Pour une compétitivité écologique et inclusive, les entreprises ont besoin d'une vraie loi Climat !

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(Crédits : DR)
PROPOSITION. 20 dirigeants de réseaux d'entrepreneurs s'expriment sur la loi Climat, et suggèrent des propositions concrètes aux députés pour renforcer le volet économique du projet.

Alors que la loi Climat sera présentée lundi au Parlement, nous, entrepreneurs, employeurs, dirigeants d'entreprise, pensons aussi qu'il est plus que jamais nécessaire que cette loi se renforce pour préparer l'économie de demain. Alors que les dirigeants d'entreprise sont 88 % à déclarer qu'ils ont une responsabilité dans cette transition et sont prêts à faire évoluer leur modèle, et ce quelle que soit la taille de leur entreprise, il leur faut maintenant un nouveau cadre pour innover et accélérer.

L'ambition de ce texte, l'audace de la méthode retenue pour l'élaborer, l'urgence et la gravité des enjeux, font qu'il doit être la base d'une ambition commune : dans le domaine économique, il ouvre une possibilité historique de réinventer une compétitivité écologique et inclusive. Car l'Union européenne, pionnière sur ces questions est désormais à la traîne et nos entreprises risquent d'être concurrencées alors que 75 % du PIB mondial a désormais déclaré l'objectif de neutralité : une nouvelle donne mettant les États-Unis et la Chine aux avant-postes. Allons-nous de nouveau, comme ce fut le cas pour la transformation numérique, perdre le temps d'avance que nous avions historiquement sur ces enjeux ?

Loin d'une écologie qui serait "punitive" ou entravante à la liberté d'entreprendre, la loi ouvre déjà des chantiers prometteurs : le score carbone sur les biens de consommation non alimentaires pour une transparence renforcée vis-à-vis des consommateurs, la rénovation énergétique des bâtiments, le développement de la consigne ou la généralisation du vrac sur 20 % des surfaces de ventes. Mais, même avec cette loi, les entreprises qui investiront demain dans la transformation de leur modèle auront une augmentation significative de leurs coûts et subiront donc une distorsion de concurrence flagrante par rapport aux autres. Leur investissement rendra leurs produits et services plus chers sur le court terme et rares seront celles ayant un service marketing assez puissant pour en faire un réel avantage concurrentiel vis-à-vis des consommateurs.

Nous proposons donc que cette loi intègre des incitations fortes et claires à la transformation de toutes les entreprises, peu présentes dans le plan de relance, comme l'avait déjà souligné le Haut conseil pour le climat. Certaines de nos propositions concrètes, notamment issues de la Convention citoyenne pour le climat, seront donc portées dès lundi au Parlement par des députés de tous bords, comme la création d'un Index Impact écologique et social s'appuyant sur 20 engagements sociaux et écologiques transparents et permettant de moduler le soutien de la puissance publique. Nous proposons également d'encourager le réinvestissement d'une partie des bénéfices dans la transformation sociale et écologique de l'entreprise, et d'accélérer la formation aux métiers de la transition.

En pleine crise sanitaire, l'économie française a besoin de se relever en s'appuyant sur un nouveau modèle créateur de valeurs et d'emplois. Nous espérons donc que cette loi constitue un tournant pour les entreprises françaises, avec un nouveau cadre clair et un chemin partagé vers une économie plus résiliente.

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Liste des signataires

  • Eva Sadoun, Co-Présidente du Mouvement Impact France
  • Emeric Oudin, Président du Centre des Jeunes Dirigeants
  • Emery Jacquillat, Pdt Communauté des entreprises à Mission
  • Jean Moreau, Co-Président du Mouvement Impact France
  • Charles Klobloukoff, Président 1% for the Planet France
  • Matthieu Auzanneau, DG The Shift Project
  • Hugues Vidor, Président de l'UDES
  • Helle Frank Liautaud, Présidente, B Corp France
  • Patrick Sapy, DG Finansol
  • Julie Stoll, DG Commerce Equitable France
  • Lionel Fournier, Président Dirigeants Responsables de l'Ouest
  • Philippe Royer, Président des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens
  • Fabrice Bonnifet, Président du C3D
  • Arnaud Mourot, Co-Président Ashoka Europe
  • Luc De De Gardelle, Président de la Fédération des entreprises d'insertion
  • Didier Perréol, Président du Synabio (syndicat national des entreprises bio)
  • Laurent Pinet, Président du Coorace
  • Cyril Gayssot, Président de l'Union des Entreprises adaptées
  • Jacques Huybrecht, Président d'Entrepreneurs d'Avenir

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Commentaires
a écrit le 29/03/2021 à 10:43 :
Il faut moins de lois d'abord et avant tout mais au sein de nos 11500 lois et de nos 130000 décrets je suis sûr qu'on pourrait fortement aider la planète en en suprimant un certain nombre.

Le conseil détat d'ailleurs dès 2006 s'alarmait de cette inflation législative menant à une insécurité juridique, ce qui est logique mais qui nb'a été nullement entendu par nos dirigeants politiques.
a écrit le 29/03/2021 à 8:33 :
stop au ecolos
la priorité est au pleine emploi et la réindustrialization du pays
un geste en faveur de la nature doit être soumis a des creation d'emploi et non a leur destruction
il faut demander a ces ecolos qu'il soit solidaire et responsable
et leur interdire la fonction public
a écrit le 28/03/2021 à 18:48 :
bref, ils veulent de l'argent
he les gars, ce que vous n'avez pas bien compris avec votre climat, c'est que c'estpas 67 millions de francais qui vont sauver les ours quand 1.5 milliard de chinois et autant d'indien n'ont jamais consomme autant de charbon
et on ne parle pas de la ' loi climat' qui coule le nucleaire (!!!) de la loi climat qui coule le diesel ( plus polluant mais moins emetteur de co2) etc
le schizophrenie du ' et en meme temps', ca mene juste dans le mur du suicide ( et on sait deja qui va demander ' une compensation a l'euro pres pour ceux qui n'en n'ont pas les moyens, eux, de la transition qui n'aura aucun resultat
a écrit le 28/03/2021 à 14:31 :
"les Etats-Unis et la Chine aux avant-postes" :
ces deux pays ne sont que 40e et 45e respectivement du Green Future Index (MIT), classement qui note les progrès et les engagements dans la transition écologique. la France est 4e, seul grand pays dans le top 10. le top 15 est largement dominé par les pays européens.

les entreprises demandent encore à être assistées, alors que ce sont elles qui sont responsables du désastre environnemental.

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