Les défis de la renaissance industrielle française

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(Crédits : Reuters- Stephane Mahe)
OPINION. La crise est une occasion unique pour la France de repenser ses modes de production, de distribution et de consommation. Pour cela, plusieurs conditions doivent être réunies. Par Anaïs Voy-Gillis, consultante chez June Partners, et Olivier Lluansi, Associé Strategy& |PwC. Auteurs de "Vers la renaissance industrielle" (éd. Marie B).

Depuis plusieurs semaines maintenant, le coronavirus a plongé le monde dans une situation inédite à bien des égards. De nombreuses réflexions émergent sur le monde d'après et l'une d'entre elles porte sur la nécessité de relocaliser les activités industrielles et stratégiques en France. Au regard des impacts négatifs que la crise aura, en particulier sur l'économie française, il est complexe de prédire comment se réorganisera la production à l'échelle mondiale, européenne et française dans les années à venir. Si les relocalisations semblent un processus aussi indispensable que complexe, il est possible de dessiner quelques pistes pour une renaissance industrielle française.

Un héritage obérant une capacité de rebond

Le tissu productif français a été considérablement fragilisé par quarante ans de désindustrialisation et par la crise économique de 2008. Dans les années 1980, il a été fait le choix, implicite ou explicite, d'entrer dans la mondialisation avec un modèle de société post-industrielle. Les représentations collectives de l'industrie sont alors toutes devenues négatives (sale, has been, etc.). Dans une logique d'optimisation des coûts, les chaînes de valeur ont été fragmentées : conserver les activités de R&D, de marketing et de distribution dans les pays occidentaux et externaliser les segments intermédiaires jugés faiblement rentables. Dès lors la production et la sous-traitance ont été largement repoussées vers d'autres pays, notamment asiatiques.

La crise actuelle a provoqué une prise de conscience d'une situation de multi-dépendances : dépendance pour gérer les situations d'urgence puisque la France produisait peu des biens essentiels et indispensables à la gestion de la crise ; dépendance sur le plan des technologies du numérique puisque de nombreux outils et plateformes utilisés pendant cette période de confinement ne sont pas développés par des entreprises françaises ou européennes, enfin dépendance industrielle aux pays asiatiques et vulnérabilité accrue des chaines d'approvisionnements.

Notre tissu productif sortira plus affaibli encore de cette crise. Dès à présent, des mesures nationales et européennes ont été mises en place pour soutenir les entreprises, mais il s'agit souvent de prêts garantis et de reports de charge quand les entreprises resteront en crise de liquidité. Les faillites, les licenciements, les acquisitions hostiles ou opportunistes sur les entreprises stratégiques et innovantes risquent de freiner la reprise de l'industrie française. Certains secteurs comme l'automobile ou le transport aérien mettront plusieurs années à se relever.

La crise aura également des conséquences profondes sur nos territoires. Les usines qui fermeront ne rouvriront pas tout de suite, voire jamais. Or, elles contribuent de manière essentielle au développement de nombreux territoires et si elles venaient à péricliter, c'est l'ensemble desdits territoires qui seraient alors en crise. Ces territoires pourraient entrer « en faillite » notamment s'ils n'ont ni le tourisme, ni l'économie résidentielle pour générer de la valeur et créer des emplois pérennes.

Les leviers d'une renaissance française et européenne

« Relocaliser » est devenu un terme générique, un mot-valise, fédérateur et mobilisateur à la fois. La réalité économique sera faite de réalités très diverses : rapatrier une production en région, en France ou en Europe, mais aussi diversifier ses sources d'approvisionnement pour limiter la dépendance à un fournisseur unique. « Relocaliser », c'est-à-dire repenser les chaînes de valeur pour assurer une meilleure sécurité et créer de la valeur à proximité, s'avère être une nécessité. La France ayant délocaliser une partie de sa production et à l'excès ses approvisionnements, la bataille des coûts reste un défi central. Comment relocaliser tout en restant compétitif ?

Les ruptures technologiques peuvent être un élément de réponse. Les biotechnologies, par exemple, représentent aujourd'hui la majorité des innovations dans le domaine de la santé et sont encore massivement le développement de laboratoires et de centres de recherche européens. Néanmoins, les productions industrielles commencent, elles aussi, à être délocalisées, reproduisant le cycle « infernal » que nous connaissons depuis les années 1980. Ce type de technologies peut nous permettre de garantir notre indépendance future. La meilleure action de relocalisation est d'éviter d'abord les délocalisations.

