Le revenu universel est-il une solution progressiste pour évoluer vers une société nouvelle ?

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(Crédits : Benoit Tessier)
OPINION. La réponse à cette question est catégorique pour les partisans comme pour les opposants au revenu universel. Oui bien sûr, pour les premiers. Non, évidemment non, pour les seconds. Objectivement nous constatons que ces positions nettes et impulsives reposent plus sur un sentiment nourri de croyances et d'idéologies que sur une réflexion profonde et objective. Par Didier Curel, Auteur (*)

Posée sur la table il y a des siècles, notamment dans l'UTOPIE de Thomas More (1615), l'idée de la rente universelle a fait son chemin au fil des décennies mais n'a jamais été plus probable qu'en ce début de millénaire. Au XXe siècle, le « tout argent » a pris la place prépondérante dans la société, abondant un système économique censé libérer l'homme. Sur l'autel de cette liberté scripturale, ce même homme a sacrifié sa liberté d'humain. Soumis à l'argent roi, il se doit d'en acquérir, certes pour « gagner sa vie », mais aussi et surtout élever son rang social. La valeur argent possédée se transfère comme par magie en valeur humaine, donnant à son possesseur une vertu de réussite, dite sociale. Je possède donc je suis !

Peu importe la pensée, le savoir ou le faire, l'avoir est la seule valeur de l'homme d'aujourd'hui. Ceux qui n'ont pas ne sont que de petites mains ne méritant rien d'autre que du mépris. Oui mais, quand les temps deviennent difficiles alors le savoir-faire s'impose de fait et tend à reprendre sa place. Les « basses besognes » humaines redeviennent essentielles, les penseurs sont sollicités, l'agir devient la valeur. Là où le soignant et le livreur, le producteur et le bénévole n'étaient que des gueux que le possédant tolérait, ils deviennent la valeur refuge, ceux dont l'indispensable action au sein de la société ressurgit comme une évidence. Chacun prend conscience de son niveau d'essentialité, entrainant déception ou enchantement. Nourrir, soigner, protéger ont pourtant toujours été le ciment de la vie commune, les fameux besoins vitaux et nécessaires dépeint avant notre ère par Epicure. Aujourd'hui, face aux événements, chacun ou presque le sait, en a pris conscience.

Cette révélation vient alors bousculer les repères et les croyances économiques. Acheter de tout, tous les jours n'est pas vital à l'humain, mais indispensable au système économique géré à flux tendus pour produire rentable, pour produire plus, toujours plus, quitte à piller les ressources de mère nature, quitte à les gaspiller sans vergogne au nom de la croissance.

Le revenu universel apparait alors comme un miracle pour certains et un pas de plus vers l'esclavagisme moderne pour d'autres. Aucun n'a tort, tous ont raison. Le revenu universel peut tout être. S'il est réduit à une allocation comme une autre venant abonder les comptes bancaires de chacun dans le seul but de lutter contre la pauvreté, alors il sera source de spéculation, de thésaurisation, il deviendra sujet à crédit, à évasion fiscale et certainement à inflation. Rapidement insuffisant à satisfaire les besoins de chacun et il devra être réévalué régulièrement pour finalement ne rien résoudre. A l'opposé de sa capacité à mieux répartir, il se réduira à satisfaire la soif de posséder des uns, mieux placés, au dépend des autres, soumis à leur joug. Son financement anéantira la force économique de l'état que les « marchés » remplaceront totalement alors. En guise de lutte contre la précarité, il sera source de pauvreté extrême pour nombreux et de fortune colossale pour quelques élus.

Le revenu universel fait peur

Faut-il en rester là par peur de l'avenir, oubliant que ce dernier souri aux audacieux, faut-il laisser la crainte pétrifier les élans évolutionnaires ? Certainement pas. Elle doit au contraire nous forcer à plus de réflexion, à pousser plus loin nos pions vers un monde meilleur. Après tout n'est ce pas la course dans laquelle nous nous sommes engagés depuis la nuit des temps.

