Les classes moyennes victimes des dépenses pré-engagées

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les classes moyennes victimes des dépenses pré-engagées.

Si les classes moyennes et populaires se sentent asphyxier, c'est parce que face à des revenus qui ne progressent pas ou peu, leurs dépenses pré-engagées, elles, se sont envolées si bien qu'au fil du temps, le « reste à vivre » s'est réduit à trois fois rien. Selon la méthodologie retenue par l'INSEE, les dépenses pré-engagées, qui résultent d'engagements contractuels difficilement renégociables à court terme, intègrent : les dépenses de logement (le loyer, les charges ainsi que les dépenses d'eau de gaz, d'électricité et autres combustibles), les services de télécommunications (abonnement téléphonique, internet), les frais de cantine scolaire, les services de télévision (redevance, abonnement), les assurances (hors-assurance vie) et les services financiers. Les remboursements d'emprunts ne sont pas inclus, alors qu'il s'agit sans doute de la dépense la plus contrainte.

L'immobilier pèse de plus en plus lourd

Mais même en se limitant à ces 6 postes, on constate qu'ils représentent une part croissante du revenu et de la consommation des ménages : les dépenses pré-engagées c'étaient 25% de la consommation finale des ménages il y a 40 ans, 31%, il y a 20 ans et plus de 34% aujourd'hui. Des dépenses pré-engagées qui captent désormais près de 30% du revenu des ménages contre 20% en 1978.

Au cœur de cette dynamique, le logement pèse de plus en plus lourd et absorbe près du quart du revenu des Français hors remboursement des emprunts immobiliers. L'enquête sur le budget des ménages de l'Insee permet d'aller plus loin et d'estimer le poids des dépenses liées aux crédits même si cette estimation est un peu fragilisée par la date (2011) de la dernière enquête publiée. Le budget logement atteindrait ainsi près du tiers du revenu des Français, un chiffre certainement plus proche de la réalité et qui fait passer le poids de dépenses pré-engagées à 37,5%.

Si les dépenses pré-engagées pèsent de plus en plus, elles ne suffisent pas à elles seules à mesurer la pression sur le budget des ménages. Il faut encore y ajouter les dépenses incontournables à savoir l'alimentation, l'habillement, le transport (automobile et ferroviaire) et la santé. Ensemble tous ces postes de consommation représentent un peu moins de 30% du revenu, ajoutée aux dépenses pré-engagées, l'ensemble pèse donc environ les deux tiers du budget... en moyenne car il existe de profondes disparités entre les catégories sociales.

L'importance du niveau de vie

Il existe d'abord un lien direct entre le niveau de vie et les dépenses pré-engagées telles que définies par l'Insee, c'est-à-dire hors charges de remboursements : c'est très clair, la consommation pré-engagées représente une part d'autant plus forte de la consommation que le niveau de vie est faible.

Le poids de certains postes emblématiques des dépenses incontournables sont également aussi très dépendants des niveaux de vie. C'est le cas de l'alimentaire qui s'allège considérablement plus on s'élève dans l'échelle sociale et qui reste très lourd pour les moins favorisés. Idem pour le poste très sensible des frais d'utilisation d'un véhicule (qui intègre le carburant) dès lors que les chiffres sont corrigés du taux d'équipement.

La baisse du pouvoir d'achat, du pouvoir d'achat libéré des dépenses pré-engagées et incontournables pour les classes moyenne et populaire n'est pas une erreur de perception mais bien une réalité d'où l'extrême sensibilité d'une partie de la population à toute hausse de prix sur certaines dépenses plus subies que voulues.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2018 à 10:34 :
je diminue le prix du kWh de 50%, en retirant du prix de vente les avantages indécents des EDF/ENEDIS et IEG, car sont inclus dans ce prix de vente:
a) le UN% pour le CE d'EDF près d'un milliard d'€ par an,
b) quatre milliards d'€ par an que nous payons à la place des EDF/ENEDIS et autres, ils consomment 4 fois plus que nous et ne paient le kWh que 0€006 (25 fois moins cher que nous) SANS TAXES SANS ABONNEMENTS, tarif inchangé 1946, donc ce qu'ils ne paient pas est payé par nous!
c) inclus aussi dans le prix du kWh, la CTA contribution tarifaire d'acheminement, la sémantique vaut son pesant d'or! pour désigner...... les cotisations retraites des EDF, ENEDIS et autres, limite de l'escroquerie ? pourquoi cette CTA n'est-elle pas payée et retenue sur les bulletins de paie?
demain scinder en 2 EDF et créer EDF producteur et EDF revendeur.
EDF producteur revendant à prix COUTANT (sans a, b et c) à EDF revendeur et aux alternatifs. Ainsi EDF revendeur et alternatifs seraient sur un pied d'égalité, chacun pouvant ajouter à son prix d'achat une marge, mais aussi, si, ils le peuvent, des avantages pour ses personnels. Monsieur le commissaire européen à l'énergie qui m'avait répondu qu'EDF n'était plus un monopole, est soit perverti ou ignare? attention les élections européennes arrivent et un changement tel que décrit ci-dessus est INDISPENSABLE AVANT! actuellement quand on voit une pub EDF personne ne peut dire si il s'agit EDF producteur ou EDF revendeur et fausse la concurrence des alternatifs en les lésant !
a écrit le 13/12/2018 à 12:48 :
des dépenses pré-engagées ou contraintes , il manque celles de la mobilité (trajets résidence/ lieu de travail , accès services publics , accès écoles et équipements culturels et sportifs , accès centres médicaux )
pour une majorité de français , cette mobilité s'inscrit dans un recours obligé à un véhicule motorisé personnel , dont le coût global impacte très sensiblement le revenu disponible .
l'INSEE curieusement ne prend pas en compte cette donnée dans le calcul de l'inflation alors que les prix des postes carburant -assurance - entretien ne cessent de grimper .
Réponse de le 13/12/2018 à 13:42 :
la vidange en 1999 à 100 francs, actuellement à plus de 100 euros, en province, avec moins de service.

Mais tout va bien.
a écrit le 13/12/2018 à 12:19 :
quelle est exactement la statistique dont il est question sur le logement ?
d'après Eurostat, le poids des dépenses de logement (remboursement/loyer, assurance, taxes, eau/énergie) dans le revenu disponible est de 17,6% en France. 28% au Danemark, 26,3% en Allemagne, 18,2% en Espagne, 23,5% aux Pays-Bas, 24,5% au UK ou 21,7% en Suède.
le pourcentage de ménages supportant un coût total du logement supérieur à 40% du revenu disponible est très faible en France, à 4,7% (Eurostat). inférieur/très inférieur aux autres pays développés de l'UE. moyenne européenne de 10%.
voir aussi : "Taux d'effort en logement : en prenant en compte le coût du service de logement, les propriétaires français sont bien placés en Europe", INSEE Annalyses N° 39, 18/07/2018.
a écrit le 13/12/2018 à 11:10 :
Faut que les gens arrêtent de se chauffer, de se loger, de s'assurer et de s'éclairer afin de relancer la consommation via l'achat d'objets inutiles bon sang ! C'est pourtant simple à comprendre non ? Faites attention quand même vu le niveau des lrem ils peuvent vite mal comprendre et générer une usine à gaz afin de mettre en pratique leur mauvaise compréhension.

"La baisse du pouvoir d'achat, du pouvoir d'achat libéré des dépenses pré-engagées et incontournables pour les classes moyenne et populaire n'est pas une erreur de perception mais bien une réalité"

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