D'autres axes se dessinaient avant que notre industrie se trouve en situation de quasi-arrêt. Premièrement, l'évolution vers une industrie servicielle qui permet de trouver de nouveaux leviers de création de valeur en associant des services aux produits, ce qui revient à questionner en profondeur le modèle économique de l'entreprise et son offre de valeur au marché.

L'organisation de la production et son optimisation est également à questionner. Le modèle classique a été la recherche du moindre coût, moteur des délocalisations. Or les écosystèmes de fournisseurs, tel que ceux mis en place par Toyota démontrent leur compétitivité. Ces alternatives ont souvent été écartés par des aprioris fortement ancrés et partagés en France dès les années 1990. Le développement d'écosystèmes locaux de fournisseurs est un moyen d'accroître la flexibilité et la résilience des chaînes d'approvisionnement.

Repenser l'organisation des usines et des chaînes de valeur

En outre, les technologies de l'industrie du futur offrent de nouveaux leviers pour répondre à l'évolution de la demande en repensant l'organisation des usines et les chaines de valeur. La crise a notamment donné ses lettres de noblesse à l'impression 3D ou la cobotique (collaboration homme/robot). Elles sont désormais partie intégrante de la panoplie d'un outil productif contemporain.

Les schémas industriels pourraient se structurer autour d'une typologie triptyque d'usines : des usines ultra-flexibles à proximité des lieux de consommation pour produire des biens personnalisés livrés dans un temps très court pour concurrencer les normes imposées par les GAFAM dans le domaine (syndrome « Amazon »), des usines continentales ou nationales organisées autour d'écosystèmes connectés et flexibles pour produire des produits individualisés aux coûts de la grande série et enfin des sites à vocation mondiale pour produire des produits en grande série ou commodities dont le choix de localisation restera essentiellement fondé sur les coûts.

Enfin pour favoriser la renaissance de l'industrie française, il est nécessaire qu'il existe une demande pour les produits Made in France qui peut être stimulée ou influencée par des politiques publiques, mais aussi une traçabilité d'origine des produits qui n'est encore que partiellement possible dans le cadre des législations européennes actuelles : il est encore trop facile de dire que des produits sont fabriqués en France alors que seules les étapes finales y sont réalisées. Il devient nécessaire d'indiquer clairement le lieu de production et peut-être même les lieux où se sont réalisés les principales étapes de transformation.

Une renaissance qui est une nécessité

A travers la question de l'industrie, c'est également la question du modèle de société que nous souhaitons qu'il faut interroger. Faire renaître notre industrie va immanquablement nous confronter à des dilemmes dont les plus importants sont certainement ceux du pouvoir d'achat des ménages, des lieux où elle pourrait se réimplanter et des risques technologiques auxquels la population était si sensible à la veille de la crise (cas Lubrizol par exemple).

Plus fondamentalement, il convient de définir la place et le rôle que nous souhaitons offrir à l'industrie dans notre pays. Une nation se réindustrialise quand elle poursuit un dessein dont l'industrie est un levier. La question de la renaissance de l'industrie est intimement liée à celle du modèle de société que nous souhaitons. L'industrie est un outil de souveraineté nationale, économique et technologique, mais elle est également, par sa capacité à créer des richesses et des emplois pérennes dans les territoires, un outil essentiel au service la cohésion sociale et territoriale de la France.

La crise est une occasion unique de repenser nos modes de production, de distribution et de consommation. Le retour à la normale doit s'accompagner d'une prise de conscience sur l'évolution en profondeur des modèles actuels. La renaissance industrielle de la France dépendra de notre capacité collective à lui donner un sens, que celui-ci nous permette d'apporter des réponses aux problèmes complexes et aux dilemmes qui nous attendent.

