Les élections européennes à venir proposeront deux chemins. D'un côté, une Europe qui veut sortir d'elle-même - une sorte d'« Europexit » -, une Europe du repli et du refus, une Europe « dark ». De l'autre, une Europe qui persévère dans son être. Ne tombons pas dans les parallèles historiques contre-productifs. L'Europe d'aujourd'hui n'est pas celle des années 1930 et des chemises noires. Mais force est de constater que, partout, les rhétoriques xénophobes, nationalistes, anticapitalistes, protectionnistes se ruent avec succès sur le projet européen.
Ces rhétoriques du dark ne pourront être combattues par les discours habituels qui glorifient l'Europe des Lumières, et qui justifient le projet européen par son existence même. Ceux-ci doivent être sérieusement amendés pour redevenir audibles. Non, l'Europe n'a pas tout bien fait : elle a été incapable, alors que c'était sa raison d'être première, d'éviter le retour de la guerre, incapable - c'était sa seconde raison d'être - de protéger nos industries, incapable, à ce jour encore, de porter un message puissant pour une vraie transition écologique, incapable aussi de combler le fossé entre les citoyens et les institutions les représentant.
Ce préalable de lucidité est nécessaire pour contre-attaquer. Et dire les choses. L'Europe est la seule qui peut protéger les citoyens de l'Union européenne en tant que consommateurs face aux multinationales, comme elle l'a fait en imposant le port USB-C à Apple ou en mettant en place le règlement sur les retards d'avions, et nous devons renforcer et étendre son action en protégeant nos PME par un véritable Small Business Act à l'européenne qui leur réserve une part des appels d'offres en Europe.