À quelle sauce les grandes entreprises vont-elles être mangées ? Comme les ménages les plus riches, les plus grosses sociétés pourraient être appelées à contribuer à l'effort pour redresser les finances publiques, a annoncé le Premier ministre Michel Barnier au 20H de France 2 dimanche soir. Pour rappel, le déficit public est en passe d'atteindre 5,6% du PIB cette année - au lieu de 5,1% anticipés - voire 6% selon les Echos, alors que l'Union européenne impose à ses membres de contenir leur déficit sous les 3%.
Ainsi, interrogé sur une éventuelle hausse de l'impôt sur les sociétés, le Premier ministre a botté en touche : « Je ne dis pas cela, mais je pense que les très grandes sociétés peuvent aussi contribuer à l'effort national de redressement », a-t-il insisté.
Augmenter l'impôt sur les sociétés (IS) est pourtant l'option la plus probable, selon l'économiste Éric Heyer. Pour ce faire, deux leviers sont possibles, souligne-t-il : soit relever le taux de l'IS, actuellement fixé à 25% du chiffre d'affaires des entreprises, soit instaurer une surtaxe d'IS. « Lorsque le gouvernement augmente le taux d'IS, il ne sait pas quand il va le rabaisser, tandis que la surtaxe est transitoire », explique le directeur du département Analyse et Prévision de l'OFCE. « Cette surtaxe peut soit s'appliquer à toutes les entreprises, soit cibler les entreprises d'une certaine taille ou un certain chiffre d'affaires », précise Éric Heyer.