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a écrit le 24/05/2020 à 11:09 :
Les délocalisations faites depuis les années 80, voir même depuis le 1er choc pétrolier sont le fruit d'une faillite collective de notre société. L'optimisation des coûts dont ont parle s'est faite sur un référentiel biaisé. On compare un coût qui intègre salaire, réglementation, dépenses sociales françaises avec d'autres qui en sont dépourvues ou exagéremment bas. Bien sûr ce genre de décalage a toujours existé mais pour la première fois l'amortisseur douanier n'a pas été actionné. Nos syndicats se sont arc-boutés sur des aquis, que nos patrons ont contournés en délocalisant. Les ménages se sont bernés à l'illusion d'un pouvoir d'achat maintenu tandis que les gouvernants successifs s'accomodaient à perfuser soit l'un soit l'autre le temps d'un mandat à grand renfort de dette. La situation est à ce point dramatique que l'industrie critique n'est plus de savoir fabriquer un drone ou une puce: en cas de crise, nous sommes devenus dépendants de produits de base. Pour détricoter cette machine infernale, commençons par ne plus nous voiler la face et apprenons à payer, lorsque nous consommons, le prix qui correspond à nos choix de société. Le prix d'un produit doit refléter une réalité économique, or aujourd'hui il n'est que la somme des dumpings social, réglementaire, écologique... Il faut un projet de gouvernement pour peu à peu contrebalancer ces dumpings. Douane? TVA sociale? TVA ecologique?....
a écrit le 23/05/2020 à 16:22 :
voilà enfin un article qui écrit ce que beaucoup de Français sensés pensent. Cette situation vécue par tous les citoyens doit interpeller tous les dirigeants privés et publics afin de prendre les décisions qui s'imposent pour rapatrier dans l'hexagone voire dans les quelques pays fiables de la communauté Européenne tous ces fabrications externalisées en Chine, Inde, autres pays asiatiques.
Prenons exemple une fois de plus sur ce que l'Allemagne vient de décider pour tous les produits liés à la santé (tout en Allemagne et fermeture d'entreprise qui aurait des velléités d'externaliser pour augmenter la rentabilité). Le Japon et la Corée du Sud qui ont décidé de fermer les usines chinoises et les réimplanter dans leur pays respectif.
Développer à nouveau une filière numérique avec tous les composants qui s'imposent. Ne plus être dans les mains de chinois et autres, etc.,etc..
a écrit le 23/05/2020 à 8:00 :
Commençons par nous occuper de nos problèmes. Personne ne nous fera de cadeaux.
a écrit le 22/05/2020 à 23:33 :
Il faut effectivement faire les efforts pour relocaliser ce qui permet de faire de l'aménagement du territoire, car les grandes fractures se trouvent beaucoup entre les métropoles qui attirent et s'enrichissent, et les zones rurales excentrées qui dépérissent (rappelons-nous de l'épisode gilets jaunes encore frais).
Les créations d'emplois seront maigres et lentes car les coûts de main d'oeuvre européens et français sont très élevés. Robotiser est nécessaire pour contourner cet écueil.
La France a des atouts avec ses nombreuses écoles d'ingénieurs mais ces derniers doivent (re) trouver de la noblesse à s'orienter plus vers les métiers de la technique plutôt que vers la finance. On part de loin : la France a un taux d'équipement en robots très faible au regard des autres européens (je ne parle même pas des allemands).
Pour limiter la débâcle qui s'annonce, j'espère que les collectivités locales pourront jouer un rôle capitalistique (garantir des prêts, monter au capital via SEM/SPL ou autre véhicule) et prendre des responsabilités que l'état jacobin, dans un monde complexe, ne sait plus tenir car il est dépassé (désolé Mr Mélenchon).
On aimerait également que l'épargne des français soit vigoureusement sollicitée par les pouvoirs publics pour prendre plus de risques économiques et verdir l'économie (après le Covid 19 ce seront les tsunamis climatiques qui viendront), servir les desseins industriels du pays pour maintenir son excellence technologique encore réelle dans des domaines-clés, et ne pas lui dérouler toujours le tapis rouge de la facilité avec la rente immobilière. Inventer des Pinel et Scellier pour l'industrie en quelque sorte, sans oublier d'agir pour accroitre la résilience au changement climatique.