Pour répondre oui à la question il faut certainement aller plus loin et se poser les bonnes interrogations. Comment faire du revenu universel un outil écologique, humaniste, libérateur et émancipateur ? Comment le protéger pour le soustraire à l'évasion fiscale et à l'inflation, à l'enrichissement des plus riches et à la spéculation ? Quel doit être le circuit des flux de monnaie qu'il va engendrer et comment les maitriser pour atteindre ces objectifs ?

En premier lieu, ne faut-il pas s'interroger sur le moyen de distribution. Une mise à disposition via le système bancaire réduira à néant les effets sociaux d'un revenu universel. Mais un moyen de paiement tout aussi universel, géré indépendamment des banques commerciales peut remplir ce rôle. De son particularisme dépend sa vitalité et son immunité au virus spéculateur qui le guettent. Hors du système bancaire, son usage pourra maintenant être mieux orienté vers des entreprises aux pratiques vertueuses. La résonance du revenu universel sur l'ensemble de notre société deviendra alors positive et l'usage raisonné de cette valeur monnaie attribuée à tous orienté vers des entreprises productrices, de services ou commerçantes choisies pour leurs vertus. Ecologie, impact social, fiscalité, solidarité... seront alors les maîtres mots d'un nouveau modèle économique.

Pour s'écarter d'une accumulation par l'épargne de ceux qui n'en ont pas besoins, le revenu  universel ne peut être cumulable d'un mois sur l'autre. Un plafond de disponibilité sera indispensable, ne permettant à aucun de thésauriser sur son compte revenu universel un montant supérieur à l'attribution mensuelle.

Dés lors, ce revenu universel, perpétuel et éphémère, sera une solution évolutionnaire pour avancer vers une société nouvelle. Pour cela il faut cesser de se concentrer sur son attribution, sur qui le recevra, de combien sera son montant. Oublier aussi ce que nous savons de cette économie, oublier la religion de la croissance, oublier la loi du plus fort, du plus riche. Une fois chose faite, il faudra se préoccuper de la gestion des flux engendrés par la mise à disposition du revenu universel, s'assurer de l'imperméabilité du circuit, et de l'absence de capitalisation.

_____

(*) Par Didier Curel, Auteur.
Bibliographie : "Le revenu universel perpétuel et éphémère". Editions JDH. Octobre 2020 ; "L'Europe est à nous. Comment l'Europe et le revenu universel pourraient changer nos vies !". Editions du Net. Décembre 2017 ; "Opinion publique". Roman Editions France Europe. Novembre 2001. A paraître : "Dykhotomia . Roman. Editions La Trace Novembre 2021.

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Commentaires
a écrit le 22/01/2021 à 9:45 :
Je présente mes excuses à Didier Curel pour avoir employé le mot "ânerie" à propos d'une de ses positions.
Le principal est le débat entre citoyens responsables et démocrates.
Chacun apporte sa pierre à l'édifice qu'est la Société selon ses convictions...
Chaque avis est recevable.
Cordialement
Marc
a écrit le 04/01/2021 à 21:09 :
moi aussi je veux bien juste gagner 10 ou 20.000 euros nets sans impots ( entre 25 et 50.000 euros bruts donc) par mois , un peu comme un footballeur pauvre, et sans rien faire
avant on apprenait aux gens qu'il fallait travailler pour s'en sortir
maintenant on leur dit que l'argent tombe du ciel
he ben le jour ou il y aura une guerre ca ne sera jamais que ce qui etait prevu
epargnez les bougies les oursons, et les panneaux pacifistes ' je ne suis pas guerre'
la france du nivellement par le bas commencent a comprendre que ceux qui tiraient la charette ne le font plus donc ceux qui payent les pots casses au deuxieme tour des impots sont sont qui n'ont plus de boulot?
alors on remet un tour de vis?
he ben vous allez avoir le deuxieme tout de vis de la descente!
avant la troisieme, ca sera un sympathique moustachu facon debut de siecle
et ne venez pas pleurer ou demandez ' une grande cohesion nationale a la montebourg pour redresser le pays dans la justice patriotique'
demerdez vous tout seul en assumant les consequences des decisions, aussi cons soient elles
et la, l'atterrissage va etre violent!
a écrit le 02/01/2021 à 13:08 :
Je ne vois pas en quoi un revenu non cumulable un mois sur l'autre empêche la capitalisation : il suffit de le dépenser en priorité et d' épargner les autres revenus . Par ailleurs il ne pourrait pas non plus servir à rembourser une dette, car le remboursement d'une somme empruntée et investie (crédit immobilier, création d'entreprise par exemple) est une épargne. Cela aurait par contre l'avantage de le rendre insaisissable.
a écrit le 29/12/2020 à 14:49 :
" Le revenu universel peut tout être". Oui d’accord alors pourquoi ne développer que les arguments qui sont CONTRE
"S’il vient abonder les comptes bancaires de chacun dans le seul but de lutter contre la pauvreté, alors il sera source de spéculation, de thésaurisation, il deviendra sujet à crédit, à évasion fiscale et certainement à inflation. Rapidement insuffisant à satisfaire les besoins de chacun et il devra être réévalué régulièrement pour finalement ne rien résoudre".
Ça ce sont les arguments CONTRE… Où sont les arguments POUR ?
"En guise de lutte contre la précarité, il sera source de pauvreté extrême pour nombreux et de fortune colossale pour quelques élus."
Comment peut-on dire une « ânerie » pareille, ? 1000 € par mois cela éradiquerait réellement la précarité et la pauvreté mais ne ferait EN AUCUN CAS de fortune colossale !
Cela ne peut que favoriser la consommation (même si seulement 50% est dépensé immédiatement) et donc garanti au Capitalisme de pouvoir écouler sa production. Sinon c’est la déflation qui menace comme aux USA (et non pas l’inflation)
Je vous invite à lire ma thèse « Le revenu Universel Une Utopie Réaliste » en vente sur les plates formes internet et librairies (0,99 € en E-book) Auteur Marc PEZALE (c’est moi)
Réponse de le 29/12/2020 à 18:29 :
L'argument pour est surtout valable en France. En effet c'est l'argument de simplification de l'existant tout simplement, puisque tout le monde a droit (ou presque) à 500 euros dans notre pays sauf les jeunes de 18 à 25 ans...ce qui est une anomalie. Il faut par contre rapprocher impôts directs (y compris cotisations) et allocations en appliquant à la place de tout ceci une seule formule simple (linéaire affine) et individuelle (pour avoir une famille, on additionne car les enfants ont une somme forfaitaire négative). On supprime alors la quasi totalité des allocations (sauf logement et handicap qui ne peuvent être universelles) et la totalité des niches et crédits d'impôt (dont quotient familial). Plus besoin non plus de progressivité de l'impôt puisqu'elle est donnée par le revenu universel (constante de l'application linéaire affine).
Réponse de le 29/12/2020 à 18:55 :
Cher Marc, Bonjour,
on ne se connait pas mais je suis heureux de vous sentir en pleine forme.
De toute évidence vous avez retenu de cet article ce qui vous a permit d'écrire ce commentaire quelque peu méprisant.
Je vais dés demain commander votre livre dans ma librairie et je vous promet de ne pas dire "ânerie" à son sujet ou au votre.
Non, 1000€ par mois n'éradiqueront pas la pauvreté, pas plus que toutes les autres mesures déjà prises dans ce sens. De l'inflation, oui, de la création de crédit oui, de l'évasion fiscale certainement et en quelques cycles la situation reviendra la même et certainement pire.

Je vous invite à lire le livre que je viens de sortir sur le sujet, qui, je l'espère donne une possibilité de mettre en place un revenu universel sécurisant, écologique, social,.... .
Le Revenu Universel Perpétuel et Ephémère. Editions JDH. Octobre 2020.

