OPINION. « L'IA générative : potentielle bulle ou transformation durable ? »
Mahdi Zargayouna et Armand Derhy

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Mahdi Zargayouna et Armand Derhy

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En 2024, l'intelligence artificielle générative reste au cœur des débats technologiques. Face à des investissements colossaux et des retours incertains, la question persiste : sommes-nous face à une bulle technologique prête à éclater, ou vivons-nous une révolution qui façonnera nos sociétés de manière durable ? Cet article examine les risques et les opportunités de cette technologie pour aider à comprendre l'état actuel de l'IA générative.
51 % des entreprises ont recours à l'IA générative. Les entreprises dépensent des sommes astronomiques pour l'IA générative, mais les bénéfices restent flous. Goldman Sachs estime que les coûts d'infrastructure atteindront 1 billion de dollars, avec des taux d'adoption bien en dessous des prévisions. Seules 51 % des entreprises ont recours à l'IA, soulevant des questions sur la rentabilité de ces investissements.
Daron Acemoglu du MIT prévient que les gains économiques liés à l'IA pourraient être limités à court terme. Une étude du RAND montre également un taux d'échec de 80 % pour les projets d'IA, accentuant le scepticisme. Les contraintes énergétiques et la réglementation compliquent également le déploiement de ces technologies.
L'histoire se répète-t-elle ? L'IA générative face aux mêmes défis que l'Internet des années 2000. Certains experts, comme Cory Doctorow, comparent l'IA générative à la bulle Internet des années 2000. Bien que certains investissements aient créé des infrastructures durables, d'autres bulles ont été moins fructueuses. L'IA pourrait-elle suivre le même chemin, en ne laissant que peu d'éléments exploitables ?
McKinsey prévoit que l'IA générative pourrait ajouter 4,4 billions de dollars annuellement à l'économie mondiale. Cependant, l'avenir de l'IA générative n'est pas uniquement sombre. Selon McKinsey, elle pourrait ajouter jusqu'à 4,4 billions de dollars annuellement à l'économie mondiale. Les avantages sont nombreux : gains de productivité dans le service client, accélération de la recherche de médicaments, et personnalisation de l'éducation. Ces impacts positifs suggèrent un potentiel réel, même si des risques subsistent.
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La question reste ouverte : l'IA générative représente-t-elle une bulle ou une véritable transformation ? Malgré les doutes, ses applications réelles et son adoption rapide témoignent de son potentiel économique et sociétal. La loi d'Amara nous rappelle que nous surestimons souvent l'impact à court terme des technologies tout en sous-estimant leurs effets à long terme. Pour garantir un impact positif à long terme, il est crucial que les résidus de l'IA générative puissent persister même si cette technologie s'avérait être une bulle. Ces résidus incluent les infrastructures technologiques, les compétences acquises, et les modèles développés, et pourraient constituer une base solide pour de futures innovations.
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(*) Titulaire d'un doctorat en sciences de Gestion, Armand Derhy a débuté sa carrière en qualité d'assistant de recherche à l'Université Paris 1, en exerçant parallèlement des activités de conseils au sein d'institutions financières françaises et internationales. En 1999, Armand Derhy rejoint l'ESG Management School (devenue PSB Paris School of Business en 2015) en tant que directeur qu'il dirige jusqu'en 2020. Il fonde pour le compte de Galileo Global éducation et dirige la Paris School of Technology & Business, une institution visant à former les Tech leaders de demain à savoir des leaders dotés de compétences hybrides en technologie et Business. Tout au long de sa carrière, Armand Derhy a publié plusieurs articles scientifiques dans des revues internationales à comité de lecture ainsi que de nombreux editos et articles dans la presse généraliste et spécialisée.
Mahdi Zargayouna est titulaire d'un Doctorat et d'une Habilitation à diriger des recherches en informatique et intelligence artificielle de l'Université Paris Dauphine-PSL. Il est actuellement Directeur de Recherche en informatique et sciences du transport à l'Université Gustave Eiffel et Directeur adjoint du Laboratoire d'Ingénierie des Transports et Informatique GRETTIA. Il est également responsable du programme international de Master en Systèmes Intelligents et Applications, et fait partie de l'équipe d'animation scientifique de l'Université Gustave Eiffel. Il a publié plus de 100 articles dans des revues à comité de lecture et dans des actes de conférences dans les domaines de l'IA, de la Simulation, de l'Optimisation et des Sciences du Transport. Ses domaines de recherche incluent l'intelligence artificielle distribuée, les systèmes multi-agents ainsi que les applications dynamiques en transport. Il est membre du comité de lecture de plusieurs revues et conférences internationales.
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