Loi de programmation militaire : il en va de notre souveraineté
Natalia Pouzyreff
Pour maintenir la crédibilité et la supériorité opérationnelle de nos armées et anticiper les sauts technologiques, cette LPM mise aussi sur l'innovation dans tous les champs et tous les domaines (cyber, quantique, spatial). L'augmentation du budget du...
DR
En cours d’examen par la commission de la défense à l’Assemblée nationale, la Loi de Programmation Militaire (LPM) définit les orientations et les moyens pour nos armées pour les sept prochaines années. Par Natalia Pouzyreff, députée des Yvelines (Renaissance) et membre de la commission de la défense.
L'État ne peut faillir ni à protéger ses citoyens ni à garantir les intérêtsvitaux de la Nation.Sur fond d'instabilité mondiale et avec une guerre auxportes de l'Europe, la remontée en puissance de nos armées, engagée dès 2017sous l'impulsion du président de la République, se poursuit avec la LPM 2024-2030. Avec un budget de près de 44 milliards d'euros en 2023, la défense est ledeuxième poste budgétaire de l'État après l'Éducation nationale. L'effort consentipar les Français est important mais nécessaire afin de permettre à la France deconserversonrangdepuissanceetfaireface,auxcôtésdesesalliés,àl'évolution des menaces au niveau mondial.
Le sentiment d'urgence issu de la guerre en Ukraine a conduit à un véritablesursaut des dépenses militaires parmi les pays européens. Alors que les États-membres peinent encore à s'accorder sur des achats communs, ils ne peuvent sefaire systématiquement au profit de l'étranger. Il importe de relancer la productiond'armement en privilégiant l'industrie de défense européenne sous peine defragiliserl'Europedeladéfensedontlaconstructions'inscritdansuneperspective de long-terme. Le défi auquel nos pays sont donc confrontés est deconcilier la réponse de court-terme avec la préparation de l'avenir.
L'Europe doit accroître son autonomie stratégique
En outre, l'hypothèse que le conflit en Ukraine perdure et que les États-Unissoient amenés à concentrer leurs forces dans le Pacifique ne peut être écartée(1).Danscetteperspective,l'Europesedoitd'accroîtresonautonomiestratégique à travers une politique cohérente au service de la souverainetéeuropéenne. Comme le président de la République l'a rappelé, les Européensdoivent assumer leurs responsabilités dans le partage de fardeau de la sécuritétransatlantique : pour celala France doit être à l'initiative aussi bien au sein del'Unioneuropéennequedel'OTAN.
Eneffet,lerenforcementdupiliereuropéen au sein de l'OTAN n'est pas contradictoire avec l'émergence d'unepuissance européenne puisque les mêmes armées sont mobilisées. La défensecollective de l'Europe implique que les pays de premier rang comme la France etla Grande-Bretagne soient à même de déployer des forces et des matériels au niveau corps d'armées et d'en prendre le commandement.
La France doit préserver son autonomie de décision
C'esttoutl'enjeudecetteLPMquimetl'accentsurlacohérencedescapacités et la préparation opérationnelle des forces.La construction d'unnouveau porte-avions, successeur du Charles de Gaulle, s'inscrit dans cettestratégie. Il s'agit en effet d'un outil d'influence et de dissuasion permettantd'agréger des marines partenaires et d'affirmer une présence partout où la libertéde navigation doit être garantie. Pour maintenir la crédibilité et la supériorité opérationnelle de nos armées etanticiper les sauts technologiques,cette LPM mise aussi sur l'innovation danstous les champs et tous les domaines (cyber, quantique, spatial).L'augmentation du budget du renseignement va dans ce sens. Il participe eneffetàpréservernotreautonomiededécisionainsiquenotrecapacitéd'influence.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Nous sommes tous, en tant que citoyens, redevables à l'action de nos soldats. Laforce et la résilience de nos armées reposent nécessairement sur l'adhésion de laNationàl'effortdedéfense.Ceteffortsetraduitpardesinvestissementscréateurs d'emplois et générateurs d'innovations dans tous les territoires. Il en va de notre souveraineté.