Cordialement.
Didier
Réponse de le 24/01/2021 à 8:21 :
Euh avez-vous lu le texte dans son intégralité ??? Vous vous êtes arrêté à la première partie je crois prenez le temps d'une relecture.
a écrit le 28/12/2020 à 10:36 :
Comme par hasard tout ceux qui pour le RU ne sont jamais au pouvoir, et quand ils y sont, ce fameux RU n a rien d universel, et il est jamais suffisant pour sortir de la pauvreté et assortie de conditions strictes qui limitent sa généralisation ou et contre l abandon de certains avantages sociaux. Et puis personne n a tjrs pas expliqué au on aller sortir l’argent, alors que l on nous explique que le RMI a explosé ces dernières années et que l on a de en plus en plus de mal à le financer, et je ne parle pas des objectifs de réduction des retraites qui serait trop lourd pour les budgets sociaux ! Tout cela est une arnaque qui permet de se donner une bonne conscience, pour cacher son impuissance politique, sans s attaquer aux véritables problèmes, la mondialisation et l ultra libéralisation des échanges et de la finance.
a écrit le 24/12/2020 à 9:20 :
la raison pour laquelle les socialiste souhaite un revenue universel est simple
en tres clair vous le populasse vous n'avez rien a dire et nous l'elite faisant ce qu'il nous convient
a nous le pouvoir et ce qui vas avec et a vous les miettes
a écrit le 21/12/2020 à 18:32 :
Même pas du niveau de 1° année de Sciences Eco ... Mérite d'être publié dans l'Epatant mais pas dans la Tribune de l'Economie ? Et la richesse se crée comment ? Et le revenu universel , un revenu écologique ? Quel amalgame !! Et on se permet de critiquer la pauvreté des analyses sur le sujet !!!!
a écrit le 21/12/2020 à 1:43 :
Il n'y a rien d'universel si seulement quelques états "riches" implémentent un revenu minimum pour chaque citoyen d'autant plus sous condition de ressources.

L'idée du revenu "universel" c'est surtout la lutte contre l'extrême pauvreté croissante au même titre que l'extrême richesse. Les pauvres n'ont pas besoin d'argent mais de manger et dormir dans un lieu sûr pour éventuellement trouver une activité créative utile à la société.

Au regard du progrès technologique, le travail contraignant (physiquement ou mentalement) devrait être modéré et non plus reposer sur une seule paire d'épaules ou un seul cerveau pendant que d'autres ont l'esprit chagrin par leur inutilité à la société.

On peut aussi se poser la question, s'il est encore nécessaire de pratiquer une politique familiale nataliste dans un pays développé à faible mortalité (cf. impact sur l'environnement de la consommation individuelle).

Plutôt qu'un revenu "universel", ne serait-il pas préférable de disposer d'un droit alimentaire (e.g. bons alimentaires) et d'un droit au logement citoyen (e.g. chèque logement) en remplacement du RSA?

En effet, plus nous remplaceront l'homme par la machine, moins le travail humain sera nécessaire et il serait bien de mieux répartir les fruits du progrès entre les hommes.

Ceci dit aucune machine n'est à ce jour capable d'éduquer nos enfants à notre place et les enfants resteront toujours à la charge de leurs parents dans les limites de la politique familiale.

Pourquoi ne pas limiter les allocations familiales à 3 enfants et en verser dès le 1er?

En effet, nous perdons en diversité de notre patrimoine génétique lorsque certains individus se surmultiplient tandis que d'autres renoncent par absence de considération nationale.
Réponse de le 21/12/2020 à 15:12 :
Bonjour,
La proposition établi dans le dernier ouvrage paru: Le Revenu Universel Perpétuel & Ephémère, ne propose pas de bon achat ou logement, mais ma réflexion s'est porté sur ce thème en centralisant la fonction du RU vers les besoins vitaux et nécessaires de chacun, et en sélectionnant les commerces et services qui pourront recevoir les sommes mises à disposition via le RU en paiement de leur bien et/ou service. Au delà de cela, le coté écologique et social pourra aussi être mis en valeur.
Cdt.
a écrit le 20/12/2020 à 8:12 :
Revenu universel = retour a l'esclavage !
Une frange de la population -les travailleurs - asservie a l'entretien de la société et d'une autre frange oisive !
Le meilleur des mondes , celui des utopistes ......
Réponse de le 21/12/2020 à 15:06 :
Tout d'abord, le revenu universel s'adresse à tout le monde, que l'on ait ou non un emploi, donc déjà là il n'y a pas d'inégalité. D'ailleurs, croire que le financement ne peut reposer que sur l'emploi est pour le moins anachronique. Désormais, on peut taxer la consommation, les machines, les transactions financières ou le chiffre d'affaires, ou même la création monétaire.

