle n'est pas la seule) joue perso par rapport à l'Allemagne ?
Je vous invite vivement à lire:
- le post de pfff du 07/03/2016 16:18
- l'article du 18/3 de Jean Marc Fiorentino dans la rubrique "Bourse, Journée de la Femme" concernant Angela Merkel
Cordialement
a écrit le 08/03/2016 à 10:50 :
Excellent article, on aimerait bien entendre ce son de cloche, qui sonne si juste pourtant, un peu plus souvent aux seins des autres médias.

C'est vous qui avait raison mais ils continueront parce que c'est eux qui ont le pognon.
a écrit le 08/03/2016 à 10:28 :
Alors que les populations ne le veulent pas, que le centralisme de Bruxelles ne fonctionne pas, que les économies du sud de l’Europe s’effondrent, que des centaines de milliers de gens manifestent leur mécontentement à travers le continent, qu’on assiste en Grèce à un scenario à la Weimar, le défenseur du projet européen n’en tire qu’une seule conclusion : davantage d’Europe. Sa vision du monde est aussi hermétique que celle du marxiste, et elle ne s’adapte en aucune manière à la réalité. Plus d’un demi-siècle après la publication de Karl Popper The Open Society and its Enemies (La société ouverte et ses ennemis), la pensée fermée est encore présente parmi nous, bien vivante et soutenue par la majorité de nos élites désespérantes.

http://iddeurope.org/?p=135&lang=fr
a écrit le 08/03/2016 à 9:28 :
Une façon de voir misérabiliste inspirée de Germinal, et un raisonnement de vases communicants : on ne va pas loin avec ces concepts rances, qui sentent bon l'esprit revanchard d'il y a plus d'un siècle.
Tout le monde a intérêt à ce que les salaires soient bons partout. C'est pour ça qu'on a fait l'Europe.
a écrit le 08/03/2016 à 7:48 :
L'Allemagne exporte. Très bien. Notamment au Sud de l'Europe. Elle a donc tout intérêt à ce que ses clients y soient solvables. Ce qui advient au sud de l'Europe (et devra encore arriver en France) c'est un ajustement des revenus aux performances de ces pays, l'outil de la dévaluation n'existant plus. Une baisse de salaire, c'est moins hypocrite qu'une dévaluation, mais ça a EXACTEMENT les mêmes effets à la fin.
a écrit le 07/03/2016 à 22:42 :
Tous le pays de la Zone Euro sont responsables de la situation.Soit, pour être Européen, en acceptant les principes économique imposés par des traités basés sur des théories qui ne pouvaient que convenir à l’Allemagne confrontée à sa réunification. Soit en abusant de la situation dominante de son économie issue d'une nécessité et surtout en la protégeant à tout prix.
Est que les Allemands sont proeuropéen?J'en doute.L'europe lui était nécessaire à un moment donné.Aujourd'hui qu'en est -il?
a écrit le 07/03/2016 à 19:10 :
Encore et toujours des faux semblants et comme ..toujours, les réformes en réalité les GOPE sont exigées par Bruxelles, les syndicats vont faire l' habituelle figuration scénarisée avant l' habituel ralliement.. En tant que membres de la CES, financées par la Commission européenne, tous ces syndicats touchent donc des subsides de la CES et se sont engagés, en échange de leur participation, à … soutenir les prétendues « réformes indispensables », notamment celles réclamées par l’Agenda Europe 2020.
a écrit le 07/03/2016 à 17:27 :
Oui enfin l'Allemagne a surtout fait ce qui était nécessaire pour se remettre à niveau, et n'a pas hésité à apprendre de ses erreurs (cf avec son éducation nationale) et à se restructurer en profondeur, au même moment où la France se gargarisait avec ses 35 heures. La France n'est plus que l'ombre d'elle-même, et en dehors des jeunes diplômés sans travail, personne ne se rend compte de rien, et personne ne juge aucune réforme nécessaire dans notre beau pays. La France de 2016 n'est ni plus ni moins que la Grèce du début des années 2000, le navire prend l'eau à marche forcée mais peu importe la population préfère danser et donner des leçons à la planète entière en attendant le cataclysme.
a écrit le 07/03/2016 à 16:35 :
Chaque semaine, M. Santi nous révèle un pan des plans du nouvel ordre mondial : après les taux négatifs et la société sans cash, l'Europe sous domination allemande, bientôt une tribune sur l'accueil des migrants ?
Réponse de le 08/03/2016 à 10:26 :
Et c'est bien en cela qu' il se révèle un des plus clairvoyants éditorialistes que je connaisse..
a écrit le 07/03/2016 à 16:26 :
Votre article ne fait pas de lien causal entre competitivité allemande et chômage au sud de l'europe. Je ne vois d'ailleurs pas de lien. Par contre, comment condamner les allemands dans leur volonté d'être compétitif? Ils defendent leur industrie et leur niveau de vie ; c'est normal.
Réponse de le 07/03/2016 à 22:15 :
Donc... vous admettez que l'Allemagne joue perso dans la zone Euro.
Vous trouvez ça normal ?
Réponse de le 09/03/2016 à 9:50 :
Nous faisons de mëme avec, par exemple: le crédit d'impôt recherche, dumping fiscal français, ou l'exception culturelle ou encore le financement de notre industrie pharmaceutique via nos dépenses sociales et j'en passe. Oui, la France défend ses intérêts comme l'Allemagne. Dernier point, c'est Merkel qui a proposé de s'engager avec nous dans un processus fédéraliste et nous avons refusé
a écrit le 07/03/2016 à 16:18 :
Quoi la vilaine Allemagne surveille nos déficits et nous empêche de mener une politique budgétaire encore plus déficitaire? Qu'elle est méchante cette Allemagne. On est déjà à 57% de dépense publique, 4% de déficit et 2000€ mds de dettes...vous proposez d'aller jusqu'où, parce que c'est vrai que ça a super bien marché pour nous jusqu ici avec ces vieilles recettes?
Rappelez nous aussi qui a demandé l'Euro en forme de deal/chantage et pour quel objectif? On n'aurait pas voté non plus le traité de Maastricht dès fois?
Inutile d'imaginer non plus combien de fois on aurait du dévaluer depuis 2008 et appauvri de ce fait les 60 millions de Français et ce que serait les taux d'emprunt actuellement.
Demander la pleine réalisation du plan Juncker et de son élargissement, la réalisation des objectifs décidés à Lisbonne, discuter enfin sérieusement d'un vrai budget zone euro, voilà du concret et pas de la complainte misérabiliste. Problème nous autres Français, on a le moral dans les chaussettes, on est tout rabougri et on a peur de tous les changements. Les Allemands nous attendent depuis longtemps sur ces sujets pourtant...On peut s'en prendre qu'à nous mêmes et même pas à nos "élites" politiques.
Réponse de le 07/03/2016 à 17:28 :
Bien d'accord avec vous, mais que voulez-vous, c'est tellement plus simple de jouer aux donneurs de leçon plutôt que de travailler pour que notre pays fonctionne mieux et soit de nouveau compétitif. Tout le monde a compris ça, à l'exception notoire de la France.
a écrit le 07/03/2016 à 16:18 :
Voilà un exemple de démocratie..
"Le parlement suisse vient de décider le retrait de sa candidature à l’adhésion de l’UE datant de 1992, à l’époque où elle n’était encore que la Communauté Economique Européenne (CEE), rapporte le Daily Mail. Le Conseil national a accepté par 126 voix contre 46 la motion de Lukas Reimann du parti d’extrême droite UDC, le plus grand parti du pays, qui réclamait ce retrait."

