Macron An 1 : qui sont les perdants... jusqu'ici ?

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
A qui Macron demande-t-il des efforts ? La formule président des riches est un peu courte. Elle suppose que tout le monde, hormis une poignée d'ultra-riches serait mis aujourd'hui à contribution.
L'effort porte en fait principalement sur 3 catégories de personnes :
A quoi il faut ajouter sans doute des offensives ciblées, dans le prolongement de la loi Macron, sur certaines rentes des professions libérales : avec en première ligne aujourd'hui, les opticiens, les dentistes et prothésistes audio, dans le cadre de la réforme du zéro reste à charge. Ou encore, l'ouverture de plus en plus grande à la concurrence du secteur des transports, pas seulement ferroviaire, qui accentuera encore la pression sur les salaires. On pourrait encore parler des fumeurs...
Bref, tout cela est relativement essaimé. Dosé. Il s'agit parfois d'efforts relatifs. Les catégories visées, hormis les fonctionnaires, ne sont pas les mieux organisées pour opposer une résistance. Le gouvernement prend garde aussi de ne pas frapper au plus bas de la distribution des revenus. Les minimas devraient être revalorisés sur le quinquennat. Beaucoup de salariés, notamment ceux qui n'ont pas constitué de gros patrimoine pierre, sont plutôt gagnants.... Les plus riches aussi, ceux qui ont les moyens de se constituer d'importants patrimoines financiers sont incontestablement les grands gagnants. Et c'est bien sur plutôt du côté de la classe moyenne supérieure que porte l'effort. Plus précisément c'est sur les baby-boomers de l'après-guerre, souvent détenteurs d'un patrimoine immobilier, que se concentre le tir et tous ceux qui bénéficient d'une petite rente statutaire, construite au fil de l'histoire. Et in fine, ce sont les enfants gâtés des 30 glorieuses, qui renoncent à leurs petites rentes, pour que les grands enfants gâtés de la mondialisation puisse continuer à passer à travers les mailles du filet de l'impôt.
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Olivier Passet, Xerfi