Ensuite, l'esclavage c'est le fait de devoir travailler pour survivre, et c'est aujourd'hui. On a aboli juridiquement l'esclavage par les armes et la torture pour mieux le faire passer par la "valeur travail". Michel Foucault était visionnaire dans son texte "Surveiller et punir" qui annonçait déjà les mutations du système de pouvoir, soit le remplacement de la force sur les corps par la force sur les esprits.

À préciser que la philosophie du revenu universel c'est qu'il est distribué par définition à tout le monde, que l'on soit en emploi ou non. Donc si vous avez un emploi, vous êtes toujours gagnant par rapport à celui qui n'en a pas et qui pourra se contenter de moins et mieux organiser sa vie parce qu'il ne sera justement pas sous pression du chantage à la faim (et condamné à obéir aux caprices du marché de l'emploi pour survivre par la même occasion).

Enfin, vous parlez "d'oisiveté" mais c'est là typiquement le réflexe avec lequel il faut en finir, puisque l'emploi n'est pas la seule forme de travail. Notre système monétaire-marchand nous a formaté à croire que la seule manière d'être actif était l'emploi, et que si on n'était pas dans le circuit, on était automatiquement de vilains paresseux. Le revenu universel vise aussi à reconnaître précisément toutes les autres formes de travail, aujourd'hui dévalorisées à tort, et qui créent tout autant des richesses.

PS : Excusez-moi mais cela ne sert strictement à rien de commenter un article que vous n'avez manifestement pas lu et encore moins compris.
a écrit le 19/12/2020 à 23:15 :
Un flot de blabla pour une bonne idée. Une bonne idée pour faire disparaître la misère : ne pas oublier ce qu'on doit à Michel Rocard, le père du RMI (RSA).
Mais quel pays peut se le payer sans attirer un flot d'immigrants qui feraient chavirer la barque ?
Et quel accord international serait possible pour qu'il soit appliqué partout sur Terre ? Actuellement impossible vues les rivalités multiformes.
Quant à la thésaurisation, c'est un faux argument : où a-t-on vu des RSAistes faire de l'épargne alors qu'il faut survivre ?
Réponse de le 21/12/2020 à 2:00 :
Supprimons le droit du sol et nous verrons l'attrait du sol français disparaître au regard du coût de la protection sociale nationale.

Mécaniquement les chants des "sirènes" exotiques vont doubler d'intensité pour berner les marins français dans les eaux de la mondialisation et ceci pourrait pousser à réserver les naturalisations uniquement aux enfants des unions exotiques.
a écrit le 19/12/2020 à 18:53 :
Le revenu universel sera inconditionnel ou ne sera qu'une figure de plus de cette rhétorique de la lutte des classes, désormais bréviaire de la pensée dominante. Ses adeptes semblent en effet trop aveuglément acquis à cette dernière pour se résoudre à une évidence : les inégalités sociales ont toujours augmenté avec la prospérité du binôme démographie-économie, exponentiellement depuis la première révolution industrielle et le marxisme qu'elle a vu naître. Que lui soit abusivement attribuée une amélioration incontestable de nos conditions de vie qui doit tout au progrès scientifique et technique n'y change rien. La rémanence de revendications sociales qui s'expriment depuis des millénaires est au contraire la preuve de son impuissance à procurer la justice ou pour le moins l'égalité qu'elle promet.

En dépit des sentiments que peut inspirer l'iniquité qui y règne, nul n'a en effet les pouvoir de modifier durablement une structure sociale dont le caractère pyramidal est dû à l'altérité génétique et sociale de ceux qui la composent. Une minorité de riches y bénéficient d'une abondance sans limites alors qu'une immense majorité est condamnée à la pauvreté, voire à un dénuement total semblant irréversible pour les plus déshérités. Nous pourrions pourtant modifier cette situation, simplement en élevant l'ensemble de notre pyramide sociale par rapport à l'échelle de richesse collective à laquelle elle est associée, plutôt que de chercher obstinément à en abaisser le sommet. Nous isolerions de la sorte sa base du niveau zéro de la richesse et permettrions aux plus pauvres d'échapper à leur condition extrême.