http://fr.express.live/2016/03/03/les-suisses-retirent-leur-demande-dadhesion-a-lue/
a écrit le 07/03/2016 à 16:01 :
La France avec ses 1% de la population mondiale représente 15% des dépenses sociales mondiales...je n'ai pas en mémoire le chiffre européen agrégé, mais on doit être à bien plus que 50% des dépenses mondiales totales pour 5 ou 6% de la population...Alors si en Europe on vit un cauchemar social, ailleurs ils sont dans quoi?

Que les baby boomers se soient votées des dispositions royales on le sait, comme on savait aussi que les générations suivantes ne pourraient pas en bénéficier: c'est simple on y est.
a écrit le 07/03/2016 à 15:41 :
L 'UPR ne dit rien d' autre et depuis toujours, la seule solution, sortir, vite et avec le seul parti qui le propose réellement.. L' analyse de celui-ci en 2012 déjà préfigurait déjà ce que nous allions vivre..

"Redonner du sens à la société dans laquelle nous vivons, redonner à notre vie collective ses valeurs éthiques, c’est aussi l’une des raisons, – et sans doute la plus importante avec la nécessité de préserver la paix du monde -, pour laquelle nous devons nous rassembler en urgence pour faire sortir la France de cette horreur économique et sociale dans laquelle nous plonge la prétendue « construction européenne ».

http://www.upr.fr/actualite/france/autre-bienfait-leurope-sociale-depuis-traite-maastricht-travail-nuit-explose
Réponse de le 07/03/2016 à 16:22 :
c'est surement parce ce "parti" ne dit rien d'autre qu'il ne percera jamais.
Réponse de le 07/03/2016 à 19:16 :
@@louis 21 16.22


Ceux qui ont percé comme vous dites sont dans la logique système mainstream, ceux-là donc qui ne changent rien à nos vies depuis 30 ans.

