« Le rétablissement des comptes publics passe avant tout par la création de richesses et le plein-emploi » (27 députés Ensemble pour la République)
Par 27 députés Ensemble pour la République
Le 18 juillet 2024, la XVIIe législature s'ouvre à l'Assemblée nationale avec l'installation du bureau d'âge et l'élection du président de l'Assemblée à Paris.
OPINION – Par Mathieu Lefèvre et Charles Rodwell, avec 25 autres députés Ensemble pour la République.
« Faites-moi de bonne politique, et je vous ferai de bonnes finances. » Cet adage, prêté au baron Joseph-Dominique Louis, nommé grand argentier de notre nation à cinq reprises tout au long du XIXe siècle, constitue un écho éclairant aux choix politiques décisifs qui nous attendent à l'automne pour donner un budget à la France. Le Premier ministre, Michel Barnier, a fait du rétablissement des comptes publics une priorité de l'action de son gouvernement. Il a raison.
Cette ambition est indispensable à la protection de notre souveraineté, tout comme doivent l'être les politiques mises en œuvre pour y parvenir. En la matière, les périodes de préparation budgétaire sont toujours l'occasion de voir fleurir mille et une propositions qui, bien souvent, mêlent l'Arlésienne au baroque. Celles-ci nous invitent, nous députés, à exprimer publiquement deux convictions profondes qui guideront nos choix politiques pour la préparation de ce budget.
Premièrement, les impôts. Depuis 2017, avec le président Emmanuel Macron, nous avons engagé le réarmement économique de la France. L'ouverture de plus de 200 usines a contribué à la création de 2,5 millions d'emplois, mettant fin à ce mal français qu'était le chômage de masse. Notre pays est devenu le plus attractif d'Europe. Ces succès, nous les devons notamment au volontarisme politique de l'ancienne majorité, qui a massivement baissé les impôts des ménages comme des entreprises. Mais malgré cette politique fiscale massive et sans précédent - 60 milliards d'euros de baisse d'impôts en sept ans ! -, la France demeure l'un des pays dont le taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé au monde.
La justice sociale ne saurait constituer le prétexte d'un défouloir fiscal.
Il nous paraît donc impensable qu'après sept années de baisse d'impôts ce soit l'alliance du bloc central qui finisse par renoncer à la stabilité fiscale pour les augmenter. Trop d'impôt tue l'impôt. La justice sociale ne saurait constituer le prétexte d'un défouloir fiscal : toute hausse d'impôt contribuerait à dégrader la compétitivité retrouvée de notre pays, à rompre le pacte de confiance noué avec les Français, à faire fuir les entreprises et à condamner tout partage de la valeur.
Deuxièmement, les lois de programmation budgétaires. Depuis sept ans, nous avons engagé le réarmement régalien de la France pour renforcer la sécurité des Français, améliorer l'efficacité de la réponse pénale, réduire l'immigration illégale et renforcer notre puissance militaire. Là encore, il nous paraît impensable que ce soit l'alliance du bloc central qui remette en question ce cap clair défini par les trois lois de programmation budgétaires des ministères de l'Intérieur, des Armées et de la Justice. Aux solutions de facilité, nous préférons des combats certainement plus difficiles, mais fondamentaux pour rétablir durablement les comptes publics.
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Le rétablissement des comptes passe avant tout par la baisse de la dépense publique.
Oui, le rétablissement des comptes passe avant tout par la baisse de la dépense publique. Depuis le début des années 2000, celle-ci a doublé dans notre pays. Les Français sont-ils pour autant deux fois plus heureux ? Dans leurs pactes d'action respectifs présentés cet été, le bloc central comme la droite républicaine en ont fait la mère des batailles : la baisse des dépenses de l'État - par le culte de la performance de nos politiques publiques, par la suppression de dizaines d'agences et de comités Théodule, et de milliers de doublons, par la simplification de l'action publique et la baisse du nombre de fonctionnaires en préservant nos services publics de proximité - et l'amélioration de l'efficacité des dépenses sociales par la poursuite et le maintien des transformations profondes engagées ou à venir, comme les retraites et la solidarité à la source.
Oui, le rétablissement des comptes publics passe avant tout par la création de richesses et le plein-emploi. La baisse massive du chômage depuis sept ans a rapporté 40 milliards d'euros aux comptes publics. Si notre taux d'emploi atteignait celui de l'Allemagne, la France pourrait combler durablement son déficit public. Là est le chemin pour financer notre modèle social sans porter atteinte à la compétitivité de nos entreprises ni pénaliser les Français qui travaillent. Assumons de mener des réformes courageuses - notamment celle de l'assurance chômage - pour atteindre le plein-emploi.
Enfin, le rétablissement des comptes publics passe par la poursuite de notre lutte sans merci contre la fraude sociale et fiscale qui gangrène encore notre pays - malgré les progrès notables de ces dernières années - et dont dépend grandement le consentement des Français à l'impôt.
Parce que nous croyons à l'émancipation par le travail pour achever le réarmement économique de la France et parce que nous croyons aux vertus du temps long pour accomplir son réarmement régalien, nous appelons Michel Barnier et son gouvernement à ne pas céder au chant des sirènes de ceux qui nous promettent plus d'impôts et moins de dépenses régaliennes.