Il faudrait pour cela, non plus se focaliser sur nos inégalités sociales mais en reconnaître les causes réelles et profondes : Plus les êtres humains sont nombreux plus leurs besoins sont grands et leur production stimulée pour les satisfaire, avec l'aide d'un progrès constant. Ils s'inventent en outre sans cesse de nouveaux besoins dont la satisfaction nécessite des moyens humains et matériels toujours plus importants. Par le jeu des échanges de ce qu'ils produisent et les profits qui en résultent, la richesse de la société n'a jamais cessé d'augmenter depuis que l'homme existe – quelles que soient les conditions de son partage et en dépit de périodes de guerres, durant lesquelles la destruction de ces richesses dépasse leur production –, pendant que s'est hypertrophiée sa pyramide sociale, du fait d'une multiplication incessante de ses habitants de toutes conditions, avec prépondérance des plus pauvres. Il faut être conscients du fait que selon la définition de la pauvreté et la partition correspondante de notre pyramide sociale, le nombre de pauvres y est de 6 à 20 fois celui des riches. C'est ainsi que son sommet s'éloigne toujours plus de sa base et que les inégalités sociales se creusent en permanence d'autant.
a écrit le 19/12/2020 à 17:30 :
Si on considère un célibataire adulte et si on trace la courbe qui à son revenu brut associe la défférence entre les prélèvemennts directs qu'il paye (cotisations, CSG, IRPP) et les allocations qu'il touche hors logement (RSA, prime d'activité...) on trouve ce qu'on appelle un impôt algébrique qui est d'abord négatif quand les revenus sont faibles puis positif. La courbe pour être juste doit être continue, croissante et convexe (taux d'imposition marginal croissant). Si on décompose cette courbe en une courbe principale jusqu'à un taux marginal de 50% prolongée ensuite par une droite et une courbe additionnelle pour les très riches (dernier centile) prenant effet là où le taux marginal global serait supérieur à 50%, On a alors un impôt principal algébrique qu'on pourra remplacer par une droite de pente 50% et de même rendement donc ne passant pas par zéro et ainsi plus redistributive (car au-dessus de l'asymptote) et un impôt additionnel sans doute peu rentable car favorisant l'exil (effet de la courbe de Laffer). En réalité aujourd'hui le dernier centile paye moins que la droite à cause du plafonnement des cotisations et des niches de l'IRPP. Cette droite c'est simplement une grande CSG remplaçant tous les prélèvements directs couplée avec un revenu universel voisin du RSA. En taux marginal on trouve quelque chose d'assez proche de celui qui s'applique à une personne aisée dont le revenu brut est compris entre 5000 et 10000 euros par mois donc plutôt la tranche à 30% pour le seul IRPP dont on notera d'ailleurs qu'elle distribue un RSA par part avec le quotient familial. Il suffit ensuite d'additionner ce qui se passe pour les personnes y compris avec des enfants qui pourraient avoir 1/2 RSA pour obtenir ce qui se passe sur des foyers. En passant on simplifie l'existant en additionnant car l'existant est complexe et intrusif pour les familles. Toutes les allocations disparaissent (sauf logement et handicap mais y compris allocations familiales) et tous les crédits d'impôts disparaissent aussi (y compris quotient familial de l'IRPP). C'est une grande simplification souhaitable. Faites l'exercice avec trois salaires bruts (0, le SMIC, 10000 euros par mois) en divisant par deux et en ajoutant 500 euros et vous trouverez quelque chose de raisonnable (car celui qui touche 10000 euros bruts reçoit aujourd'hui en net après PAS...5800 euros !). Donc le revenu universel est atteignable en France sans beaucoup d'effort et sans beaucoup de désincitation au travail car avec 500 euros, on cherche en général à travailler. Resterait le logement à traiter différemment : fournir un logement normé et faire payer un loyer égal à 1/3 du revenu disponible par exemple....
a écrit le 19/12/2020 à 5:44 :
Une societe de pauvres gouvernee par des tres riches, en somme ?
Et le travail, qui va le faire , les poubelles, le traitement de l'eau, la protection du territoire par des pro de la gachette ?
Article utopique sans avenir aucun.
a écrit le 18/12/2020 à 19:34 :
Les départements et les communes ne peuvent plus payer le RSA dû à l'explosion de la pauvreté et on nous parle de RU !!! Qui va le financer ? 800 euros versés pour 50 millions de personnes c'est plus de 500 milliards d'euros, sans compter la formidable pompe aspirante pour l'immigration, et comme nous sommes le pays le plus taxé et celui qui verse le plus d'aides sociales au monde, bon courage.
