Retrouver la confiance : pour une Europe résiliente et efficace face aux crises

 |   |  838  mots
Les États membres se doivent d'afficher leur solidarité, sans quoi l'Union n'est qu'un nom qui sera d'autant moins respecté à l'extérieur de nos frontières qu'il ne sera pas honoré à l'intérieur (Natalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelines).
"Les États membres se doivent d'afficher leur solidarité, sans quoi l'Union n'est qu'un nom qui sera d'autant moins respecté à l'extérieur de nos frontières qu'il ne sera pas honoré à l'intérieur" (Natalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelines). (Crédits : DR)
La députée LREM Natalia Pouzyreff plaide pour une meilleure coordination des États européens pour affronter les crises et en sortir et renforcer la gouvernance opérationnelle de l'Union. Elle s'inscrit pleinement dans la volonté d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron d'instaurer un Conseil de sécurité européen, qui "apparaît être de nature à préparer et favoriser une prise de décision rapide en situation critique". Par Natalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelines.

L'épidémie du Covid-19 a montré les insuffisances de la coordination entre États européens. Ce constat est désormais partagé par les politiques européens, à l'instar du président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, qui s'est exprimé à ce sujet dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung le lundi 6 juillet. Des réflexes de repli national se sont développés en phase émergente du virus en Europe, notamment avec des fermetures de frontières unilatérales et des comportements prédateurs sur les matériels médicaux. Quoique compréhensibles, ces comportements ont effrité la confiance des peuples européens envers les institutions communes. L'adhésion au projet européen implique de souscrire au bien-fondé de l'Union et en sa capacité à protéger ses citoyens. Pour cela, les institutions doivent être en mesure d'anticiper et de gérer les crises.

De l'importance de l'autonomie stratégique

La résilience de nos systèmes de production est un prérequis pour affronter les crises et en sortir. Fort de ce constat, un nouveau consensus surgit quant à la nécessité de développer l'autonomie stratégique de l'Union européenne. Cette volonté de défendre la souveraineté européenne implique de limiter notre dépendance vis-à-vis des pays tiers, ainsi que de protéger nos actifs stratégiques, entreprises de hautes technologies ou du secteur de la santé, qui pourraient se retrouver les proies d'éventuels acheteurs étrangers.

À cela s'ajoute la résilience des flux de marchandises et d'information, des chocs exogènes étant susceptibles de perturber l'ensemble des chaînes d'approvisionnement ainsi que les voies d'acheminement. Dans notre monde d'interdépendances, il serait illusoire de penser que nous serions en mesure de rapatrier toutes les activités stratégiques sur le territoire européen. Il faut donc s'entendre au niveau de l'Union pour définir ce qu'il est nécessaire de maîtriser à tout prix en termes de technologies et de données.

Vers une coordination renforcée en matière de gestion de crise

En 2016, les États membres ont adopté un règlement relatif à la fourniture d'une aide d'urgence au sein de l'Union visant à permettre aux institutions de réagir plus rapidement aux crises de grande ampleur. Force est de constater, à l'aune des récents évènements, que cet objectif n'est pas encore atteint.

Si de nombreux mécanismes existent, ceux-ci semblent trop diversifiés et éclatés. Ainsi, le commissaire européen à la gestion des crises a sous sa responsabilité un Centre de coordination de la réaction d'urgence (ERCC), dont dépend la réserve de protection civile RescEU. Son déploiement tardif a obligé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à présenter des excuses à l'Italie. En parallèle, des instruments de planification et de conduite sont placés sous la responsabilité du Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune, la capacité civile de planification et de conduite (CPCC) et la capacité militaire de planification et de conduite (MPCC).

Légitimement, nous pouvons nous interroger sur une telle abondance de dispositifs et dans quelle mesure leur dispersion ne nuit-elle pas à l'efficacité globale de la réponse. De la même façon, il est à regretter que certains leviers d'actions, telle que la clause de solidarité entre États membres, n'aient pas été employés. Comme l'a exprimé Florence Parly le 2 juillet devant les parlementaires européens "l'Europe ne peut pas et ne doit pas être un jeu de structures : (...) elle doit devenir une force agissante".

Renforcer la gouvernance opérationnelle

Il s'agit donc de renforcer la gouvernance opérationnelle de l'Union et de veiller à une articulation plus directe entre le niveau décisionnel et la mise en œuvre opérationnelle. Une première piste serait de clarifier les rôles de chaque entité au sein de l'UE, notamment entre capacités civiles et militaires en charge des opérations de planification et de conduite. Deuxième étape, il conviendrait de développer une culture stratégique commune. C'est d'ailleurs le but poursuivi au travers de l'Initiative européenne d'intervention, approche qu'il s'agirait d'adopter face aux risques sanitaires, environnementaux et humanitaires.

Enfin, la multiplication des confrontations entre États souverains souligne également le besoin de renforcer la cohésion entre alliés européens. Début juin, une frégate turque a "illuminé", avec son radar de conduite de tir, la frégate française Le Courbet pourtant sous pavillon OTAN. Bien que la France ait obtenu le soutien de huit nations européennes, aucune position commune n'a été élaborée. Les États membres se doivent d'afficher leur solidarité, sans quoi l'Union n'est qu'un nom qui sera d'autant moins respecté à l'extérieur de nos frontières qu'il ne sera pas honoré à l'intérieur.

C'est pourquoi la perspective, ouverte par le président de la République et la Chancelière, d'instaurer un Conseil de sécurité européen m'apparaît être de nature à préparer et favoriser une prise de décision rapide en situation critique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/07/2020 à 17:14 :
je n'ai pas l'obligation d'avoir confiance, laissez moi tranquille. merci.
a écrit le 13/07/2020 à 11:59 :
Les "crises en Europe" sont apparue surtout quand une administration fut créer de toute pièce a Bruxelles, ainsi qu'une monnaie commune. Précédemment l'Europe était décentralisé et s'ajustait mutuellement dans une ambiance plus souple qu'une crise permanente!
a écrit le 13/07/2020 à 10:22 :
Les députés européens ces gens très bien payés par l'UE et qui n'ont aucun pouvoir dont la principale activité est de nous dire que cela ira mieux, un jour. Et ça fait plus de trente ans maintenant. Ils nous vendent une union européenne alors qu'ils n'en ont même pas un échantillon sur eux !

Le déclin on en voit pas la fin.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :