Quand l’or brille, l’avenir s’obscurcit ?
Robert Jules
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L'or physique reste un sujet de débat chez les investisseurs car sa détention ne génère aucun rendement contrairement à une action qui verse un dividende ou une obligation qui paie un coupon. S'il ne joue plus son rôle d'étalon universel pour la monnaie papier, il n'en reste pas moins qu'il conserve une aura (or en latin) de valeur refuge, pour se couvrir contre le risque d'inflation et de baisse du dollar. Plus généralement, on peut l'utiliser comme indicateur sur la confiance dans l'économie mondiale. Autrement dit, quand l'avenir inquiète, le métal jaune monte. C'est ce qui se passe avec le ralentissement de la croissance mondiale, les taux négatifs et des marchés d'actions élevés, sur fond de bras de fer commercial entre l'administration Trump et le parti communiste chinois.
Selon le World gold council, les acheteurs les plus actifs sont les banques centrales. En 2018, elles ont acheté 656,3 tonnes contre 378,6 tonnes en 2017. Parmi elles, la Banque populaire de Chine (banque centrale) a acquis depuis décembre 2018 plus de 100 tonnes de métal jaune. En ces temps d'incertitudes, les pays émergents cherchent à diversifier leurs réserves de change, majoritairement en dollars, pour se prémunir de possibles fluctuations violentes sur les marchés des devises.
L'attrait pour l'or provient de ses qualités intrinsèques : indestructible, facilement stockable et transformable.
Son principal débouché, la joaillerie représentait l'année dernière 2 241,3 tonnes pour une production minière qui s'est élevée à 3 500 tonnes, à laquelle il faut ajouter l'offre du recyclage, de 1 167 tonnes, et les 334,8 tonnes consacrées aux usages industriels dans l'électronique. Mais l'enjeu est bien moins important que celui d'autres métaux précieux comme le platine et le palladium, indispensables dans l'industrie automobile pour réduire la pollution. Quant au volume détenu par les investisseurs, il s'élevait à 1 164,4 tonnes.
Robert Jules