Réponse de le 19/12/2020 à 18:31 :
Bonjour,
Paradoxalement, le financement n'est pas le problème. La mise à disposition serait relativement simple. Là où la difficulté apparaît c'est quand on s'intéresse à la gestion de flux en aval.
Cdt.
Réponse de le 21/12/2020 à 1:49 :
L'extrême pauvreté peut être compensée en taxant plus l'extrême richesse, encore faut-il le vouloir...
a écrit le 18/12/2020 à 19:27 :
Le Revenu Citoyen Universel (RCU) toujours contre un minimum de travail d' intérêt public communal (sauf personnes âgés car même une personne âgé peut s'occupé de surveiller la sortie des écoles ... , handicapés) est très intéressant pour l’avenir :
1) universel donc pour tous : exemple 600 € par mois
2) pour ceux qui ne dépassent pas 600 x12 soit 7 200 € de revenu versement sur c/c utilisable seulement par carte bancaire nominative et photo par La Poste avec possibilité de retirer un peu d’argent liquide exemple max 20 € par semaine puisque la carte sert à régler les achats d’ aliments, vêtements, livres, journaux,loyer, transports, gaz, électricité …
Si un citoyen a un revenu de 6000 € annuel le citoyen reçoit comme RCU la différence de 1200€ sur 12 mois soit 100 € par mois sur cet exemple.
Si le citoyen a un revenu supérieur au revenu citoyen il pourra le déduire de sont revenu annuel avant le calcul des impôts dus
Ainsi le Revenu Citoyen devient Universel
3) avec le RCU c’est la fin de toutes les aides actuelles : allocations, APL, RSA,… ainsi qu’une grande partie des déductions d’impôts
4) RCU à partir de 18 ans cela aidera les jeunes pour les études ou formations (apprentissage). Les budget pour les bourses de l’Université seront ainsi réservés à ceux qui réussissent les examens annuels et s’ajoutent au RCU auquel chacun à droit.
5) Le RCU doit être versé toujours contre un travail d’intérêt collectif de 24 heures ou plus par semaine pour la commune de résidence travaux organisés en équipe par la mairie
6) responsable du bon fonctionnement Mairie pour les travaux et les contrôles mensuels / CAF / La Poste pour les payements mensuel
7) le revenu universel ne peut être cumulable d'un mois sur l'autre ; si à la fin du mois il reste des sommes sur les comptes RCU celles ci seront annulées. Dans cet exemple le 30/31 du mois 0 € et le 01 du mois suivant 600 € il n’y aura pas de cumul possible avec des restes du mois précédents.....
Un système un peu semblable fonctionne en Italie depuis 2019
Réponse de le 18/12/2020 à 23:50 :
Allez vivre avec 600 euros par mois ? C'est presque le niveau du RSA et en plus vous supprimez des prestations sociales et je ne parle pas de l'usine a gaz et cerise sur le gâteau vous forcez les gens a travailler !!!
Réponse de le 19/12/2020 à 10:28 :
Travailler 24h/semaine en sus des 35 ? Hum hum. Vos propos sont proches du bouton contenu abusif.
Réponse de le 19/12/2020 à 14:48 :
réponses à reverjovial et Zblm
1) 600€ est un exemple pour une personne il faudra donc vérifier combien pour un couple avec 1,2 ou plus d' enfants....
2) aujourd'hui vous avez une distribution d'aides une véritable usine à gaz,
le revenu citoyen universel simplifie
3) le RCU c'est donnant donnant contre quelques heures de travail pour votre mairie de résidence est à définir pour avoir le droit de toucher cette aide
Réponse de le 19/12/2020 à 17:49 :
RU en Italie ne concerne que 6,5 millions d'italiens, il est de 850 euros qui ne sera versé que 2 ans au maximum avec une obligation de trouver du travail, de plus si vous avez déjà un revenu, ou pour une retraite il sera défalquer de la valeur de celle ci avec un plafond maximum de 850 euros, pour finir il n'a rien d'universel puisque il faudra avoir des minimas sociaux pour le toucher comme pour le RSA. On revient tjrs au financement qui imposera des déficits ou et des prélèvements massifs ?
Réponse de le 19/12/2020 à 19:23 :
réponse à reverjovial:
1) le système italien est un peu semblable dans la démarche il n'est pas universel mais c'est un début
2) comme je l'indique dans le point 3 du RCU il faudra défalqué si vous avez un revenu inferieur au RCU et ne recevrez plus que la différence entre votre petit revenu et le RCU rien de compliqué.
3) le RCU est simple et le financement est absorbés en très grande partie par l'annulation de toutes les aides communales régionales nationales, allocations, RSA, ...., réductions et déductions d' impôts....
a écrit le 18/12/2020 à 11:38 :
" Objectivement nous constatons que ces positions nettes et impulsives reposent plus sur un sentiment nourri de croyances et d'idéologies que sur une réflexion profonde et objective"