L' UPR qui bénéficie de la plus ..grande discrétion médiatique a cependant doublé son nombre d' adhérents en 2015 passant à plus de 10 000.. !
Réponse de le 07/03/2016 à 19:16 :
@@louis 21 16.22


Ceux qui ont percé comme vous dites sont dans la logique système mainstream, ceux-là donc qui ne changent rien à nos vies depuis 30 ans.

L' UPR qui bénéficie de la plus ..grande discrétion médiatique a cependant doublé son nombre d' adhérents en 2015 passant à plus de 10 000.. !
a écrit le 07/03/2016 à 13:59 :
On comprend mieux à la lecture de votre article au demeurant fort intéressant que le gouvernement français s'escrime à détricoter le code du travail ! Ainsi , comme pour le CICE, les promesses d'embauche du MEDEF ne seront absolument pas tenues, mais par contre le texte de loi lui restera !
En France ce projet sera aggravé par le fait que seul les salariés du privé sont mis à contribution, provoquant un accroissement des inégalités devant le travail et mettant une pression intolérable sur les épaules d'une seule catégorie de travailleurs.
Marine Le Pen n'a pas trop de soucis à se faire pour 2017 car la seule solution que vont voir les Français (et à juste titre d'ailleurs) c'est une sortie de l'Union Européenne et une punition des élites en place qui les ont mis là où ils sont,eux qui n'ont en plus rien changé à leur train de vie.
Réponse de le 07/03/2016 à 15:43 :
C'est du billard en 2017 pour le FN dites-vous, peut-être mais pas pour les français qui vont rencontrer le destin que le système met en place pour les duper !

http://www.upr.fr/videotheque-upr/les-21-versions-contradictoires-du-fn-sur-lue-et-leuro
a écrit le 07/03/2016 à 13:35 :
Mouais....pas très convainquant cet article. Parler de chômage de masse en Allemagne c'est pas très sérieux. Que dire alors du taux de chômage français, espagnol ou grec....
a écrit le 07/03/2016 à 12:13 :
Encore une recherche d excuse! Er si les francais speculaient un peu moins sur l immobilier et utilisait cet argent pour financer les pme et tpe. Et si la France arretait de gonfler ses effectifs de fonctionnaires notamment territorialux. Et si la France se dotait d une legislation antimonopole plus performante. Les pays du sud et notamment la France sont responsables d une politique monetaire farfelue et decidee uniquement dans l interet des speculateurs notamment immobiliers. Et si les journalistes faisaient vraiment leur travail!
Réponse de le 07/03/2016 à 12:51 :
Le CICE, les allègements de charges, le sur amortissement ne sont ils pas financés par l'effort des français ?
Réponse de le 08/03/2016 à 7:43 :
@@ Markus : Non, les mesures d'allègement pour les entreprises consistent à leur rendre une (petite) partie de ce qu'elles paient de trop. Elles ont juste permis de ramener leur niveau d'imposition à ce qu'il était à l'arrivée de Hollande. Royal cadeau...
a écrit le 07/03/2016 à 12:05 :
En France, la redistribution représente 30% du PIB...certains (je n'en connais -ni n'accepte- aucun dans mes proches) pourraient penser que c'est insuffisant.. Mais je veux bien croire qu'il y ait de la perte en ligne dans les administrations..et que les bénéficiaires n'en reçoivent qu'une partie.
Réponse de le 07/03/2016 à 12:49 :
Bonjour BH,

Pas de retraité dans votre entourage (11% de ladite redistribution)?
Pas de malade à la maison (assurance santé -et non redistribution, 11% également)?

Soyez sérieux, vous n'êtes pas même dans le cercle de vos proches...
Réponse de le 07/03/2016 à 13:29 :
@BH 07/03/2016 12:05
D'après Eurostat, en 2013, les dépenses de protection sociale s'élèvent à 33.7% du PIB en France et 29% en Allemagne. En s'alignant progressivement sur l'Allemagne, on pourrait gagner d'environ E 75 Mlds...
Evidemment certains écriront que c'est l'Allemagne qui doit les augmenter.
Cordialement
PS: Danemark et Suède sont à 33.3 et 30%.
Réponse de le 07/03/2016 à 14:52 :
Et en FRANCE, entre les subventions, les baisses de charges, les baisses d'impôts et le pillage de la caisse des retraite des salariés par les agriculteurs, (7 milliars d'euros), la redistibution représente 80 %des revenus des agriculteurs...
Et je ne parle même pas des hausses de prix artificielles du lait, du porc, apyées par les consommateurs
a écrit le 07/03/2016 à 11:51 :
Constat clair et net. Attention, les bien pensants vont vous accuser de germanophobie !

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