a écrit le 22/05/2020 à 18:02 :
En cas de distorsion de concurrence, de dumping social, fiscal, une solution : TAXER.
La mondialisation "heureuse" néo libérale, décomplexée, libre échangiste est une..."Arnaque"?
A minima.
a écrit le 22/05/2020 à 17:59 :
Si l'on part du principe que l'on doit continuer sur une politique de l'offre et de son indispensable publicité dans le but de faire une relance économique, on aura tout faux!
Nous devons simplement répondre a la demande indispensable, le reste n'étant que superflue, ce qui limite ce qui doit être relocalisé!
a écrit le 22/05/2020 à 17:57 :
En cas de distorsion de concurrence, de dumping social, fiscal, une solution : TAXER.
La mondialisation "heureuse" néo libérale, décomplexée, libre échangiste est une..."Arnaque"?
A minima.
a écrit le 22/05/2020 à 15:22 :
OK, la France est en déclin depuis 40 ans parce que son administration déteste l'industrie et la finance. Les usines ont donc délocalisé et les banques étrangères ont été chassées. La pandémie ne fait que révéler la faiblesse actuelle de la France à agir à l'intérieur de ses frontières. Il y a eu des tentatives de réindustrialiser la France depuis 2002, par exemple en créant des clusters industriels compétitifs comme cela se fait ailleurs. Mais il semble bien que la France dénigre ce qui se fait ailleurs et qui souvent la dépasse. C'est un complexe bien connu dans les grosses entreprises qui ont été dominantes à une époque de leur vie. L'Etat a rendu populaire les start-ups disruptives subventionnées, mais les empêche de trouver acquéreur ou financement exhortbitant quand elles ont atteint l'âge de la croissance à deux ou trois chiffres. Le rebond n'est pas évident pour un ballon dégonflé par le laisser aller lié à la disette organisée.
a écrit le 22/05/2020 à 14:40 :
c'est sur y a plein de bonnes intentions
les gens qui demolissent l'economie depuis 40 ans sont les premiers a vouloir que ceux qu'ils ont mis dehors reviennent
je veux pas etre mechant, mais c'est loin d'etre gagne
instabilite fiscale et sociale chronique, droit du travail ubuesque, syndicats ' progressistes' d'ultragauche qui te collent des proces a amazon pour un oui ou pour un non, ou un delit d'entrave quand ils peuvent
loi florange, dailymotion, necessite de demander l'avis aux syndicats pour le moindre rapprochement avec une autre boite, menaces permanentes sur le cir, maintenant polemique sur l'isf ( c'etait couru d'avance), industrie automobile au tas avec des lois snas nom, normes de batiments incomprehensibles, procedures administratives a te faire palir asterix et ses 12 travaux
plus recemment l'etat qui veut bien aider renault qu'il a coule ( un peu comme edf) en lui donnant des bequilles et surtout une nouvelle strategie
la france, c'est le mec qui tabasse sa femme tous les soirs, s'etonne qu'elle parte, fait des promesses, elle revient il recommence, et le cycle repart, sauf qu'a la troisieme plus personne n'est dupe des paroles sans lendemain
demandez a la cgt de reconstruire l'industrie, leurs propres syndicats pourront aller faire la lutte des classes dans les boites qu'ils auront crees avec leur argent, ca reduira les inegalites dans la lutte des classes
Réponse de le 22/05/2020 à 23:52 :
Bonne analogie. Je suis de mon coté assez fatigué d'entendre des commentateurs s'extasier lorsque nos gouvernements ne font que revenir (un peu) sur leurs âneries économiques - c'est un peu comme s'ils s'emerveillaient qu'un gars ne tabasse désormais plus sa femme que 5 soirs par semaine au lieu de 6, ça ne va pas mieux, juste un peu moins mal...
Réponse de le 23/05/2020 à 12:35 :
@Churchill : vous m'ôtez les mots de la bouche !
Il faut rajouter à vos arguments : l'égalitarisme à tout crin et la haine de ceux qui réussissent.
Comme si quand on est petit, ventripotant et moche on devait se taper Julia Roberts au même titre que Richard Jouir ou, quand on n'en fiche pas une du matin au soir, on devait toucher 5000 euros par mois pour avoir un le même train de vie que son voisin qui s'arrache.
a écrit le 22/05/2020 à 14:07 :
@ Leon
100% d'accord avec Léon.
Bravo et merci !,
Et ras le bol de la bien pensance défaitiste !