Une bien belle vérité, merci beaucoup ! Déjà moi ça me met bien en appétit pour le reste de l'article... ^^

Et bien j'ai tout lu et j'affirme que si on vous confiait la mise en place d'un revenu universel ce serait certainement une réussite magnifique. Et apprendre à l'école, dès le plus jeune âge, l'importance du travail ce que ce revenu universel pourrait permettre le nettoyant de son dumping social qui a massacré la valeur travail. Que le travail soit un choix et non une contrainte mais qu'il soit toujours bien là.
Réponse de le 19/12/2020 à 18:27 :
Bonjour, merci pour ce commentaire.
Une réflexion sur l'école est faite dans le dernier livre paru, Le Revenu Universel perpétuel et Ephémère. Effectivement chacun doit avoir le choix de son travail.
Cdt.
Réponse de le 20/12/2020 à 8:50 :
Mais le travail est indispensable, chacun doit travailler, ça aussi c'est très important. Le problème du travail actuel c'est que notre classe dirigeante qui elle s'enrichie et détruit le monde sans rien faire, l'idéologie de la dictature financière, a fait de cette notion un véritable repoussoir sans parler de leur propagande via leurs médias afin de nous faire croire que le bonheur serait de consommer, et jamais de travailler vous remarquerez bien.

On peut rendre le travail agréable pour tous, l'adapter aux individus mais un minimum de quelques heures par semaine me semble indispensable. Et je vois le revenu universel comme justement une arme, peut-être bien la seule même, contre cette éradication de la valeur et notion du travail par notre oligarchie.
a écrit le 18/12/2020 à 11:30 :
Ce n'est pas "un revenue universel" qu'il nous faudrait mais "un découvert bancaire universel" afin de mieux faire circuler la monnaie! Mensuel et remis a zéro a condition d'être a découvert!
Réponse de le 19/12/2020 à 18:24 :
Bonjour, dans le dernier livre paru, Le Revenu Universel perpétuel et Ephémère, c'est cela qui est décrit. Un compte RU.P.E qui ne peut être que négatif avec un plancher et remis à zéro chaque début de mois.
Cdt.
Réponse de le 24/12/2020 à 13:07 :
Bonjour!
Je ne vois cela que comme une réponse aux aléas de la vie et non comme une rémunération! Elle devra remplacer toute disposition sociale et donc bien des administrations et ne restera qu'une bouée de secours! Cela va combler les idées soit disant libérales et communistes...et les banques!

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