a écrit le 22/05/2020 à 13:06 :
c'est raté le sujet principale de nos dirigeants est les municipales
pas de déconfiner et encore moins l'économie
non de cela ils n'ont que faire puisque par ailleurs avocat d'affaire il vas y avoir beaucoup.de fric a se faire
avec toutes ces entreprises qui serons en vente très bientôt
ayant tout fait pour
trois mois a laisser pourrir le pays
ce qui est dommage c'est que les lois napoleon 3 ne soit pas en vigueur
a écrit le 22/05/2020 à 13:02 :
Encore un article du Monde d'après ultra théorique et de peu d'intérêt pratique sur un rebond nécessaire de l'industrie, dt la moitié nous explique sur ce que l'on sait déjà sur les causes de la désindustrialisation française ( qui s'est qd même enrayée depuis 2015) et nous explique des évidences liées à la fragilisation de l'industrie avec cette crise, avec des redites, à longueur d'articles de ts ces experts patentés sur la dépendance aux supply chaînes asiatiques, sur la gestion d'urgence induite par cette crise, comme s'ils s'étaient ts passés le mot, tels des moutons de Panurge.
Aucun ex concret sur les faiblesses, mais aussi les atouts de l'industrie nationale : ça parle de Toyota et de son écosystème de ss traitants.
Mais l'industrie aéronautique française a aussi développé un écosystème vertueux avec ses ss traitants, notamment avec les montées en cadence chez Airbus. Et l'un comme l'autre sont très fortement fragilisés par la crise.
Aucune référence à ce cas inédit d'adaptation ds l'urgence de l'industrie française pour fabriquer des respirateurs ( par une collaboration exemplaire entre industriels autour du fabricant Air Liquide).
Il y a eu bien sûr la dépendance aux appli numériques US de vidéo communication, type Skype ou Zoom, mais silence radio avec les plateformes françaises de télé consultation médicale comme Doctolib ou d'enseignement à distance pour les scolaires et les étudiants.
Rien sur les filières stratégiques du monde futur, que la Chine s'accapare à gd pas tt en accélérant avec cette crise ( véhicule propre avec ses composants électriques stratégiques / composants de la filière ENR / maîtrise de l'énergie nucléaire / accélération ds les composants électroniques, pharmaceutiques, ds l'industrie du numérique et des Telecom, ds l'industrie aérospatialespatiale et militaire...).
Et ce qu'il y a de plus désolant et choquant, c'est que ces experts de cabinets d'audit et de réorganisation industrielle n'ont pas cessé de prôner les délocalisations de la supply chain industrielle chez leurs clients industriels, tt au long de ces 40 années de désindustrialisation française massive...
Ce n'est pas d'ouvrir les portes déjà ouverte dt nous avons besoin, comme de la présence nécessaire d'une industrie prospère très robotisée et flexible pour dynamiser les territoires ( cas du Mittelstand germanique archi connu, ce dt vous auriez pu vous inspirer depuis longtemps pour réorganiser les unités de vos clients, en particulier ds le textile, le meuble, l'électroménager, les articles ménagers..bref les produits de gde consommation), mais d'experts capables de lire ds le marc de café pour tenter d'extraire une vision stratégique industrielle ds le cadre d'une Géopolitique mondiale complexe qui se recompose avec cette crise et dc de la question de relocaliser certaines productions vitales et comment y parvenir, pour réduire cette dépendance mortifère.
a écrit le 22/05/2020 à 12:25 :
Tout ça suppose une vraie révolution culturelle : que les acheteurs des grands groupes français soient moins radins avec les PME françaises. Et peut-être moins incités à ça aussi.
Pressurer ses fournisseurs, c’est paupériser toute la filière, et se tirer une balle dans le pied : cf l’industrie automobile, réputée pour sa dureté qui fabrique 2 fois moins en France qu’il y a 15 ans, et qui a rendu la France importatrice nette d’automobiles : un échec patent quelque part, et un vrai massacre des emplois, tout ça au nom d’une logique comptable absurde.
Qui n’a rien à voir avec la vraie logique économique, qui plus est.
Vraie logique économique que l’on se garde bien d’enseigner en France de toutes façons : c’est pas bon pour les rentes.

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